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Discours du Trône : passer de la parole aux actes pour lutter contre le racisme

Vue des airs, une fresque, peinte sur le sol de la rue Sainte-Catherine à Montréal, une fresque indiquant « La vie des Noir.e.s compte », avec la mention #BlackLivesMatter.

Le mouvement Black Lives Matter est devenu le symbole de la dénonciation du racisme et des violences policières.

Photo : Facebook : Lëa-Kim Châteauneuf, CC BY:SA

Sans surprise, la majeure partie du discours du Trône a porté sur la COVID-19, mais il a aussi été question d’un autre sujet qui mobilise les Canadiens depuis plusieurs mois : la lutte contre le racisme systémique au pays.

Nous savons que le racisme n’a pas pris de pause pendant la pandémie. Au contraire. La COVID a particulièrement touché les Canadiens racisés. De nombreuses personnes [...] ont demandé haut et fort que les choses changent. [...] Le gouvernement a promis de s'attaquer au racisme systémique.

Julie Payette, gouverneure générale du Canada

La plupart des initiatives, comme le programme pour aider les entrepreneurs noirs, avaient déjà été annoncées ou évoquées au cours de l'été, au moment où les manifestations de Black Lives Matter se déroulaient un peu partout en Amérique du Nord.

Julie Payette tient un cartable dans ses mains et parle assise dans un fauteuil.

La gouverneure générale du Canada, Julie Payette, procède à la lecture du discours du Trône à la Chambre haute.

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Les libéraux ont notamment renouvelé leur promesse de présenter un projet de loi pour changer le système de justice pénale.

Il a aussi été question d'agir contre les propos haineux qui circulent en ligne et d'élargir les possibilités d'emploi.

Il a également été précisé que le gouvernement irait de l’avant en vue d’améliorer la surveillance civile de la GRC, qui relève du ministre de la Sécurité publique.

Réactions partagées

Le président de l'Alliance urbaine sur les relations raciales, Nigel Barriffe, a suivi de près le discours du Trône.

C'était un moment crucial pour nos communautés après ces mois de mobilisation, et une occasion ratée pour le gouvernement qui n'a rien proposé de concret, selon lui.

Il recherchait des signes d'action, pas seulement des mots.

Un homme noir, avec des lunettes noires et un chandail gris clair, il porte également une barbichette grise.

Nigel Barriffe se dit déçu du discours du Trône en ce qui a trait aux engagements pour lutter contre le racisme systémique au Canada.

Photo : Radio-Canada

J'aurais voulu entendre un effort concerté pour lutter contre la violence disproportionnée de la police envers les Noirs. S'attaquer aussi aux inégalités en ce qui a trait à la santé, au logement… Bref, tous ces problèmes systémiques qui touchent nos communautés.

Nigel Barriffe, président de l'Alliance urbaine sur les relations raciales

Anna-Kay Brown, du projet Black Creek Fair Economies dans le quartier Jane et Finch, dans l'ouest de Toronto, est d'accord avec lui.

La COVID-19 a durement touché la communauté dans son coin de la ville, où la plupart des résidents sont des travailleurs essentiels à faible revenu et issus des minorités visibles.

De nombreux obstacles systémiques auxquels les personnes racialisées sont aux prises, la COVID est venue les exacerber. La plupart des gens de la communauté ici sont des travailleurs essentiels et ne peuvent pas obtenir de congé maladie, alors ils sont obligés d'aller travailler. Ce sont aussi les personnes les plus touchées par le virus, dit-elle.

Et pour venir à bout de ces disparités, elle estime n'avoir pas obtenu le plan d'action qu'elle aurait souhaité.

Une jeune femme noire avec les cheveux en nattes longues, elle porte un chandail rose

Anna-Kay Brown, du projet Black Creek Fair Economies dans le quartier Jane Finch

Photo : Radio-Canada

Nigel Barriffe se dit tout de même satisfait de voir qu'il y a une prise de conscience du fait qu'il faut des données sur la race en lien avec la COVID-19.

Nous devons connaître les faits concrets sur les personnes qui sont les plus touchées par ce virus et nous devons le savoir dans toutes les sphères : logement, système de justice pénale, garderies, éducation, précise-t-il.

Une promesse d'action qui est, selon lui, une bonne étape, même si cela ne sera pas suffisant et qu'il faudra plus pour régler le problème du racisme systémique au Canada, ajoute-t-il du même souffle.

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