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C’est parti pour des bâtiments de 12 étages en bois massif

Un employé dépose deux planches de deux par quatre sur un chariot élévateur.

Un employé d'un commerce de matériaux de construction charge des planches de bois sur un chariot élévateur (archives).

Photo : La Presse canadienne / DARRYL DYCK

Ezra Belotte-Cousineau

Le Code national du bâtiment du Canada sera officiellement publié en décembre 2021. Toutefois, alors que le document est en cours de validation après l’examen des commentaires du public, de nouvelles mesures annoncées font déjà le bonheur de l’industrie de la construction.

Jusqu’à 12 étages en bois massif

De l’aveu même d’André Laroche, gestionnaire solutions de régulation au Conseil national de recherches Canada (CNRC), le principal changement au code du bâtiment 2020 est la nouvelle autorisation de construire des immeubles allant jusqu'à 12 étages, en bois massif encapsulé.

André Laroche est assis sur un tabouret.

André Laroche, du Conseil national de recherches Canada, participe à la rédaction du Code national du bâtiment 2020.

Photo : avec l'autorisation du Centre national canadien de recherche

Cette nouveauté est le résultat des recherches de divers institutions et organismes canadiens qui participent à l’élaboration du Code du bâtiment avec le Conseil national de recherches Canada.

On a une variété de personnes avec différents champs d’expertise qui font partie des comités permanents qui analysent les demandes et développent des mesures pour être introduites au Code national du bâtiment.

André Laroche, gestionnaire solutions de régulation au Conseil national de recherches Canada

Notez que le Code du bâtiment du Canada est uniquement un modèle offert aux provinces, qui peuvent alors déterminer elles-mêmes quels segments des recommandations elles veulent intégrer dans leur propre loi provinciale.

L’enjeu de la sécurité

Un élément en bois massif encapsulé prend un temps beaucoup plus important pour se consumer et pour perdre ses propriétés structurelles comparé à des éléments en 2/4, par exemple.

André Laroche, gestionnaire solutions de régulation au Conseil national de recherches Canada

C’est cette propriété de résistance au feu du matériau qui lui permet maintenant d’être utilisé pour bâtir des immeubles allant jusqu’à 12 étages. André Laroche souligne cependant que des restrictions ont été imposées, concernant notamment l’exposition de ces matériaux.

Un pompier tente d'éteindre un feu dans une remise.

Le Code national du bâtiment prend en considération les propriétés de combustion des différents matériaux (archives).

Photo : Radio-Canada / Ezra Belotte-Cousineau

L’industrie se réjouit

Selon Kevin McKinley, président du Conseil canadien du bois (CNB), la nouvelle réglementation concernant le nombre d’étages comporte un grand potentiel de création.

Il soutient qu’il y a eu d’importantes avancées dans le domaine de la construction en bois, notamment pour les maisons de taille moyenne.

On avance vers une approbation finale du Code qui va donner au moins une base technique et scientifique pour mettre quelque chose en place pour l’Ontario.

Kevin McKinley, président du Conseil canadien du bois

Des projets en bois ambitieux

Un contenu vidéo est disponible pour cet article
Le bâtiment Brock Commons en travaux sur le campus de l'Université de la Colombie-Britannique à Vancouver.

Le gratte-ciel en bois de Vancouver

Photo : UBC

Kevin McKinley souligne que la Colombie-Britannique et l’Alberta ont adopté des dispositions développées par le CNB pour les immeubles en bois massif dans leurs propres codes du bâtiment. D’ailleurs, l’un des plus grands édifices en bois au monde est l'immeuble d'habitation construit sur le campus de l'Université de la Colombie-Britannique (UBC) à Vancouver. Il mesure 53 mètres pour 18 étages.

Il faut cependant noter que cet immeuble est considéré comme hybride, puisqu’il est composé de bois massif, mais aussi d’autres matériaux. Pour pouvoir s'élever sur 18 étages, le projet avait profité d’une clause dérogatoire d'innovation.


Le président du Conseil canadien du bois mentionne aussi le complexe Arbora de Montréal qui, en superficie, est un des plus gros complexes, en bois au monde.

Le projet « Arbora » dans Griffintown, à Montréal.

Le projet Arbora dans Griffintown en construction, à Montréal (archives).

Photo : Radio-Canada

En plein cœur du quartier Griffintown de Montréal, l'ensemble domiciliaire a été construit grâce à une structure de bois. L’immeuble fait 8 étages, pour un total de 450 logements.

Pourquoi le bois?

L’augmentation de l’attrait des constructions en bois a été relevée par l’industrie. Si, pour cette dernière, il s’agit plutôt d’une recherche d’un meilleur rapport qualité-prix, pour les consommateurs, selon André Laroche, il s’agit plutôt de goûts personnels.

Certains vont choisir le bois parce qu’il a une certaine prestance, parce que c’est un matériel qui est noble. [...] Cela va leur permettre d’optimiser leur conception de ce qu’un bâtiment peut être.

André Laroche, gestionnaire solutions de régulation au Conseil national de recherches Canada
Schéma où l'on voit le circuit de production et d'utilisation du bois dans la construction.

Selon la Société d'habitation du Québec, pour chaque mètre carré de bois employé en construction, une tonne de CO2 est évitée (archives).

Photo : CEI-Bois/EPF

André Laroche conclut que ces matériaux ont des performances équivalentes à celles du béton ou de l’acier, et [que] cela permet aux concepteurs d’être innovateurs, et aux consommateurs de trouver enfin des composantes qui répondent parfaitement à leurs besoins et à leurs valeurs.

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