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Le quotidien d’une famille albertaine qui a choisi l'enseignement à distance

Une fillette écrit dans un cahier.

Violet est inscrite à l'école primaire Richard Secord, à Edmonton.

Photo : Radio-Canada

De nombreux parents d’élèves ont choisi de renvoyer leurs enfants à l’école en Alberta. D’autres ont plutôt opté pour l'enseignement à distance en raison de la pandémie. C’est le cas de Bethany Bezooyen, dont la fille de 6 ans, Violet, entame sa première année d’immersion française à la maison. Tranche de vie.

Chaque matin, Violet se lève aux alentours de 7 h 30, prend son petit déjeuner et se prépare pour sa journée d’école.

Sauf que là, sa salle de classe, c’est sa salle à manger et elle y a rendez-vous du lundi au vendredi de 9 h à 15 h 15.

À quoi ressemble sa journée?

Dès qu'il est 9 h, Violet s’installe devant son écran d’ordinateur portable. Sa mère commence par l’aider avec des devoirs qu’elle doit faire sans l'assistance de son enseignante. Elle se joint ensuite à son cours en ligne aux côtés d’une trentaine d’élèves, connectés les uns aux autres, grâce à la magie d’Internet.

Puis vient l’heure de la pause qu’elle prend parfois à l’intérieur, parfois devant l’entrée goudronnée de sa maison sur laquelle elle aime s’amuser à dessiner toutes sortes de choses avec ses craies multicolores.

Et s’il n’y a pas la traditionnelle cloche pour signaler la fin de la pause, sa mère est là pour lui indiquer qu’il est l’heure de se joindre à son cours de gymnastique en ligne, avant de passer au repas de midi.

Et on fait la même chose durant l’après-midi.

Bethany Bezooyen, parent d’élève
Violet joue devant sa maison.

Violet est âgée de 6 ans.

Photo : Radio-Canada / DANIELLE KADJO

Une belle expérience, mais...

Ce que Bethany Bezooyen vit avec sa fille, elle s’en souviendra toujours. J’aime le fait de la voir apprendre. C’est super de passer ce moment avec elle, s’exclame-t-elle.

Mais, car il y a un mais, l’enseignement à distance est beaucoup plus exigeant que ce qu’avait imaginé la mère de famille anglophone. D’abord, parce qu’elle ne parle pas le français, ensuite parce que l’appui pédagogique présente certaines limites, selon ce qu'elle a constaté.

Violet doit vraiment écouter son enseignante et se tourner vers elle lorsqu’elle a de la difficulté avec quelque chose. En tant que maman, dit-elle, j’ai l’impression de la laisser se débattre seule, avant d’être obligée de demander de l’aide à son enseignante.

C’est difficile de trouver un équilibre parce que je suis maintenant une sorte d’aide-enseignante.

Bethany Bezooyen, parent d’élève

Même si, pour Bethany Bezooyen cet équilibre est déchirant, il est loin de la dissuader que le jeu en vaut la chandelle. Étant jeune, je n’ai pas eu l'occasion d’apprendre le français, alors je veux donner cette chance à ma fille, dit-elle.

Elle aurait aimé que Violet puisse bénéficier de séances individuelles avec son enseignante. Mais, avec 28, 29 élèves, je ne sais pas comment elle y parviendrait , dit-elle.

Toutefois, comme d’autres parents d’élèves pour qui le plan de retour en classe du gouvernement provincial a tout fait sauf les convaincre de renvoyer leurs enfants à l’école, elle croit que l’enseignement à distance reste pour l’instant l’option la plus sécuritaire pour Violet.

[Cette option] avait l’air plus sécuritaire, dit-elle. Lorsqu’elle a été présentée par les écoles publiques d’Edmonton, les enseignants avaient les outils et les fonds dont ils avaient besoin pour garantir une session d’automne sécuritaire. Je n’étais pas convaincue par le plan de retour en classe de la province, alors j’ai saisi cette occasion, lorsqu’elle a été présentée.

Elle espère que le gouvernement provincial mettra sur pied une subvention pour soutenir les parents qui choisissent l’enseignement à distance.

L'enseignement comodal, un juste milieu?

Le défi, surtout en immersion française, c’est que les parents ne parlent souvent pas le français, confirme Martine Pellerin, professeure en science de l'éducation et vice-doyenne à la recherche et l'innovation au Campus Saint-Jean.

On entend des gens dire qu’ils ne savent pas comment expliquer les mathématiques, la lecture ou encore la phonétique à leurs enfants, poursuit-elle, ajoutant que c'est une source de stress importante pour les parents.

L’idée de l’enseignement à distance ne signifie pas que c’est aux parents d’enseigner. C’est un mythe qui a vu le jour quand la pandémie a frappé, ajoute-t-elle.

Selon elle, l’enseignement à distance s'accompagne d'une grande responsabilité qui est mise sur les épaules des parents pour le développement de leur enfant.

Elle croit qu’un modèle d'enseignement comodal pourrait être le juste milieu. Celui-ci consiste à combiner l'enseignement en classe et l'enseignement en ligne.

Ainsi, les enfants des parents qui choisissent l’enseignement à distance seront connectés à ceux dont les parents ont choisi le retour en classe, tant pour les activités que pour les cours. Cela viendra également briser l’isolement que pourrait vivre un enfant qui suit une éducation à distance.

On a tous les outils pour faire cela. Les élèves seront capables de suivre le même [programme ] que leurs amis. 

Martine Pellerin, professeure en science de l'éducation et vice-doyenne à la recherche et l'innovation au Campus Saint-Jean

Environ 64 000 élèves des conseils des écoles publiques d'Edmonton sont retournés en classe, tandis que 26 000 autres ont opté pour l'apprentissage en ligne.

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