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Portneuf : les élèves qui contreviennent aux 2 mètres n'auront pas à payer 560 $

Un contenu vidéo est disponible pour cet article
Photo: Radio-Canada\ Ivanoh Demers
Images génériques de jeunes adolescents quittant une école dans la région de Laval. 

Photo prise rue sur le boulevard Curé-Labelle à Laval, Québec, Canada

Sur la photo: Adolescents, pré-adolescents, adolescence, teenagers, étudiants, études, covid 19, école secondaire. 

Le 22 Septembre 2020 2020/09/22

Le reportage de Guylaine Bussière

Photo : Ivanoh Demers

Félix Morrissette-Beaulieu

Une lettre qui laisse entendre que des étudiants du secondaire s'exposent à des contraventions de 560 $ de la Sûreté du Québec (SQ) s'ils ne respectent pas le deux mètres suscite des réactions de parents de Portneuf. Le Centre de services scolaire de Portneuf a d'ailleurs rectifié le tir, alors que les policiers comptent miser sur la sensibilisation plutôt que la coercition.

Depuis le début de l’année, nous constatons que plusieurs jeunes ont de la difficulté à respecter les règles de distanciation de 2 mètres lorsqu’ils sont à l’extérieur, et ce, malgré les interventions répétées de nos éducateurs, peut-on lire dans une lettre insérée dans un courriel envoyé par le Centre de services scolaire de Portneuf le 23 septembre.

Conséquemment, nous venons d’être avisés par la Sûreté du Québec que les policiers ont reçu le mandat d’émettre des constats d’infraction aux jeunes qui contreviendraient à ces règles. Le montant des amendes s’élève à 560 $ pour une première infraction, peut-on lire.

Compte tenu de la gravité des conséquences, nous tenions à vous en informer rapidement, afin de vous permettre d’en discuter avec vos enfants et ainsi, nous aider à éviter que cela ne leur arrive, ajoute la directrice générale du Centre de service scolaire, Marie-Claude Tardif, dans la lettre.

La SQ, qui a reçu une copie conforme du message, soutient être au courant qu’une telle lettre a été envoyée et fait actuellement des vérifications.

Réactions

En lisant, j’ai fait des bonds en dehors du lit, souligne Lydia Monmart, dont le fils fréquente l’école. Je trouve qu’un montant de 560 $ pour des ados, c’est énorme.

Elle avance que plusieurs parents ont vu leur salaire être réduit en raison de la pandémie. Tout le monde est dans un problème de précarité. Les citoyens, ce n’est pas tout le monde qui peut payer ces montants-là.

Lydia Monmart

Lydia Monmart dit comprendre les efforts mis en place pour limiter la propagation du virus, mais pénaliser les adolescents, compte tenu de leur âge, et leurs parents, n’est pas la solution, selon elle.

Photo : Radio-Canada

Il y en a qui n’écoutait vraiment pas, qu’ils ne mettaient pas leur masque et qui se collaient pareille, renchérit une élève rencontrée aux abords de l’école, qui se dit en faveur de la possibilité de recevoir des amendes.

C’est sûr que ça ne tente pas à nos parents de payer ça, donc on est mieux de respecter, ajoute une amie.

Ma mère m’a dit de faire attention et de respecter la distanciation, précise une autre.

Malentendu et sensibilisation

Par courriel, le ministère de l’Éducation écrit qu’il s’agit d’un malentendu si un tel contenu s’est retrouvé dans un message. Nous avons contacté la directrice générale du Centre de services scolaire à cet effet, et celle-ci en convient, écrit Francis Bouchard, attaché de presse du ministère de l’Éducation.

Un rectificatif a été envoyé un peu plus tard aux parents. D'entrée de jeu et en relisant la communication, force est de constater que le message n'était pas suffisamment clair et portait à confusion, admet Marie-Claude Tardif.

Nous sommes, encore une fois, désolés de la confusion causée par notre communication envoyée hier, ajoute-t-elle.

Des interventions sont d'ailleurs prévues, en concertation avec la santé publique, pour sensibiliser les jeunes, selon le ministère de la Sécurité publique.

La philosophie d’intervention de la Sûreté du Québec en est une avant tout de sensibilisation et de prévention. Ceux-ci ne sont pas [là pour donner] des contraventions aux élèves.

Cabinet de Geneviève Guilbault, ministre de la Sécurité publique

La missive envoyée par le Centre de services scolaire visait à rappeler aux parents l’importance de sensibiliser leurs enfants au respect de la distanciation, conclut l'attaché de presse du ministère de l'Éducation.

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