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Des villes ontariennes prêtes à prendre les rênes dans la lutte contre la COVID-19

Un couple portant le masque traverse la rue à Ottawa.

Des municipalités ontariennes se préparent à affronter la deuxième vague de coronavirus.

Photo : Radio-Canada / Michel Aspirot

Thalia D’Aragon-Giguère

Alors que le gouvernement Ford dévoile graduellement son plan pour faire face à une deuxième vague de COVID-19 dans la province, des municipalités ontariennes envisagent des mesures supplémentaires afin de ralentir la propagation du virus dans leur région.

Si le premier ministre Doug Ford n’a toujours pas précisé s’il comptait mettre en vigueur les recommandations formulées par des experts au sujet de nouvelles restrictions, certaines villes ontariennes parmi les plus touchées par le coronavirus se préparent à affronter la phase de résurgence.

Les villes sur le qui-vive

Réduire les heures d’ouverture des bars et des restaurants, limiter davantage les rassemblements sociaux et étendre le port du masque dans les milieux de travail, la Ville de Toronto est prête à adopter des mesures supplémentaires qui permettraient de limiter les effets d’une seconde vague.

Le maire de Toronto, John Tory, parle devant un micro

Le maire de Toronto, John Tory.

Photo :  CBC / Michael Wilson

Nous faisons tout ce qui est en notre pouvoir pour sauver des vies, protéger la santé publique et maintenir notre économie ouverte, a mentionné le maire de Toronto, John Tory, en conférence de presse mercredi.

C'est le défi de la résurgence d’empêcher la propagation du virus sans instaurer un autre confinement.

John Tory, maire de Toronto

Le maire de la Ville Reine souhaite ainsi viser certains secteurs de l’économie sans toutefois paralyser l’ensemble de la métropole.

Même son de cloche dans l’Est ontarien où la médecin hygiéniste en chef d’Ottawa, la Dre Vera Etches, a souligné, en conférence de presse, l’importance d’avoir une approche ciblée à la source des risques de transmission.

La Dre Vera Etches parle dans un micro à côté de Jim Watson.

La médecin hygiéniste en chef d'Ottawa, la Dre Vera Etches, accompagnée du maire d'Ottawa, Jim Watson.

Photo : La Presse canadienne / Justin Tang

Je ne veux pas retourner à une situation où tout est fermé, a-t-elle précisé.

Le maire d’Ottawa, Jim Watson, souhaite également augmenter les capacités de dépistage de la COVID-19 dans la capitale fédérale. Ce n’est pas acceptable d’avoir une attente qui dure cinq ou six heures, a-t-il déploré lors d’un point de presse mercredi.

Il tient notamment à ce que les centres de dépistage aient les ressources nécessaires pour faire face aux conditions hivernales et éviter que les Ottaviens se retrouvent à l’extérieur sans toit ni protection.

Le bureau de santé publique de la région de Peel surveille quant à lui l’état de la transmission du coronavirus dans les milieux de travail en focalisant sur les secteurs du transport, de la fabrication et de l’alimentation.

Le médecin hygiéniste en chef de la région, le Dr Lawrence Loh, indique également être en pourparlers avec le gouvernement fédéral afin d’ouvrir un centre d’isolement comme à Toronto.

Nous essayons de briser la chaîne de transmission entre les lieux de travail, les résidences privées et les rassemblements sociaux.

Dr Lawrence Loh, médecin hygiéniste en chef de la région de Peel

Il assure que des mesures sanitaires supplémentaires seront envisagées en fonction de l’évolution de la situation et des indicateurs de contamination dans la région.

Nous explorons la possibilité de mettre en place des restrictions supplémentaires sur les rassemblements sociaux tels que les mariages et les cérémonies dans les lieux de culte, a spécifié le Dr Loh, tout en reconnaissant l’importance de la pratique religieuse dans la communauté.

Un jeu d’influence politique

Les villes se doivent de jouer ce rôle de leader, croit Marc Chénier qui est directeur général de l’Association française des municipalités de l’Ontario.

Il y a des décisions difficiles à prendre et les conseils municipaux en sont conscients, affirme-t-il. Ils sont souverains et ont le pouvoir de décider et d’adopter des règlements.

Un autocollant sur une porte de magasin indique que le port du masque est obligatoire.

Les municipalités ont été les premières à imposer le port du masque obligatoire dans les commerces et les lieux publics intérieurs.

Photo : CBC/Anjuli Patil

D’après M. Chénier, un jeu d’influence est en cours dans les coulisses du pouvoir en prévision d’une seconde vague de coronavirus dans la province.

Je suis certain que les conseils municipaux [...] pourraient forcer le gouvernement à agir.

Marc Chénier, directeur général de l’Association française des municipalités de l’Ontario

Les villes sont généralement en mesure d'adopter des règlements plus rapidement que les gouvernements provincial et fédéral, et ce, dans les limites de leurs compétences, explique M. Chénier.

Selon lui, les municipalités ontariennes sont aux aguets et se préparent à faire face à une flambée de nouveaux cas de coronavirus.

Si la situation varie largement d’une région à une autre, M. Chénier a bon espoir que les conseils municipaux seront prêts à assurer le leadership nécessaire si la province faillit à la tâche.

Avec des informations de Camille Gris Roy

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