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Entente entre Ford et Unifor : un grand soulagement pour les travailleurs ontariens

L'usine d'assemblage de voitures Ford à Oakville, en Ontario.

L'entente de principe entre Ford et Unifor prévoit la construction d'un nouveau moteur et de 5 modèles de véhicules électriques en Ontario.

Photo : La Presse canadienne / Chris Young

La survenue d’une entente de principe mardi organisant l’avenir de la production automobile du constructeur américain Ford au Canada redonne de l’espoir aux travailleurs de l’automobile de l’Ontario.

Unifor avait choisi Ford pour démarrer des négociations afin de renouveler la précédente entente qui était arrivée à échéance le 21 septembre, dans l’espoir que l’accord obtenu servirait pour des négociations suivantes avec General Motors (GM) et Fiat Chrysler Automobiles (FCA).

Une somme de 1,95 milliard de dollars devrait être investie dans les usines de Windsor et d'Oakville pour la production d’un nouveau moteur et de cinq modèles de véhicules électriques d'ici 2028.

C’est une bonne chose pour le futur des employés. Ford va rester au Canada. Ici à Chrysler on a perdu juste un shift. Ça n’affecte pas juste nous autres. Il y a les petites usines qui bâtissent des pièces pour nous. Elles aussi ont du monde qui perdent leur emploi.

Denis Désaulniers, travailleur chez Chrysler.

Pour Denis Désaulniers, l’économie de Windsor et de certaines régions de l’Ontario est intimement liée à l’industrie automobile. Ne pas atteindre des ententes serait tout simplement catastrophique selon lui.

Un avis que partage John D'Agnolo, président de la section locale du syndicat Unifor. Quand nous pensons à ce que Windsor a traversé, à l’histoire de la région, nous n’avions que 1200 travailleurs à une époque alors qu’au sommet de l’industrie nous en avions 6300. Nous savons ce qu’est une situation difficile, affirme-t-il.

Se tourner vers le futur

Le président d’Unifor, Jerry Dias, s’était alarmé quelques semaines plus tôt, du manque de présence du Canada sur le marché de la construction des véhicules électriques, une situation qui devrait commencer à changer avec les investissements de Ford à Oakville.

Le fait que ces investissements structurants soient dirigés vers l’avenir de la motorisation, c’est-à-dire les véhicules électriques, ça place le Canada dans une situation où il pourra devenir très concurrentiel sur le plan international.

Yan Cimon, professeur de stratégie à l'Université Laval

Le professeur de stratégie Yan Cimon ajoute que cet accord-cadre permettra de meilleures négociations avec les autres constructeurs, en lien avec les nouvelles technologies notamment, même s’il reconnaît que FCA a sans doute un positionnement moins avantageux dans ce type de technologie.

Il ajoute néanmoins qu’au-delà des installations d’Oakville et Windsor, cette entente permettra la croissance de tout un écosystème de fournisseurs, à un moment où de plus en plus de décisions stratégiques laissent entrevoir une ruée vers l’électrique.

Le professeur Yan Cimon de l'Université Laval

Le professeur Yan Cimon de l'Université Laval

Photo : capture d'écran/Skype

La Californie a annoncé mercredi qu’à partir de 2035 toutes les voitures neuves vendues sur son territoire ne devront plus produire d’émissions. L'État américain rehausse ainsi son plan déjà contesté par Washington de réduction des gaz à effet de serre.

La décision de la Californie vient ajouter encore plus de poids à l’annonce qui a été faite à Ford. C'est-à-dire que le virage électrique n’est pas qu’un virage étranger, européen ou asiatique. Il est impératif pour le Canada et pour les constructeurs établis en sol canadien de bien se positionner pour ce virage-là, affirme M. Cimon.

La nouvelle est bien accueillie dans l’ensemble par les travailleurs, de Ford notamment, qui craignaient de devoir faire grève.

Ils ne connaissent pas encore les détails de l’entente qui leur seront communiqués dimanche. L’entente devra ensuite être ratifiée. Les travailleurs de Fiat Chrysler seront les prochains à la table de négociation, suivis de GM.

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