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Atteint de la COVID-19, un élève témoigne devant ses camarades de la gravité de la maladie

L'école est vue à travers la clôture de sa cour extérieure.

L'école John Pritchard compte une vingtaine de cas de COVID-19.

Photo : Radio-Canada / Trevor Brine

Radio-Canada

Un élève de 7e année de l’école John Pritchard, à Winnipeg, lance un appel à ses camarades après avoir contracté la COVID-19.

L’élève fréquente l'école John Pritchard, un établissement d'enseignement secondaire qui compte au moins 26 personnes infectées par le nouveau coronavirus. Il s'agit de la plus importante éclosion dans une école du Manitoba. L’enseignement à distance a donc été mis en place pour environ 250 élèves.

C'est un peu effrayant, parce qu'on ne s'attend pas à ce que cela frappe vraiment fort dans son école, dit l'élève de 12 ans, dont CBC/Radio-Canada a choisi de protéger l’identité.

On se dit que, comme on est jeune, les jeunes étant ceux qui ont un système immunitaire fort, la COVID-19 ne sera pas si grave, mais c'est quand même un peu effrayant. Alors, restez prudents, dit-il à l’endroit des autres élèves de la province.

Comme un rhume

Le 11 septembre, le préadolescent s’est réveillé en ayant une toux et des éternuements. Pensant qu’il avait un rhume, il est resté chez lui.

Deux jours plus tard, la province a publié un communiqué dans lequel elle annonçait qu’un cas de COVID-19 avait été détecté à l'école John Pritchard après qu’une personne asymptomatique eut été dans le bâtiment du mardi au jeudi de la semaine précédente.

L'élève de 7e année a été testé le 14 septembre et a obtenu son résultat positif le lendemain.

Depuis l'apparition des premiers symptômes, il a perdu l'odorat et le goût. Il a aussi eu quelques difficultés à respirer et il s'est senti constamment fatigué.

Avec un peu de recul, il croit qu'il aurait pu contracter le coronavirus à l'heure du déjeuner lorsque les quatre classes de 7e année ont mangé ensemble dans le gymnase de l'école. Bien que les classes se soient trouvées de part et d'autre du gymnase, il y avait encore environ 80 éléves dans la salle.

Les élèves ne respectaient pas la distanciation physique. Ils parlaient sans porter de masque.

L'élève de 12 ans atteint de la COVID-19

Il ajoute que les boutons à l'extérieur des salles de bains, utilisés pour faire savoir aux autres qu'une place est libre, constituaient également une surface commune. Les enfants appuient dessus, dit-il, mais il n'a vu personne le nettoyer.

Maintenant, l'élève assure qu'il y a environ cinq camarades de sa classe de 7e année qui ont également contracté le virus.

Au début, j’avais honte d’être celui qui est tombé malade, que personne ne voudrait fréquenter. Mais ça a changé quand j’ai appris que des amis étaient eux aussi malades. Ça m’a fait du bien de savoir qu’ils savent comment je me sens, et que, moi aussi, je sais comment ils se sentent.

Les responsables de la santé publique du Manitoba ont mené une enquête assez approfondie et continuent de se pencher sur l'épidémie de l’école John Pritchard, a déclaré le médecin hygiéniste en chef du Manitoba, Brent Roussin. Ce dernier a aussi précisé que les cas touchent à la fois le personnel et les élèves, mais qu'ils sont principalement liés au même groupe-classe.

Assez bonne compréhension de la transmission à l'école

Nous pouvons en tirer des leçons très intéressantes, a déclaré le Dr Roussin, interrogé sur les cas dans cette école, jeudi.

Il explique que les responsables de la santé publique ont une assez bonne compréhension du cas zéro et de la manière dont la transmission s'est produite et travaillent avec l'école pour mieux comprendre l'épidémie.

Brent Roussin ajoute que, même avec l'utilisation de masques, l'espacement et les meilleurs efforts de tout le monde pour suivre les directives, le défi avec la COVID-19 est qu’on ne peut pas baisser la garde.

Les jeunes peuvent avoir des symptômes très légers qui peuvent parfois passer inaperçus, relève-t-il.

De son côté, la Division scolaire River East Transcona affirme travailler afin de s’assurer que toutes les règles sanitaires sont en place et a encouragé la famille de l'élève à parler directement avec l’école à propos de ses inquiétudes.

Beaucoup de détails seront confirmés peu avant la date de retour [à l’école] en collaboration avec la santé publique, a déclaré Amanda Gaudes, coordonnatrice principale des communications, dans un courriel à CBC/Radio-Canada.

Une multitude de symptômes

Presque guéri, le jeune garçon passe ses journées à la maison, alternant entre ses devoirs et des parties de jeux vidéo. Les symptômes de la maladie, comme la perte du goût et de l'odorat, les maux d’estomac et de gorge ou encore la diarrhée, disparaissent et réapparaissent à différents moments, dit-il.

Il remarque que son quotidien avait aussi changé. C'était un peu particulier de devoir porter un masque partout dans la maison et de devoir nettoyer tout ce qu’il touchait, explique-t-il.

J’ai dû rester dans ma chambre la plupart du temps.

Le préadolescent reste tout de même en contact avec ses amis par textos. Certains ont contracté la maladie, et d’autres sont inquiets d'aller à l'école.

Les autres membres de sa famille sont aussi allés passer un test de dépistage après son résultat positif. Tous ont été déclarés négatifs.

Notre dossier COVID-19 : ce qu'il faut savoir

L'école reste en code orange

La mère de l'élève espère que les mesures de distanciation seront mieux appliquées à l'école et dans les autobus qui transportent les élèves entre les écoles, car les expositions ont été liées à la fois aux trajets d'autobus de la Winnipeg Transit et de la Division scolaire River East Transcona.

L'école John Pritchard demeure, pour le moment, dans la zone orange, la deuxième sur le plan de la gravité dans l'échelle de la province. Cela signifie que des mesures supplémentaires sont en vigueur, notamment le maintien de la distance de 2 mètres de distance entre les personnes.

L'élève de 7e année affirme qu'il préférerait que les journées de cours soient alternées, la moitié de sa classe restant à la maison, pendant que l'autre est en classe, afin de garder la distance de 2 mètres tout au long de l'année scolaire.

Il espère qu’en prenant la parole il aidera d’autres élèves à ne pas avoir honte s’ils sont déclarés positifs et que cela permettra d’insister sur l’importance de suivre les règles sanitaires.

Selon des informations d'Erin Brohman

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