•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

LIVRES | « Un jour viendra couleur d'orange » : entre indignation et espoir

Le neuvième roman de Grégoire Delacourt, Un jour viendra couleur d'orange, est paru en août dernier.

Le neuvième roman de Grégoire Delacourt, «Un jour viendra couleur d'orange», est paru en août dernier.

Photo : Radio-Canada / Olivia Laperrière-Roy

Le neuvième ouvrage de l'écrivain français Grégoire Delacourt, Un jour viendra couleur d'orange, brosse le portrait d'une France divisée, gangrenée par l'injustice et la peur de l'autre, dont le seul espoir est peut-être l'amour.

Un jour viendra couleur d'orange est une chronique de la France actuelle, dont le titre est emprunté à un poème d'Aragon intitulé Un jour, un jour.

C'est un poème où il critique la menace grise qui envahit l'Europe et qui deviendra la Deuxième Guerre mondiale, raconte l'auteur. Et malgré les menaces terrifiantes, il continue de croire qu'un jour viendra couleur d'orange, qu'un jour les hommes s'aimeront.

Cette inquiétude et cette espérance habitent tout le roman de Grégoire Delacourt.

L'écrivain Grégoire Delacourt

L'écrivain Grégoire Delacourt

Photo : JF Paga

La colère gronde dans ce nouveau récit qui retrace le parcours d'une famille française, dont la mère est infirmière et le père vigile à mi-temps après avoir perdu son emploi.

Tout naturellement, Delacourt a fait du personnage de Pierre — le père — un gilet jaune, afin qu'il exprime lui aussi une colère du moment notamment celle d'avoir un fils différent, explique l'ancien publiciste.

Geoffroy qui fait l'oiseau. Qui tape sa tête contre les murs. Qui couvre de ses mains ses oreilles parce qu'il y a trop de bruit. Geoffroy. Cette étrangeté. Un bébé, et personne dedans. Alors Pierre s'était éloigné.

Extrait du roman de Grégoire Delacourt, « Un jour viendra couleur d'orange »

Cette histoire, c'est aussi, et peut-être surtout, celle Geoffroy, 13 ans, atteint du syndrome d'Asperger et aimant plus que tout la nature.

Geoffroy est le personnage principal, confirme l'auteur. Il est à l'origine du livre. Il voit le monde d'une manière extrêmement différente de la nôtre. Peut-être plus scientifique, plus mathématique, plus raisonné et raisonnable? D'ailleurs, il va ranger le monde par couleur, ses émotions vont être rangées par couleur du rouge au noir.

Tout le roman est d'ailleurs construit autour de cette façon de voir le monde. Chaque chapitre a une couleur pour titre.

Cette colère, c'est aussi celle de l'auteur

C'est vrai que je suis aussi en colère. Je trouve que le monde marche sur la tête. Je trouve qu'on n'aime plus les gens, qu'on ne fait plus attention aux gens. Je pense qu'il y a une fracture extrêmement importante en France entre ceux qui nous dirigent et ceux qui sont dirigés.

Dans Un jour viendra couleur d'orange, Delacourt passe de l'intime au social avec aisance. Il décrit avec talent les aspirations et les humiliations des cols bleus.

On veut juste une vie juste, avait réclamé Pierre, et ils avaient tous été d'accord. Ils avaient même fabriqué une banderole avec ces mots qu'ils avaient trouvés chantants sans savoir que dans cette vie juste que réclamait Pierre, il y avait tout le poids de ses chagrins, de ses défaites de père, ses abandons d'époux, ses colères.

Extrait du roman de Grégoire Delacourt « Un jour viendra couleur d'orange »

Certains lui reprocheront ses phrases trop bien tournées pour décrire la misère, mais c'est ainsi, l'homme est un éternel optimiste, voire même un romantique. Car c'est dans l'amour et la beauté que ses personnages trouveront la rédemption.

Pour Grégoire Delacourt, l'amour est une forme de poésie et celle-ci n'a jamais tué personne. Une option qu'il préfère à la colère même si pour lui, l'expression de la colère est surtout l'expression d'une grande espérance.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !