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Les booms économiques existent encore en Alberta

La construction du pipeline Keystone XL a doublé temporairement la population du village d'Oyen, en Alberta.

Des tuyaux sont empilés les uns sur les autres.

Le chantier de la portion albertaine de l'oléoduc Keystone XL permet à la petite municipalité d'Oyen de vivre un boom économique.

Photo : Radio-Canada / Kyle Bakx

À quelques kilomètres de la frontière avec la Saskatchewan, le village d’Oyen a trouvé sa cure contre les effets de la pandémie et de la récession économique qui touche toute la province. En terre albertaine, le traitement n’est pas révolutionnaire : il se nomme pipeline.

TC Énergie et son sous-traitant Michels Canada ont établi dans cette petite municipalité de 1000 habitants leur chantier de construction de la portion albertaine du pipeline Keystone XL. Environ 270 kilomètres de tuyaux doivent être mis en terre entre Hardisty et la frontière avec la Saskatchewan.

Une carte du Canada et des États-Unis. Une ligne verte relie Hardisty, en Alberta, à Steele City, au Nebraska. Une ligne noire relie quant à elle Hardisty à Houston et Port Arthur, au Texas.

En vert, le tracé du nouveau pipeline Keystone XL proposé qui relierait l'Alberta au golfe du Mexique, et en gris, le tracé du pipeline existant.

Photo : Radio-Canada

Aux portes du village, des rangées de bâtiments préfabriqués s’ajoutent au paysage agricole. Environ 850 travailleurs vivent là pendant la durée du chantier. En hiver, au plus fort de la construction, ils seront 1000, ce qui doublera la population de la municipalité.

Le maire d’Oyen, Doug Jones, ne peut cacher son enthousiasme.

C’est énorme [...] Cela a ravivé l’activité économique de la région.

Doug Jones, maire d'Oyen

Tous les travailleurs ne peuvent en effet loger sur le chantier. Rien qu’en loyer et en nuitées d'hôtel, ces résidents temporaires injectent 50 000 $ par mois dans la communauté, selon l’agente de développement économique Wanda Diakow.

Une pancarte d'hôtel affiche complet, « No vacancy », en anglais.

L'afflux de travailleurs a rempli tous les hôtels et les logements d'Oyen.

Photo : Radio-Canada / Kyle Bakx

À l'Overtime, le pub du coin, la propriétaire, Charlene Carlson, décrit ce coup de pouce comme les mois d’été les plus achalandés qui se prolongent toute l’année. Selon elle, l’afflux de travailleurs se répercute dans tous les commerces, des épiceries aux magasins d’alcool, en passant par les fleuristes.

Les bienfaits sont toutefois plus qu’économiques, selon elle. C’est une région majoritairement conservatrice. Alors cela remonte le moral des gens de voir que l’industrie [pétrolière] n’est pas encore morte, estime-t-elle.

Soutien fort aux pipelines

Le boom est d’autant plus bienvenu que le tissu social de cette communauté est marqué par le sport, notamment le baseball. Toutes les compétitions ont cependant été annulées à cause de la pandémie.

Impossible, dans ce contexte, de trouver un habitant critique de l’industrie et de l’investissement provincial de 1 milliard de dollars dans le projet d’oléoduc.

Bien au contraire, le propriétaire de l’épicerie T&D Foods, Doug Dingman, soutient le projet dans son intégralité. C’est vraiment important pour l’Alberta. Nous avons besoin que [le pipeline] aille jusqu’aux États-Unis. Nous avons besoin du pétrole pour relancer l’économie en Alberta, affirme M. Dingman.

Je comprends la transition vers les énergies renouvelables et qu’on doit atteindre ce but, mais ce n’est pas pour tout de suite. Pour l’instant, nous avons encore besoin des énergies fossiles.

Un miniboom temporaire

Les habitants ne sont toutefois pas dupes et savent que leur miniboom n’est que temporaire. Ce n’est pas la première fois qu’ils en font l’expérience, puisque le village a été le chantier du premier oléoduc Keystone, il y a une dizaine d’années.

Toutes les tables du pub sont occupées par des hommes.

Le pub d'Oyen est régulièrement plein grâce aux travailleurs de la construction du pipeline Keystone XL.

Photo : Radio-Canada / Kyle Bakx

Cette fois-ci, TC Énergie prévoit être dans la région environ deux ans. C’est pourquoi au pub Overtime, Charlene Carlson n’oublie pas de choyer les personnes du coin. Mon coeur est avec les gens du coin parce qu’ils font le succès de notre commerce, explique-t-elle.

Le maire a la même philosophie. C’est sûr que nous ne serons pas aussi occupés, mais cela aura aidé les commerces qui souffrent de la pandémie, dit-il.

Nous retournerons à la normale.

Doug Jones, maire d'Oyen

D’ici là, il espère que la pandémie ne sera plus qu'un souvenir et que les compétitions sportives pourront à nouveau rythmer la vie d’Oyen.

Avec les informations de Kyle Bakx et Tony Seskus

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