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COVID-19 : l'Union européenne durcit les restrictions

Pendant ce temps, un laboratoire américain entame un essai clinique d’un vaccin expérimental sur 10 000 personnes.

Des piétons portant un masque dans le Vieux-Port à Marseille.

Des piétons portant un masque dans le Vieux-Port, à Marseille, en France.

Photo : Reuters / ERIC GAILLARD

Agence France-Presse

L'Union européenne a appelé jeudi ses États membres à durcir leurs mesures de contrôle « immédiatement » face aux nouveaux foyers d'épidémie de la COVID-19, au lendemain de l'annonce de nouvelles restrictions en France où le nombre de contaminations bat des records.

De tests et traçages accrus en passant par une surveillance sanitaire renforcée et des capacités hospitalières suffisantes, tous les États doivent déployer immédiatement et à temps des mesures aux premiers signes de nouveaux foyers potentiels, a dit la commissaire européenne à la Santé Stella Kyriakides.

Dans certains États, la situation est désormais pire qu'au pic [de l'épidémie] en mars. C'est une cause de préoccupation, a-t-elle ajouté.

Vendredi, la Belgique doit annoncer la fin de l'interdiction de voyage avec les zones européennes classées rouges, qui restent néanmoins strictement déconseillées.

Plus de cinq millions de personnes ont été contaminées en Europe, et l'agence européenne chargée de surveiller les épidémies a fait état jeudi de sa grande inquiétude pour sept pays de l'UE, dont l'Espagne, qui doit annoncer vendredi l'extension des restrictions de mouvements à d'autres zones de la région de Madrid.

Ces États (Espagne, Roumanie, Bulgarie, Croatie, Hongrie, République tchèque et Malte) affichent une proportion plus élevée de cas graves ou d'hospitalisation, avec une hausse de la mortalité déjà observée ou qui pourrait l'être bientôt, s'est inquiété le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC).

Décision gouvernementale dénoncée en France

Un ouvrier est testé avant de rejoindre son poste de travail à Laguardia.

Un ouvrier est testé avant de rejoindre son poste de travail à Laguardia.

Photo : Reuters / VINCENT WEST

En France, face à une remontée du taux d'incidence du virus, la métropole d'Aix-Marseille et la Guadeloupe, dans les Antilles, ont été placées en zone d'alerte maximale.

Bars et restaurants y seront fermés à partir de samedi. Les autres établissements recevant du public vont aussi être fermés, sauf ceux qui ont un protocole sanitaire strict, comme les théâtres, les musées et les cinémas.

Onze autres métropoles, dont Paris, ont été placées en zone d'alerte renforcée, ce qui entraîne par exemple la fermeture des bars à partir de 22 h et la limitation des ventes d'alcool.

Les professionnels de la restauration ont dénoncé une décision inique.

La France a enregistré 16 096 nouveaux cas de la COVID-19 en 24 heures, un record depuis le début des tests à grande échelle.

Si nous n'agissons pas, on pourrait se trouver dans une situation proche de celle du printemps. Ça pourrait pouvoir dire reconfinement.

Le premier ministre français Jean Castex

L'Allemagne est aussi sur le qui-vive face à une résurgence des contaminations.

La Bavière est particulièrement touchée et a décidé de durcir ses restrictions à Munich, où le port du masque dans une partie du centre-ville est obligatoire depuis jeudi. Mesure similaire en Italie, dans la région de Naples.

Au Royaume-Uni, le pays le plus endeuillé du continent européen avec 42 000 morts, de nouvelles restrictions sont entrées en vigueur jeudi : les pubs et les restaurants, dans lesquels seul le service à table sera autorisé, doivent fermer dès 22 h en Angleterre et le télétravail sera à nouveau encouragé.

Au premier soir de ce couvre-feu, les clients du Prince George, dans le vivant quartier londonien de Dalston, font contre mauvaise fortune bon cœur face à ces mesures qu'ils estiment ridicules et trop tardives. Lavez-vous les mains avant d'entrer, bande de sales bêtes : le ton est donné dès le panneau d'entrée.

Les mesures prises par plusieurs pays européens reflètent l'inquiétude des autorités devant l'augmentation du nombre des malades. Au total, 5 060 966 cas ont été recensés en Europe, dont 227 862 ont été mortels.

Dans le monde, la pandémie a fait au moins 978 448 morts depuis fin décembre, selon un bilan établi jeudi par l'AFP.

En Israël, à partir de vendredi à 14 h, les synagogues seront fermées, sauf pour Yom Kippour, le jour du pardon, célébré dimanche soir et lundi. Seuls les secteurs de travail jugés essentiels continueront à exercer et les manifestations et les prières en extérieur seront limitées à 20 personnes et à moins d'un kilomètre du domicile.

Essai clinique pour un vaccin

Il est sur un terrain de soccer.

Zlatan Ibrahimovic, qui joue dans le club italien Milan AC, a annoncé être infecté par le coronavirus.

Photo : Reuters / LORRAINE O'SULLIVAN

Du côté des vaccins, la société américaine de biotechnologie Novavax a annoncé jeudi qu'elle avait commencé au Royaume-Uni un essai clinique de dernière phase de son vaccin expérimental contre la COVID-19 qui vise à inclure 10 000 participants de 18 à 84 ans.

L'État de New York ne fait pas confiance au gouvernement Trump et revérifiera la fiabilité des vaccins validés par Washington avant de les distribuer à ses 20 millions d'habitants, a affirmé jeudi le gouverneur Andrew Cuomo.

Pour sa part, la royauté britannique anticipe des difficultés financières à cause du coronavirus avec un manque à gagner lié à la chute de la fréquentation des demeures royales de 15 millions de livres sur les trois prochaines années.

Et comme personne n'est épargné par le coronavirus, la vedette de l'AC Milan Zlatan Ibrahimovic a été placé chez lui en quarantaine après un test positif. La COVID a eu le courage de me défier. Mauvaise idée, a tweeté le fier Suédois de bientôt 39 ans.

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