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Racisme systémique : deux démissions à l’AFPC

Une affiche extérieure comporte le logo de l'Alliance.

Deux dirigeants de l'Alliance de la fonction publique du Canada (AFPC) ont démissionné suite à des allégations de racisme.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Le plus grand syndicat de la fonction publique du Canada, l'Alliance de la fonction publique du Canada (AFPC), est en émoi après la démission de deux hauts dirigeants en raison du traitement d'allégations de racisme anti-Noirs.

La vice-présidente exécutive nationale de l'AFPC, Magali Picard, a démissionné de son poste le 16 septembre, une semaine après qu'Amarkai Laryea ait démissionné de son poste en tant que directeur par intérim de la direction de la représentation et des services juridiques à l'AFPC.

CBC a obtenu un courriel envoyé par M. Laryea le 9 septembre à ses collègues, expliquant sa décision de se retirer de la direction et de reprendre son emploi d'origine au syndicat.

Il a dit avoir été approché par Mme Picard et le président national de l'AFPC, Chris Aylward, soulevant des inquiétudes au sujet d'un article qu'il a écrit pour un bulletin interne.

Photo de l'homme dans un parc.

Amarkai Laryea a démissionné de son poste de directeur intérimaire de la direction de la représentation et des services juridiques de l'AFPC.

Photo : Facebook/Amarkai Laryea

M. Laryea a déclaré que l'article parlait de microagressions subies à l'AFPC.

Le commentaire a eu pour effet de me dire que quand je suis directeur, je dois laisser ma race à la porte.

Amarkai Laryea

Au cours de cette discussion, Magali m'a dit : je vous parle en tant que directeur, pas en tant que Noir, a écrit M. Laryea.

Amarkai Laryea a déclaré que ses commentaires avaient eu pour effet de me dire que lorsque je suis directeur, je dois laisser la couleur de ma peau à la porte, que mes expériences ne sont pas toujours les bienvenues, et que mon expérience en tant que personne noire ne doit pas toujours avoir un impact sur mon rôle de directeur. 

Il a écrit qu'il était blessant et ironique qu'en discutant de mon article sur l'expérience d’agressions subtiles, j'ai été soumis à une autre microagression.

CBC a tenté de contacter M. Laryea pour obtenir des commentaires, mais il n'a pas répondu aux demandes.

Ce n'est pas vrai, dit Magali Picard

Le samedi suivant, Mme Picard a tenté de clarifier sa version des faits lors d'une apparition sur un événement Facebook Live appelé Union Matters.

Je sais que vous avez des informations, mais malheureusement vous avez des informations partielles , a déclaré Mme Picard à l'animateur de l'événement Nicholas Thompson, qui n'est pas un employé de l'AFPC, mais un travailleur fédéral et président d'un syndicat local.

Magali Picard dans les studios de Radio-Canada.

La vice-présidente exécutive nationale de l'Alliance de la fonction publique du Canada (AFPC), Magali Picard.

Photo : Radio-Canada / Agnès Chapsal

Sans mentionner M. Laryea par son nom, Mme Picard a nié qu'il y ait eu des microagressions perpétrées contre quelqu'un à cause de ce qu'il a écrit dans le bulletin.

Je peux vous assurer à 200 % que ce n'est pas vrai, a-t-elle dit, soulignant que la publication était soutenue et payée par le syndicat.

Nous devons poser des questions avant de faire des hypothèses, a-t-elle déclaré à propos de la discussion privée qu'elle a eue avec M. Laryea.

Mme Picard, une femme autochtone, a déclaré qu'elle n'essaierait jamais de museler quelqu'un et a déclaré qu'en tant qu'organisation, le syndicat essaie d’être proactif sur la question de l'équité pour les employés noirs, autochtones et racialisés.

Appel à la démission de Mme Picard

Cependant, ses commentaires semblent avoir enflammés les choses pour un certain nombre d'employés de l'AFPC, avec au moins trois lettres largement distribuées aux membres de la direction pour les inviter à réparer les dommages causés par la démission de M. Laryea.

