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Le français est un avantage dans le sport, assurent des athlètes franco-ontariens

Des athlètes francophones célèbrent le Jour des Franco-Ontariens, vendredi.

Une athlète mord à pleines dents dans sa médaille d'or.

Linda Morais a fait de sa maîtrise du français un avantage dans la pratique de son sport.

Photo : Martin Gabor - Courtoisie Lutte Canada

Lorsqu'il est question de sport d'élite au Canada, l'anglais fait souvent figure de langue de prédilection. Le français compte parmi les victimes collatérales des visées des athlètes de haut niveau, mais une poignée d'athlètes franco-ontariens interrogés par Radio-Canada assurent que le français et les équipes nationales font plutôt bon ménage au pays.

Nés en Ontario, Alphonse Ouimette (patinage de vitesse sur courte piste), Linda Morais (lutte), Jessica Gaudreault (water-polo), Nina Kucheran (natation) et Vincent De Haître (patinage de vitesse sur longue piste et cyclisme sur piste) partagent tous le français comme langue maternelle.

Et, selon eux, la maîtrise de la langue de Molière, bien qu'elle ne soit pas largement employée dans les plus hautes sphères du sport au Canada, leur confère un véritable avantage.

Un athlète effectue des exercices à l'extérieur de la glace.

Au sein de l'équipe nationale de patinage de vitesse sur courte piste, Alphonse Ouimette n'aurait pas pu mieux tomber.

Photo : Patinage de vitesse Canada

En fait, Alphonse Ouimette, qui a grandi à Spencerville dans l'Est ontarien, croit que la maîtrise du français, jumelée à celle de l'anglais, ouvre plus de portes aux athlètes issus de la plus grande minorité linguistique de l'Ontario.

Pour moi, je dirais que ça a toujours été un avantage d'être francophone. Je n'ai jamais eu de mauvaises expériences parce que je parlais français, et je pense que ça a beaucoup aidé ma confiance.

Alphonse Ouimette, patineur de vitesse sur courte piste

En optant pour le patinage de vitesse sur courte piste, l'athlète de 24 ans a cela dit eu la main heureuse puisque l'équipe nationale est à 95% québécoise.

On est entouré de plein de francophones [au sein de l'équipe] donc maîtriser le français, dans le patin, ça m'a beaucoup aidé, dit-il. Je pense même que je suis tombé dans le bon sport pour améliorer mon français!

Tous les sports n'offrent toutefois pas cette chance au Canada alors que bon nombre de centres nationaux sont situés à Calgary et à Vancouver, dans l'Ouest canadien, où ont eu lieu les Jeux olympiques par le passé.

Une arme secrète

Linda Morais saisit la cuisse de sa rivale.

Linda Morais, de Tecumseh, a fait ses classes à l'école secondaire francophone L'Essor.

Photo : Martin Gabor - Courtoisie Lutte Canada

L'occasion de parler français dans le feu de l'action n'est pas donnée à tous les athlètes non plus. La lutteuse Linda Morais s'estime chanceuse de pouvoir échanger en français avec son entraîneur pendant ses combats alors que le reste de l'équipe nationale de lutte est composé d'athlètes et entraîneurs anglophones.

Je parle beaucoup avec David (Zilberman) en français, mais surtout pendant les tournois, parce que ça nous permet d'éviter que nos adversaires comprennent ce qu'on se dit, souligne-t-elle, sourire en coin.

La seule fois qu'il va me parler en anglais pendant des tournois, c'est quand j'affronte quelqu'un d'un autre pays francophone. Si c'est contre une Américaine, on va assurément se parler en français!

La native de Tecumseh convient que la terminologie de la lutte, comme pour plusieurs autres sports, ne diffère pas forcément de l'anglais au français. C'est comme une langue en soi, fait-elle remarquer.

Les amis et la famille pour s'entraider

Nina Kucheran pose fièrement devant une piscine. Elle arbore un chandail à l'effigie du Canada.

Nina Kucheran a représenté le Canada à maintes reprises sur la scène internationale.

Photo : Photo offerte par Nina Kucheran

Jusqu'à ce qu'elle complète sa scolarisation en Ontario, la Sudburoise Nina Kucheran parlait français tous les jours, ainsi le voulait son cursus scolaire. En 2018, elle a quitté le pays pour rejoindre les rangs de l'équipe de natation des Seminoles de l'Université de l'État de la Floride, dans le sud des États-Unis.

Plongée dans un milieu presque exclusivement anglophone, elle reconnaît que son français en a pris un coup. Comme la plupart des athlètes sondés, elle s'en remet à des contacts fréquents avec ses proches pour l'aider à préserver sa langue.

Ça ne parle pas beaucoup français en Floride, blague-t-elle. Mais j'ai une coéquipière qui vient de la Nouvelle-Calédonie. Quand je lui ai dit que je parlais français, c'était aussi pour qu'elle m'aide à le pratiquer, parce que c'est difficile quand tu ne le parles pas souvent de revenir au Canada et de le parler dans ta famille.

Chaque fois que je fais un (appel par) FaceTime avec ma grand-mère, si mon français n’est pas aussi naturel qu’auparavant, elle me rappelle de le pratiquer un peu plus.

Nina Kucheran, nageuse

Le sport rassemble plus qu'il ne discrimine

Jessica Gaudreault tente de stopper un ballon lors d'un match de water-polo.

Les parents de Jessica Gaudreault lui ont enseigné trois langues lorsqu'elle était plus jeune dont le français.

Photo : Associated Press / Rebecca Blackwell

La gardienne de but de l'équipe canadienne de water-polo, Jessica Gaudreault, conçoit que parler français, en plus de l'anglais et du punjabi, lui permet de rapprocher les gens. Elle se dit ainsi une fière représentante de la communauté francophone de l'Ontario.

Pour moi, c’est spécial de faire partie de différentes cultures et d’être capable de m’adresser à plusieurs communautés, note celle dont le père est francophone et la mère est indienne.

À en croire la native de Mississauga, le sport ne discrimine pas contre la langue. À l'inverse, il est rassembleur et donc parler français ne se veut pas un désavantage, loin de là.

Si je parlais seulement français, je pense que j’aurais été correcte pour intégrer l’équipe nationale. J’aurais fini par apprendre ce qu'il faut en anglais pour discuter de water-polo, comme des filles de l'équipe l'ont déjà fait, estime la Franco-Ontarienne qui se corrige elle-même lorsqu'elle perçoit que son niveau de français vacille.

Vincent De Haître et deux coéquipiers célèbrent leur victoire sur le podium en Coupe du monde.

Vincent De Haître a un bon sens de l'humour, que ce soit en français ou en anglais.

Photo : La Presse canadienne / Mike Ridewood

Vincent De Haître, un spécialiste du patinage de vitesse sur longue piste, croit que l'apprentissage du français dans un milieu majoritairement anglophone l'a aussi aidé à mieux interpréter les propos de ceux qui ne maîtrisent pas forcément la langue d'usage lors des compétitions internationales, en l'occurrence l'anglais.

J'ai compris qu'il ne faut pas forcément porter attention aux mots, raconte-t-il, mais à ce que la personne veut vraiment dire, l'intention derrière. C'est plus facile d'entretenir une conversation avec des Russes ou des Néerlandais, par exemple.

Le jeune homme de 26 ans résume l'esprit des Franco-Ontariens à un mélange de créativité et de résilience, la même recette qui lui permet de faire partie de l'équipe nationale de cyclisme sur piste, et ce, en plus de ses visées olympiques en patinage de vitesse.

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