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Le secrétariat pour la COVID-19 des T.N.-O. va être créé malgré les critiques

Un autocollant du gouvernement territorial demande de garder ses distances avec les autres.

Les Territoires du Nord-Ouest sont toujours dans la phase deux du plan de déconfinement.

Photo : Radio-Canada / Mario De Ciccio

Après quelques semaines de critiques de la part de députés, d'habitants et de chambres de commerce du territoire, le gouvernement ténois garde le cap avec la création de son secrétariat de coordination pour répondre à la COVID-19.

Le sous-ministre responsable du secrétariat, Russell Neudorf, a commencé sa séance d’information technique avec les journalistes jeudi en admettant les difficultés qu'avait le gouvernement à faire comprendre aux Ténois la nécessité d’un tel organisme.

Je pense que c’est en partie parce que nous n’avons peut-être pas fait le meilleur travail pour expliquer comment cet organisme profitera aux habitants et aux entreprises, conclut Russell Neudorf.

Le secrétariat doit rassembler les différents groupes d'intervention dans la lutte contre la pandémie dans un seul organisme du ministère de la Santé découlant directement de la première ministre.

Selon le gouvernement, cela devrait lui permettre de mieux organiser les efforts face à la pandémie et de faire des gains en efficacité, en espérant pouvoir réaliser des économies.

Notre dossier COVID-19 : ce qu'il faut savoir

Les critiques

Toutefois, avec une facture totalisant plus de 86 millions de dollars sur deux ans et demi, l’idée d’un nouvel organisme gouvernemental ne plaît pas à certains groupes comme la Chambre de commerce des T.N.-O., qui aurait préféré voir l’argent investi ailleurs.

Une opinion qui se retrouve dans les propos de la députée de Kam Lake, Caitlin Cleveland, jeudi soir, alors que la première ministre, Caroline Cochrane, et son équipe d'intervention face à la COVID-19 siégeaient devant le Comité permanent de responsabilisation et de supervision.

Je sais que c’est une pandémie et que la sécurité est primordiale, mais les citoyens dans ma circonscription se demandent si le gouvernement n'a que la COVID-19 dans son champ de vision en ce moment.

Caitlin Cleveland, députée de Kam Lake

Caroline Cochrane dit qu'elle aussi a entendu ces inquiétudes, mais que tous les gouvernements doivent actuellement dépenser plus pour faire face à la pandémie.

Caroline Cochrane au lutrin, devant quatre de ses ministres.

La première ministre des Territoires du Nord-Ouest, Caroline Cochrane, devant quatre de ses six ministres.

Photo : Radio-Canada / Mario De Ciccio

Où iront les 86 millions?

Les représentants du gouvernement ont souvent répété, jeudi, que la facture de 86 millions de dollars inclut déjà les coûts estimés pour la réponse actuelle à la COVID-19, sans le secrétariat.

Selon le gouvernement, la mise en place du secrétariat ne représente que 5,2 millions de dollars de ce montant, une somme qui servira surtout à la gestion de l’organisme et à une meilleure communication.

La somme de 47 millions de dollars sera dépensée dans les quatre centres d’isolement du territoire qui permettent la mise en quarantaine des résidents des petites collectivités ou des personnes qui ne peuvent pas rentrer chez elles.

En comité permanent, Rylund Johnson a critiqué l'ampleur de cette dépense en indiquant que le gouvernement pourrait faire des économies si l’arrivée de tests plus rapides permettait de réduire les périodes d’isolement obligatoire.

Rylund Johnson à l'Assemblée législative.

Rylund Johnson est le député de Yellowknife Nord.

Photo : Radio-Canada / Mario De Ciccio

 Avec aucun cas de la COVID-19 au territoire, je ne suis pas convaincu que toutes les personnes qui vivent dans les petites collectivités devraient s’isoler dans les centres d’isolement, croit-il. Beaucoup de membres des collectivités reliées par les routes m’ont dit vouloir s’isoler chez eux.

La première ministre n’a pas fermé la porte à cette idée en indiquant qu'elle faisait partie des discussions. 

 S’il y a des options qui sont faisables, qui ne pénalisent pas les pauvres ou les petites collectivités, nous sommes heureux de les écouter, affirme Caroline Cochrane. Nous reconnaissons que les coûts sont extrêmes, mais nous devons faire des choix.

L'hôtel Chateau Nova.

Les Ténois qui reviennent au territoire doivent s'isoler à Fort Smith, à Hay River, à Yellowknife ou à Inuvik, chez eux ou dans un des centres d'isolement payé par le gouvernement, comme dans cet hôtel de Yellowknife.

Photo : Catherine Pigott/CBC

Le nombre de nouveaux emplois reste incertain

Depuis la création du secrétariat, le gouvernement est resté plutôt vague sur le nombre de nouveaux emplois qui seront créés.

Les différents groupes d'intervention dans la pandémie comptent actuellement 163 postes. La plupart sont occupés par des employés venant d’autres départements qui y ont été redéployés.

Le secrétariat comptera 150 postes, dont 86 ont déjà étés pourvus par des employés qui, pour la plupart, ont fait la transition à partir de leur ancien département. 

Des gens discutent avec des agents de la santé publique.

Le secrétariat rassemblera au sein du ministère de la Santé et des Services sociaux les différents groupes d'intervention contre la pandémie créés depuis le mois de mars, comme le 811 et le Groupe de travail sur l’application et le respect des mesures d’urgence.

Photo : Radio-Canada / Mario De Ciccio

Le gouvernement indique que seulement 10 nouveaux postes ont été créés pour mettre en place le secrétariat, mais n’est pas en mesure de dire combien d’autres emplois devront être créés pour remplacer les employés qui sont passés dans ce secrétariat.

Par courriel, un porte-parole du gouvernement a indiqué que ce sera aux différents ministères de décider s’ils veulent remplacer ces postes en fonction de leurs besoins. 

Il indique toutefois que l’objectif du secrétariat est de permettre au gouvernement de reprendre ses activités habituelles.

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