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Une ancienne gestionnaire critique la gestion de la crise au CHSLD de Lambton

Raymonde Lapointe, ancienne gestionnaire du CHSLD de Lambton et ancienne maire de la municipalité.

Raymonde Lapointe, ancienne gestionnaire du CHSLD de Lambton et ancienne maire de la municipalité

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Frappé de plein fouet par une éclosion qui a déjà fait quatre morts, le CHSLD de Lambton fait face depuis plusieurs semaines à une importante éclosion entre ses murs. Une situation que déplore une ancienne gestionnaire de l’établissement.

Comme gestionnaire et connaissant les besoins des personnes âgées en CHSLD, qu’est-ce que les équipes de gestion ont fait cet été pour prévenir cette vague [dans les] CHSLD?, se questionne Raymonde Lapointe, ancienne gestionnaire du CHSLD de Lambton et également ancienne mairesse de la municipalité.

Cette dernière dit avoir travaillé autant dans des CHSLD publics que privés. Elle qualifie la situation dans cet établissement de terrible. Je ne voudrais pas que ma mère de 93 ans soit là. Ça n’a pas d’allure que 22 résidents [sur 29] soient déjà infectés, poursuit-elle en entrevue avec Radio-Canada Estrie.

M. Dubé, le ministre de la Santé, avait bien dit qu’il voulait que les gens soient prêts pour le 30 septembre. Je ne suis pas sûre que tout le monde ait fait ses devoirs.

Raymonde Lapointe, ancienne gestionnaire du CHSLD de Lambton et également ancienne mairesse de la municipalité

19 employés infectés

En plus des 22 résidents atteints par le nouveau coronavirus, 19 employés ont également contracté la maladie. L’établissement fait d’ailleurs désormais partie de la liste rouge des CHSLD en situation critique mise à jour quotidiennement par Québec.

Ils ont eu l’expérience du début d’année. Ils savaient que ça pouvait être dangereux dans ce secteur-là. Ce que je déplore, c’est qu’il n’y a probablement pas eu suffisamment de préparation pour voir venir ça, lance-t-elle.

De plus, Raymonde Lapointe dit ne pas comprendre pourquoi les résidents infectés sont transférés dans le centre de confinement de Sherbrooke, situé dans le couvent Mont-Sainte-Famille.

Ce que je ne comprends pas, c’est pourquoi on les transfère ailleurs quand ils auraient pu avoir leur confinement ici, [à Lambton], fait-elle savoir.

On les amène à l’extérieur pour mourir.

Raymonde Lapointe, ancienne gestionnaire du CHSLD de Lambton et également ancienne mairesse de la municipalité

Un choix questionnable

Pour Raymonde Lapointe, ce choix est questionnable. Il y en a quatre de décédés à Sherbrooke. Je ne dis pas que les soins ne sont pas bons [au centre de confinement de Sherbrooke]. Mais pour moi [...] ils devraient être proches de leur famille. Je pense qu’ils auraient pu faire une zone chaude et une zone froide dans le CHSLD, croit-elle.

De son côté, le maire de Lambton, Ghislain Breton, explique offrir sa pleine collaboration au CIUSSS de l’Estrie-CHUS. Il relate s’être entretenu avec le Dr Stéphane Tremblay, président directeur général du CIUSSS de l’Estrie-CHUS, jeudi en début d’après-midi.

Ghislain Breton dit avoir trouvé le Dr Tremblay rassurant et a senti qu'il était déterminé à remettre le bateau dans le bon sens.

Par ailleurs, une équipe de l'Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec sera de passage au CHSLD de Lambton pour observer si les mesures de prévention sont respectées.

À la demande de la Direction de la santé publique en Estrie, une équipe d'experts observera les employés pendant trois quarts de travail. Ils étudieront l'organisation du travail des équipes afin de déterminer si des améliorations peuvent être apportées dans les façons de faire.

Avec les informations de Marie-Ève Lacas

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