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Ces formations qui exigent d'être données hors ligne

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La ville de Lévis met en ligne un guichet unique pour venir en aide aux entreprises en quête de main d'oeuvre.

Pour des milliers d'étudiants, la rentrée postsecondaire se fait cette année à la maison, face à un ordinateur, mais certaines matières ne peuvent être enseignées uniquement par Internet. C'est le cas des métiers spécialisés, comme soudeur, électricien ou chef cuisinier.

Dans ce cours de l'Institut de technologie du nord de l'Alberta (NAIT), les élèves sont particulièrement attentifs aux indications des instructeurs. Chaque heure de formation dans cet atelier de mécanique d'équipement lourd les rapproche un peu plus de leur objectif : un diplôme et un nouveau métier avec un meilleur salaire.

J'étais foreur dans les champs de pétrole. C’est un métier très dangereux qui m'empêchait de voir ma famille, explique Shane Thomas, 45 ans, qui a décidé il y a deux ans de retourner étudier, espérant une nouvelle vie.

Comme ses camarades de classe, cet Albertain originaire de Grande Prairie a passé 10 mois en entreprise et 2 mois en classe pendant ses 2 premières années d'études. Il a entamé, à la fin du mois d'août, sa troisième et dernière année dans des conditions bien particulières.

Une vue de haut d'une formation de mécanique.

Les classes sont divisées en groupe de deux, au lieu de trois.

Photo : Radio-Canada / Axel Tardieu

Un immeuble quasiment vide

Avant la pandémie, plus de 120 personnes se croisaient tous les jours dans les couloirs du NAIT. Pour diminuer le nombre de personnes fréquentant l'établissement, les apprentis passent dorénavant trois jours à étudier à domicile et deux jours en atelier pour les travaux pratiques.

Les classes sont passées de 24 à 14 élèves présents au même moment. Un instructeur a été ajouté aux deux qui sont habituellement présents dans la classe, et les étudiants sont en binôme.

Avant, nous formions des groupes de trois, et nous les interchangions souvent, explique Joe Leder, qui donne ce cours de mécanique d’équipement lourd depuis 13 ans.

Un homme avec un masque dans un atelier de mécanique.

Les instructeurs s'adaptent au jour le jour avec les nouvelles restrictions.

Photo : Radio-Canada / Axel Tardieu

Si étudier l’économie ou la philosophie peut s’adapter au format à domicile, les cours par Internet sont loin d’être le scénario idéal pour les métiers manuels. L'essentiel n'est pas de comprendre, mais de savoir bien faire, dit Joe Leder.

On a besoin de voir l'étudiant manipuler manuellement les boutons pour s'assurer qu'il a bien compris.

Les élèves ont bien dû s’adapter. Ce n'est pas facile de suivre les cours en ligne sans enseignant face à soi, mais les logiciels qu'on utilise sont vraiment bien, et les instructeurs restent souvent connectés pour nous aider après au besoin, ajoute Shane Thomas, l’aîné de la classe, qui se félicite d’avoir les mêmes notes qu’avant, malgré le nouveau système.

Poser des questions

Le plus gros problème de l’enseignement, c'est la difficulté de construire une relation enseignant-élève.

Face à face, on peut lire le langage du corps et voir les expressions du visage pour savoir si l'élève a vraiment compris ce qui a été expliqué pendant le cours, dit Joe Leder. Il avoue qu’il lui faut plus de temps pour mettre à l’aise des étudiants souvent réticents à poser des questions.

Les étudiants aimeraient avoir plus d'heures en classe pour apprendre plus vite et éviter certaines complications pratiques. Parfois, il y a des problèmes de connexion Internet, affirme Satwinder Singh, 29 ans. Vous savez, on est mécaniciens, nous, pas informaticiens. J'ai déjà eu des bogues et perdu tout mon travail.

Avec les masques de protection et l’écran facial, il est difficile de s’entendre et de se faire entendre. Les apprentis comme les instructeurs se disent plus fatigués en fin de journée, mais heureux d'être là. Il faut bien vivre avec son temps, plaisante Shane Thomas.

Deux apprentis sont assis sur une table et prennent des notes pendant un cours de mécanique.

Les apprentis doivent porter un masque et un écran facial toute la journée.

Photo : Radio-Canada / Axel Tardieu

Des apprentis moins qualifiés?

Au NAIT, 31 % des cours sont donnés uniquement en ligne. Les licences de comptabilité et de marketing font partie de cette liste, alors que des formations, comme celle en Radio et Télévision, demandent un mélange entre le virtuel et le réel.

À l'Université de l'Alberta, 91 % de l'enseignement est donné sur Internet, alors que l'Université de Calgary est en ligne à 84 % cet automne.

Le risque, pour ces formations qui ne peuvent pas se passer de pratique, c’est de finir l’année avec un diplôme, mais des aptitudes incomplètes, croient les enseignants.

On pourrait voir des entreprises mettre en place leur propre système de formation pour s’assurer que leurs nouvelles recrues sont à la hauteur de leurs exigences, estime l’instructeur Joe Leder.

Contactés par Radio-Canada, le ministère albertain de l’Éducation supérieure et la branche provinciale de l’Union internationale des opérateurs ingénieurs disent, pour l’instant, avoir confiance dans le niveau qu’auront les apprentis arrivant sur le marché du travail cette année.

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