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Un rapport tout en nuances de gris sur la crise au MBAM

Nathalie Bondil parle devant des murs ornés d'œuvres.

Nathalie Bondil, ancienne directrice et conservatrice en chef du Musée des beaux-arts de Montréal

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Le rapport indépendant de Québec sur la gestion et la gouvernance du Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM) conclut que rien n’est blanc ou noir dans cette crise qui a secoué l’établissement et mené au renvoi de sa directrice générale Nathalie Bondil. La ministre de la Culture et des Communications, Nathalie Roy, entend suivre les recommandations de ce rapport.

La mosaïque de la problématique présente au MBAM est faite de multiples tons de gris : rien n’est tout blanc ni tout noir. Ce sont justement ces zones grises qui révèlent les changements devenus nécessaires et prioritaires pour le maintien d’une saine gouvernance et la pérennité du musée, conclut le rapport indépendant du ministère de la Culture et des Communications du Québec, commandé dans la foulée du renvoi de sa directrice générale et conservatrice en chef.

Le climat de travail, un problème « significatif »

Ce rapport, en bonne partie caviardé pour des raisons de confidentialité, revient notamment sur ce congédiement controversé survenu en juillet dernier.

C'est le conseil d’administration (C.A.) du MBAM qui a procédé à ce congédiement à la lumière d'un rapport qu'il avait commandé à la firme Le cabinet RH et qui avait constaté une dégradation importante et multifactorielle du climat de travail.

Daniel Beaupré, l’expert mandaté par le ministère de la Culture et des Communications, juge valides et crédibles les résultats du diagnostic réalisé par Le cabinet RH.

Le problème du climat de travail au MBAM ne serait en rien superficiel : les perceptions et faits collectés faisaient état d'un problème significatif, écrit-il.

Même si le climat de travail aurait nécessité des interventions bien avant le dépôt du rapport du Cabinet RH, il ne s’est passé que cinq mois, dont près de quatre dans un contexte de pandémie, pour en appliquer les recommandations, nuance cependant l'auteur du rapport. C’est relativement court pour améliorer les processus internes.

De multiples recommandations

Daniel Beaupré préconise de modifier la loi sur le MBAM et le règlement sur l’administration générale afin d’éviter les quiproquos et de préciser les rôles du C.A. ainsi que de la direction générale.

Il est ressorti de cela que la loi du MBAM et son règlement ne sont pas compris de la même manière par toutes les parties prenantes, explique le rapport.

Il conseille de revoir le processus de reddition de comptes envers le ministère et de clarifier également la question des conflits d’intérêts pour les administrateurs et administratrices qui font des dons au musée. Est-il possible de baliser davantage ce qui est permis, et éthique, sans pour autant écarter les donateurs du C.A.?

Autres préconisations : former les membres du C.A., donner plus de responsabilités au directeur ou à la directrice de l’administration, améliorer les pratiques de gestion des ressources humaines et réfléchir à réduire la taille du C.A.

La ministre Roy promet de l'action

Dans un communiqué publié jeudi, la ministre de la Culture et des Communications, Nathalie Roy, a annoncé qu’elle comptait suivre les recommandations proposées dans le rapport indépendant afin que le MBAM adopte une meilleure gouvernance.

À la lecture du rapport soumis par l'enquêteur indépendant, il est clair que des correctifs s'imposent afin d'améliorer la gouvernance du MBAM, a déclaré Nathalie Roy.

Mardi prochain, lors de l’assemblée générale annuelle du MBAM, le musée montréalais se dotera d’un nouveau conseil d’administration.

Québec versant chaque année 15 millions de dollars au MBAM, ce qui représente la moitié des revenus du musée, la ministre entend travailler avec ce nouveau conseil d'administration afin de changer les structures et les pratiques de gouvernance du MBAM ainsi que sa loi constitutive.

Le MBAM espère des discussions « constructives »

Dans un communiqué de presse, le C.A. du MBAM a réagi à la publication du rapport en précisant qu’il prenait acte des recommandations formulées dans le document qualifié de sommaire.

Nous entreprendrons à cet effet des discussions, que nous souhaitons constructives, avec le ministère. Déjà des conversations cordiales ont eu lieu avec le cabinet de la ministre, prélude à des échanges qui permettront de trouver des voies de passage satisfaisantes pour toutes les parties, a indiqué Pierre Bourgie, le nouveau président désigné du C.A.

Par ailleurs, le Musée se concentre actuellement sur l’embauche de la personne qui prendra en main la direction de l’établissement, de manière à définitivement tourner la page sur les événements des derniers mois, a-t-il ajouté.

Démission et poursuite

Vendredi, le président du conseil d’administration du MBAM, Michel de la Chenelière, a annoncé qu’il ne briguerait pas de nouveau le mandat lors de l’assemblée générale annuelle.

Son départ était réclamé par une partie des membres du musée, qui estimaient que le C.A. avait outrepassé ses droits en renvoyant Nathalie Bondil et qui pointaient des irrégularités dans son fonctionnement. Il a laissé sa place à Pierre Bourgie.

Le même jour, Nathalie Bondil a déposé une poursuite contre son ancien employeur. Elle réclame un million de dollars en réparation des dommages moraux causés par leur conduite abusive, illégale et fautive et un autre million de dollars en dommages et intérêts punitifs pour atteinte à sa dignité, son honneur et sa réputation.

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