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Un organisme répertorie 380 centres de détention secrets en Chine

L'Institut australien de stratégie politique a mis en évidence les camps de rééducation, les centres de détention et les prisons qui auraient été récemment construits ou agrandis depuis 2017.

Des gens marchent dans une rue qui mène à un centre de détention.

Sur cette photo, de décembre 2018, des gens passent l’entrée d’un centre de formation professionnelle de la ville d’Artux, dans la région du Xinjiang, dans l’ouest de la Chine.

Photo : Associated Press / Ng Han Guan

Associated Press

La Chine semble étendre son réseau de centres de détention secrets au Xinjiang, où les minorités musulmanes sont ciblées dans une campagne d'assimilation forcée, et où de plus en plus d'installations ressemblent à des prisons, a découvert un organisme public australien de réflexion.

L'Institut australien de stratégie politique a utilisé des images satellites et des documents officiels d'appel d'offres de construction pour cartographier plus de 380 centres de détention présumés dans la région autonome ouïgoure du Xinjiang, mettant en évidence les camps de rééducation, les centres de détention et les prisons qui auraient été récemment construits ou agrandis depuis 2017.

Le rapport avance que la Chine a opéré un changement de politique, passant de la détention des Ouïgours et d'autres minorités musulmanes dans des bâtiments publics de fortune à la construction de centres de détention de masse permanents.

Malgré que l'agence de presse officielle chinoise Xinhua ait rapporté à la fin de l'année dernière que les stagiaires fréquentant des centres d'enseignement et de formation professionnelle destinés à les déradicaliser avaient tous obtenu leur diplôme.

Le président du gouvernement régional, Shohrat Zakir, a été cité déclarant que les rapports des médias étrangers concernant 1 ou 2 millions de personnes fréquentant ces centres avaient été fabriqués.

Des minorités majoritairement musulmanes de la région reculée du Xinjiang ont été enfermées dans des camps dans le cadre d'une campagne d'assimilation du gouvernement lancée en réponse à des décennies de lutte parfois violente contre les règles de Pékin. Certains ont subi des stérilisations et des avortements forcés et, ces derniers mois, d'autres ont reçu l'ordre de boire des médicaments traditionnels chinois pour lutter contre le coronavirus.

Le chercheur de l'Institut australien de stratégie politique, Nathan Ruser, a écrit dans un rapport publié jeudi soir : Les preuves disponibles suggèrent que de nombreux détenus extrajudiciaires du vaste réseau de "rééducation" du Xinjiang sont maintenant officiellement inculpés et enfermés dans des installations de sécurité plus élevée, y compris des prisons récemment construites agrandies, ou envoyés dans des complexes d'usine emmurés pour des affectations de travail forcé.

Au moins 61 sites de détention ont été nouvellement construits ou ont fait l'objet de travaux d'agrandissement en un an jusqu'en juillet 2020, selon le rapport. Celles-ci comprenaient au moins 14 installations encore en construction cette année.

Parmi ceux-ci, environ 50 % sont des établissements à sécurité plus élevée, ce qui peut suggérer un déplacement de l'utilisation des "centres de rééducation" à sécurité inférieure vers des établissements de type prison à plus haute sécurité, a écrit Nathan Ruser.

Au moins 70 installations semblaient avoir une sécurité moindre, les clôtures internes ou les murs d'enceinte ayant été supprimés, selon le rapport.

Celles-ci comprenaient huit camps qui montraient des signes de démantèlement et qui avaient peut-être été fermés. Parmi les camps dépouillés de toute infrastructure de sécurité, 90 % étaient des installations de moindre sécurité, selon le rapport.

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