L'une des lettres appelait Mme Picard à démissionner.

Un jour plus tard, l'AFPC a publié un communiqué annonçant sa démission.

Le mois dernier a été difficile, personnellement et professionnellement, a déclaré Mme Picard dans le communiqué. C'est le bon moment pour moi de me concentrer sur les besoins de ma famille.

Elle n'a pas abordé directement les tensions croissantes autour de son leadership, mais a noté que sa démission arrive à un moment difficile pour notre organisation alors que nous luttons pour bâtir un syndicat plus inclusif.

CBC s'est entretenue avec Mme Picard, qui a refusé une entrevue officielle. Elle a expliqué qu'elle ne pouvait pas partager les détails de ce qui s'était passé lors de la réunion avec M. Laryea en raison de la confidentialité des employés, mais a déclaré qu'elle reconnaissait qu'il avait été blessé par leur échange.

Elle a déclaré que le moment de sa démission, qui était nécessaire en raison des besoins urgents de sa famille, est malheureux, et a déclaré qu'elle avait le cœur brisé de penser qu'après une longue carrière à travailler pour les droits des autochtones et des femmes, on pourrait se souvenir d'elle pour cet incident.

J'assume l'entière responsabilité, dit Chris Aylward

Chris Aylward, président national de l'AFPC, a refusé la demande d'entrevue de CBC, mais a fait une déclaration suggérant que, en ce qui concerne la lutte contre le racisme systémique, nous continuons à faire des erreurs.

M. Aylward a reconnu un incident récent qui a conduit à la démission d'un directeur qui est une personne noire.

Chris Aylward parle au microphone lors d'une manifestation dehors en hiver à Ottawa.

Chris Aylward, président national de l'Alliance de la fonction publique du Canada.

Photo : Radio-Canada / Frédéric Pepin

Je regrette profondément le cours des événements qui ont conduit à sa décision. Notre organisation tout entière en sort perdant, a-t-il écrit.

J'en assume l'entière responsabilité et je me suis engagé à mettre le syndicat sur la voie qui amorcera un long processus de guérison.

Chris Aylward, président national de l'AFPC

Les circonstances de la démission de ce haut dirigeant ont bouleversé le personnel du syndicat, mais les Noirs, les Autochtones et les autres membres du personnel racisés ont particulièrement souffert, ils sont blessés, en colère et déçus, ajoute M. Aylward.

Promettant de transformer les paroles en actions, M. Aylward a déclaré que l'AFPC va créer une équipe de prévention du racisme pour renforcer le travail de l'actuel coordonnateur de la prévention de l'oppression . Il a déclaré que l'effort mènerait à plus de formation et d'éducation, ajoutant que le syndicat créera également un comité anti-racisme.

Aucun gagnant

Nicholas Thompson, qui a animé l'événement syndical sur Facebook, a déclaré que les employés de la fonction publique fédérale représentés par l'AFPC, en particulier les travailleurs noirs, autochtones et racisés, ont été alarmés par les allégations.

Je pense que c'est un triste jour pour les travailleurs, a déclaré M. Thompson à propos des deux démissions.

Nous sommes toujours confrontés à ces problèmes, et deux directeurs représentant la minorité visible en sont les victimes, donc je ne considère pas cela comme une victoire.

Nicholas Thompson

M. Thompson a déclaré que les groupes marginalisés de la fonction publique fédérale comptaient sur leur syndicat pour en tirer des leçons afin qu'il puisse s'attaquer aux mêmes problèmes auxquels sont confrontés les travailleurs qu'ils représentent.

Nous ne pouvons pas obtenir un meilleur milieu de travail qui soit représentatif si notre propre syndicat ne parvient pas à se mobiliser en ce qui concerne le racisme systémique et les barrières systémiques, conclut M. Thompson.

Avec les informations d'Amanda Pfeiffer

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