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Brenda Robertson a marqué l'histoire politique du Nouveau-Brunswick

Brenda Robertson a marqué l'histoire politique au Nouveau-Brunswick.

Brenda Robertson a marqué l'histoire politique au Nouveau-Brunswick.

Photo : Radio-Canada / Archives

Brenda Robertson, première femme à se tailler une place à l'Assemblée législative du Nouveau-Brunswick, a ouvert bien des portes.

Quand elle a fait son entrée à l'Assemblée législative, à Fredericton, en 1967, il n'y avait même pas de salle de bains pour les femmes dans l'édifice.

Brenda Robertson.

Brenda Robertson, première femme élue à l’Assemblée législative du Nouveau-Brunswick, est décédée, annonce sa famille.

Photo : Gracieuseté/Famille Robertson

Sûre de ses moyens et fonceuse, elle est notamment devenue ministre de la Santé et ministre responsable de la Réforme des programmes sociaux, dans le gouvernement progressiste-conservateur du premier ministre Richard Hatfield. Elle a été sénatrice à Ottawa jusqu'à sa retraite, en 2004.

Brenda Robertson est décédée, mercredi, à l'âge de 91 ans, à Riverview.

Jean-Pierre Ouellet, qui était également ministre provincial dans la même période, parle d'elle avec admiration.

C'est une femme qui avait du caractère, rappelle-t-il. Elle ne se laissait pas marcher sur les pieds et elle prenait sa place au sein du Cabinet.

Malgré son sourire, Brenda Robertson pouvait faire preuve de fermeté.

Malgré son sourire, Brenda Robertson pouvait faire preuve de fermeté.

Photo : Radio-Canada / Archives

Un autre ex-ministre progressiste-conservateur de cette époque, Omer Léger, lui voue également un grand respect.

Mme Robertson, lorsqu'elle était convaincue d'un sujet, elle devenait convaincante, se souvient-il. Elle s'exprimait très bien et clairement. Les commentaires de madame Robertson étaient écoutés et généralement respectés.

Témérité et audace

Brenda Robertson avait du cran et a su faire sa place en politique, un monde d'hommes.

Le travailleur social indépendant Claude Snow a été aux premières loges pour constater qu'elle ne lésinait pas sur les moyens quand elle voulait faire bouger les choses. En 1973, il était le directeur du bureau des services sociaux à Tracadie.

Des bénéficiaires de l'aide sociale en colère, à Tracadie, en 1973.

Des bénéficiaires de l'aide sociale en colère, à Tracadie, en 1973.

Photo : Archives L'Évangéline

Plusieurs dizaines de bénéficiaires de l'aide sociale, insatisfaits de leur sort et des règles en établies, fomentaient une révolte. Leur chef de file laissait planer publiquement une possible occupation des bureaux de Tracadie.

La ministre Robertson s'est assuré de la présence de policier puis a fait cadenasser les portes des bureaux, se souvient Claude Snow. Puis, elle est arrivée par avion à Bathurst pour venir régler les choses à Tracadie.

Brenda Robertson

Brenda Robertson à son arrivée à l'aéroport de Bathurst, à l'automne 1973, accompagnée du sous-ministre William Morrissey. À gauche, Claude Snow.

Photo : Archives L'Évangéline

Elle est arrivée en pleine nuit, raconte-t-il. Et elle a fait une réunion publique. Puis, elle avait tous les dossiers devant elle. Quand on parle de la confidentialité, une telle chose serait impensable aujourd'hui. Elle ouvrait les dossiers et elle disait : ''toi, tu n'y as pas droit, c'est fini'' et elle fermait le dossier... ''et toi, je te donne 150 $... c'est fini'', puis elle refermait le dossier. Il fallait vraiment le faire, mais c'était une autre époque. Ça prenait de la témérité et de l'audace.

Une alliée des francophones

Brenda Robertson était plus progressiste que conservatrice, insiste son ancien collègue Jean-Pierre Ouellet. Il rappelle par ailleurs à quel point cette grande femme avait développé une sorte de complicité avec les francophones qui tentaient d'améliorer leur sort.

Brenda Robertson

Même si elle évoluait dans un monde d'hommes, elle était de tous les combats, souligne son ex-collègue Jean-Pierre Ouellet.

Photo : Radio-Canada / Archives

Même si c'était une francophone qui parlait peu français, elle était extrêmement sensible, dit-il. C'était certainement une alliée pour les francophones. Elle croyait dans les deux langues officielles au Nouveau-Brunswick. C'est certain qu'on pouvait compter sur l'appui de Mme Robertson sur les dossiers qui touchaient l'ensemble de la francophonie au Nouveau-Brunswick. Je lui en suis reconnaissant.

Elle était très consciente des enjeux de la francophonie.

Jean-Pierre Ouellet, ex-ministre progressiste conservateur du N.-B.

Je me souviens quand le premier ministre a nommé les membres la commission Poirier-Bastarache sur la question des langues officielles, madame Robertson a été une grande défenseure de la cause au cabinet, souligne-t-il.

Un trio politique marquant

Mme Robertson formait, avec le premier ministre progressiste-conservateur Richard Hatfield et son lieutenant francophone, le ministre Maurice Simard, un trio politique qui a marqué l'histoire au Nouveau-Brunswick.

Les trois étaient des amis proches. Ils avaient l'habitude de poursuivre les discussions politiques à l'extérieur de l'Assemblée législative dans des restaurants où on les voyait ensemble parler de la gouverne de la province autour d'un repas.

Brenda Robertson nous a quittés alors que le parti au sein duquel elle a brillé est au pouvoir et que les tensions linguistiques sont toujours d'actualité.

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