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Cogeco : les promesses de Rogers ne font pas bouger l'entreprise et Québec

Le logo de Cogeco sur son site web.

Cogeco a été l'objet du dépôt d'une offre hostile le 2 septembre dernier de la part de Rogers et d'Altice USA.

Photo : La Presse canadienne / Paul Chiasson

La Presse canadienne

Les promesses de Rogers à l'endroit du Québec advenant l'acquisition de Cogeco ne changent rien à la stratégie de l'entreprise québécoise et à la perception du gouvernement Legault vis-à-vis l'offre hostile de 10,3 milliards de dollars du géant torontois et d'Altice USA.

Ayant fermé la porte à sa vente, la société établie à Montréal et contrôlée par la famille Audet qui refuse de céder, demeure concentrée à réaliser sa stratégie de croissance profitable et à poursuivre ses investissements, a-t-elle fait valoir, vendredi après-midi, dans une déclaration envoyée par courriel.

Rogers peut investir autant qu'elle le souhaite au Québec, mais elle n'a pas besoin de Cogeco pour le faire. À défaut d'investir, les concurrents de Rogers lui voleront ses clients de services mobiles, et ce, avec ou sans 5G.

Extrait de la déclaration de Cogeco

En début de journée, le géant des télécommunications Rogers y était allé d'une offensive en dévoilant une série d'engagements s'il parvenait à mettre le grappin sur les actifs canadiens de Cogeco et sa principale filiale, Cogeco Communications.

Parallèlement au maintien de la marque et du siège social montréalais, la compagnie ontarienne a notamment promis de créer 300 emplois grâce à la mise sur pied d'un centre d'innovation au Québec et de conserver l'ensemble des employés de l'entité combinée en sol québécois, soit environ 5000 personnes.

Des investissements de trois milliards de dollars au cours des cinq prochaines années sont prévus, même si on ignore pour le moment ce qui constituerait de l'argent frais par rapport à ce qui est déjà prévu.

Nous serions honorés de participer à l'amélioration de l'expérience client au Québec et d'effectuer de nouveaux investissements, y compris des investissements dans la 5G, qui transformeront fondamentalement le paysage économique [de la province], a fait valoir le président et chef de la direction de Rogers, Joe Natale, dans un communiqué.

Statu quo

Interrogé en marge d'une annonce, le ministre québécois de l'Économie, Pierre Fitzgibbon, n'a pas changé son fusil d'épaule en affirmant supporter totalement les orientations de la famille Audet.

Pierre Fitzgibbon en gros plan.

Le ministre québécois de l'Économie, Pierre Fitzgibbon.

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Pour moi, aujourd'hui, le débat est clos pour l'instant, a-t-il dit. Présentement, Louis Audet [le président exécutif des conseils d'administration de Cogeco et Cogeco Communications], avec qui j'ai eu beaucoup de conversations, et sa famille ont décidé que Cogeco va rester indépendant. Pour moi, c'est une bonne nouvelle au moment où on se parle.

Puisque la position de l'actionnaire de contrôle de la société familiale fondée en 1957 est claire, M. Fitzgibbon n'a pas voulu commenter en détail les engagements dévoilés en début de journée par Rogers.

Mardi, le ministre avait présenté une motion, adoptée unanimement par l'Assemblée nationale, soulignant entre autres le rôle important joué par Cogeco dans les secteurs des médias et des télécommunications au Québec et l'importance du maintien du siège social de la société dans la province.

Un partage

La mécanique de l'offre d'Altice USA et Rogers prévoyait un partage des actifs de Cogeco et de sa principale filiale. Atlantic Broadband se retrouverait dans le giron de l'entreprise américaine alors que les actifs canadiens seraient revendus à Rogers.

On propose 800 millions de dollars à Gestion Audem, la société de la famille Audet, en échange de ses actions à droit de vote multiple.

Rogers, qui détient respectivement 41 % et 33 % des actions avec droit de vote subalterne de Cogeco et Cogeco Communications, avait tenté d'effectuer une incursion en territoire québécois en essayant en vain d'acheter Vidéotron.

Peu de temps après le dévoilement de l'offre hostile pour Cogeco, le 2 septembre dernier, le gouvernement Legault avait rapidement exprimé son opposition à une transaction.

Plus tôt cette semaine, la Caisse de dépôt et placement du Québec, qui détient 21 % de la division américaine de Cogeco, avait exprimé son appui à la famille Audet en décochant une flèche à Rogers et Altice. Le bas de laine des Québécois est également actionnaire de ces deux compagnies.

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