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Une étude suggère que la pratique du VTT et du vélo de montagne perturbe la faune

Quatre des photos issues de l'étude montrent un grizzli, un orignal, des randonneurs et des cyclistes.

Le professeur Robin Naidoo est étonné de constater à quel point la faune partage les sentiers utilisés par les humains.

Photo : Gracieuseté de Robin Naidoo

Une étude de l'Université de la Colombie-Britannique suggère que la pratique de certaines activités de plein air perturbe la faune du parc provincial des montagnes Chilcotin du Sud.

Si des facteurs environnementaux ont un impact plus important, les animaux étudiés tendent à éviter les endroits visités par les usagers du parc, surtout lorsque ceux-ci se déplacent en vélo de montagne ou en VTT.

Nos résultats suggèrent que les facteurs environnementaux ont généralement façonné les modèles d'utilisation [du territoire] de la faune à grande échelle, peut-on lire dans l’étude, mais soulignent que les activités récréatives ont également des impacts détectables.

Les chercheurs Robin Naidoo et Cole Burton de l’Université de la Colombie-Britannique (UBC) ont étudié l’effet de quatre activités de plein air populaire dans ce parc du sud-ouest de la province : la randonnée pédestre, la randonnée à cheval, le vélo de montagne et le VTT.

Ils ont pu mesurer les passages des usagers du parc et de 13 espèces d’animaux sauvages à l’aide de caméras déclenchées par le mouvement réparties sur le site. Parmi les espèces étudiées, on compte notamment le grizzli, l’orignal, le cerf hémione et le cougar.

Le professeur Naidoo, qui vit dans la région, a commencé ce travail par curiosité personnelle. J'ai été étonné de voir à quel point la faune se trouvait sur ces sentiers que les gens utilisaient, dit-il. Je pense que pour la plupart, les gens seraient très surpris s'ils savaient à quel point la faune partage ces sentiers avec eux.

Les scientifiques ont observé peu d’impact des activités récréatives sur le déplacement de la faune à l’échelle d’une semaine. Mais une analyse à plus courte échelle a montré que toutes les espèces fauniques évitaient tous les types d'événements récréatifs humains sur les sentiers, écrivent-ils. Cet évitement temporel par la faune était le plus élevé pour les véhicules motorisés et le vélo de montagne.

Des facteurs environnementaux plus importants

Si le parc est une aire protégée, des activités d’exploitation forestière ont aussi lieu en périphérie, altérant considérablement l’habitat par endroit. Les chercheurs ont donc également mesuré l’effet de facteurs environnementaux, comme la proportion d’une aire défrichée ou la biomasse des arbres dans un secteur, sur la présence des animaux.

Ça variait selon les espèces, explique le professeur Naidoo. La longueur des routes forestières dans un secteur donné, par exemple, était le meilleur indicateur de la probabilité de détecter un grizzli. Ainsi, plus il y avait de kilomètres de route forestière à un endroit, moins il y avait de chance d’y apercevoir un de ces ours bruns.

L’effet de cette variable était plus de deux fois plus important que celui du nombre de cyclistes de montagne vus devant une caméra, précise l’universitaire.

Un impact qui mérite d’être étudié

En ce moment, difficile de dire quel est l’impact exact de ces perturbations sur les animaux du parc, admet le professeur Cole Burton. Elles pourraient leur causer du stress, les dévier de zones où ils trouvent leur nourriture ou leur faire dépenser plus d’énergie à emprunter des chemins moins praticables, par exemple.

Il pourrait donc y avoir une variété d'effets physiologiques, mais en ce qui concerne l'importance pour l'individu, comment ça affecte ses chances de survie et comment ça affecte la population, c'est de la recherche qui reste à faire, explique-t-il.

Invitée à réagir, l’association du tourisme de vélo de montagne de l’ouest du Canada souligne que la plupart des destinations de vélo de montagne de la province se trouvent à l'intérieur ou à proximité des limites d'une communauté ou d'un centre de villégiature.

Le vélo de montagne dans l'arrière-pays est un petit segment de ce que la Colombie-Britannique a à offrir et s'appuie sur des exploitants qui s'engagent à offrir des expériences respectueuses de la faune et de l'environnement, affirme le directeur général de l’association, Martin Littlejohn, par courriel. Espérons que cette étude fournira des informations sur la manière dont les impacts peuvent être encore atténués.

Il est cependant trop tôt pour recommander quoi que ce soit pour ce qui est de mesures à prendre pour encadrer la pratique des activités récréatives, selon le professeur Burton. C’est pourquoi il s’agit d’une étude à long terme.

Les données présentées dans l’étude, parue en septembre, viennent de la période entre la fin du mois de mai et la fin du mois de septembre 2018. Depuis, les caméras ont continué à fonctionner, affirme le professeur Naidoo.

Nous avons l’intention de laisser les caméras à l’extérieur le plus longtemps possible, explique-t-il. Ce que nous saurons après cinq ans sera probablement différent de ce que nous savons après un an.

Ailleurs sur le web :

L’étude Relative effects of recreational activities on a temperate terrestrial wildlife assemblage (Nouvelle fenêtre), publiée dans la revue scientifique Conservation Science and Practice (en anglais).

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