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Pas de procès Normandeau : « un échec de notre système de justice », clame l'opposition

Manon Massé et Gabriel Nadeau-Dubois, suivis d'un homme non identifié, marchent et portent un masque.

Gabriel Nadeau-Dubois, leader parlementaire du deuxième groupe d’opposition, et Manon Massé, cheffe du deuxième groupe d’opposition, déplorent la décision du juge André Perreault.

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

Félix Morrissette-Beaulieu

L’arrêt des procédures pour délais déraisonnables dans l'affaire Normandeau est mal perçu chez Québec solidaire et le Parti québécois.

C'est honteux. Je suis en colère et je comprends la colère des gens, réagit le co‑porte‑parole de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois, peu de temps après la décision du juge André Perreault.

Le juge Perreault a conclu vendredi que les droits des requérants d’être jugés dans un délai raisonnable avaient été violés. L’arrêt des procédures contre eux doit donc être ordonné.

Cette décision abîme la confiance des Québécoises et les Québécois envers nos institutions, déplore Gabriel Nadeau-Dubois.

Ce n'est pas parce qu'on a perdu une bataille qu'on va perdre la guerre. On va continuer à se battre […] ajoute la co-porte-parole du parti, Manon Massé.

Peut-être qu'aujourd'hui, les libéraux sont en train de fêter le procès avorté de Nathalie Normandeau... Mais dans les prochaines semaines, on ne lâchera pas le morceau, c'est promis.

Manon Massé, députée de Sainte-Marie-Saint-Jacques

La société québécoise : principale victime

Le Parti Québécois parle pour sa part d’un échec du système de justice québécois.

On est face à un gâchis terrible, à un échec absolument lamentable du système de justice. Qui est la victime? Toute la société québécoise.

Véronique Hivon, députée de Joliette, Parti Québécois

Cet espèce de sentiment de ne jamais être capable de voir des procès qui touchent sur ces enjeux-là, aboutir, je pense, vient nous chercher, souligne la députée. C’est désespérant. Les Québécois n'accepteront pas ça.

Véronique Hivon durant une conférence de presse.

Point de presse de la porte-parole du 3e groupe d’opposition en matière de justice, Mme Véronique Hivon.

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

Véronique Hivon estime que la stratégie du DPCP de juger tous les accusés dans le cadre d’un seul procès a augmenté les délais. Lorsqu’on amenait une requête, ça avait un impact sur l’ensemble des accusés.

Je demande un examen de conscience, autant de l'UPAQ que du DPCP.

Véronique Hivon, députée de Joliette, Parti Québécois

Présomption d’innocence

La juge à la retraite Suzanne Coupal constate que malgré la décision, la présomption d’innocence doit prévaloir.

Ça fait près de cinq ans que c’est devant les tribunaux, mais aussi devant le public. Il faut encore revenir aujourd’hui en disant que ces personnes sont acquittées après avoir été jugées combien de fois à travers nos médias ou nos conversations qu’on a eu sur le sujet, estime l'ancienne juge.

Madame Coupal en entrevue à Radio-Canada.

Suzanne Coupal, juge à la retraite.

Photo : Radio-Canada

On a peut-être, d’une certaine manière, et c’était un peu la suite de la commission Charbonneau, condamné sur la place publique des personnes qui ne pouvaient pas encore bénéficier d’un jugement, d’un procès devant le tribunal.

Elle souligne la stratégie de la défense de Normandeau a été efficace.

Elle [Nathalie Normandeau] a réclamé un procès rapidement. Elle a dit, il y a peu près deux ans et demi : jugez-moi, je suis prête. On a laissé tomber certaines des accusations. Ça démontrait que la poursuite révisait son dossier encore et était peut-être moins encline à procéder sur tous les chefs qui avaient été portés à la dénonciation, conclut l’ancienne juge.

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