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Refoulé à Terre-Neuve parce qu’il n’avait pas de carte d’identité néo-écossaise

Vincent Godin avait pourtant d’amples preuves qu’il est membre de la bulle atlantique et a le droit d'entrer à Terre-Neuve-et-Labrador.

Vincent Godin montre le billet d'avion qu'il a acheté.

Vincent Godin, un francophone qui est originaire du Québec et qui a toujours un permis de conduire québécois, réside et travaille dans la région d'Halifax.

Photo : Radio-Canada / Stéphanie Blanchet

Un résident de la Nouvelle-Écosse s’est vu refuser l’entrée à Terre-Neuve au poste de contrôle de l'aéroport de Saint-Jean. Bien qu'il avait sur lui plusieurs documents prouvant qu’il est membre de la bulle atlantique, il a été renvoyé à Halifax parce qu'il n’avait pas de carte d’identité néo-écossaise.

Vincent Godin, un francophone qui est originaire du Québec et qui a toujours un permis de conduire québécois, réside et travaille dans la région d'Halifax. Il n’a pas de carte d'identité émise par le gouvernement néo-écossais qui montre son adresse, mais quand il est arrivé au poste de contrôle frontalier à l’aéroport de Saint-Jean, il a présenté une série de lettres et de factures pour montrer qu’il habite et travaille en Atlantique.

J’ai tenté d'expliquer aux agents de sécurité de l'aéroport que je restais en Nouvelle-Écosse depuis maintenant trois mois et que je résidais à telle adresse, que j’avais ma preuve sur papier avec l'adresse et mon numéro d'appartement.

Vincent Godin

M. Godin explique qu'à cause de son permis de conduire et du fait qu'il parle français, les agents de sécurité ne croyaient pas qu'il résidait en Nouvelle-Écosse.

J'avais ma lettre d'embauche que j’avais sur moi et que j'ai présentée aux agents de sécurité, ajoute-t-il. J'ai présenté une facture de la Nouvelle-Écosse avec l'adresse exacte de ma résidence. J'ai même proposé aux agents de sécurité, s'ils avaient besoin d'avoir des informations supplémentaires, d'appeler le numéro de téléphone de ma propriétaire.

Ils ne voulaient rien entendre.

Plaider sa cause dans sa deuxième langue

M. Godin a déménagé en Nouvelle-Écosse pour apprendre l’anglais. Il est atteint de dysphasie, un trouble neurologique qui rend plus difficiles l’apprentissage et l’expression de la langue, et explique que son niveau d'anglais est entre débutant et intermédiaire.

À l’aide de Google Traduction, il a tenté de plaider sa cause avec plusieurs gardes de sécurité — des travailleurs unilingues — qui refusaient de le laisser passer par les contrôles frontaliers.

Il y avait trois personnes qui me posaient trois questions différentes en même temps, explique-t-il.

M. Godin a même appelé Air Canada et a passé son téléphone aux gardes pour qu’un agent de la ligne aérienne puisse expliquer sa situation et souligner qu’il venait d’arriver à bord d’un vol en provenance d’Halifax.

M. Godin raconte qu’un superviseur bilingue est éventuellement venu lui parler, mais qu’il a été par la suite informé qu’il serait arrêté par la police s’il tentait de quitter l’aéroport sans s'isoler.

Quand j’ai su ça, j’ai décidé de ne pas aller plus loin. Je ne voulais pas que le problème devienne un grand problème, explique-t-il. M. Godin a donc changé son billet d’avion — qui lui a coûté 800 $ — et a passé la nuit sur un banc à l’aérogare, avant de prendre le premier vol vers Halifax, le lendemain matin vers 7 h.

Des règles pour garantir l'intégrité du système, dit la province

Le ministre de la Santé, John Haggie, n’a pas accordé une entrevue à Radio-Canada, mais dans une déclaration, son ministère indique que tout individu voyageant à Terre-Neuve-et-Labrador doit fournir des documents spécifiques pour être autorisé à entrer dans la province.

Les voyageurs doivent montrer deux pièces d’identité émises par un gouvernement pour démontrer qu’ils sont résidents permanents d’une des provinces de l’Atlantique. Une pièce d’identité doit inclure une adresse, explique la porte-parole Kathy Dicks-Peyton.

Ces règles se trouvent sur le site web du gouvernement provincial, mais sont publiées en anglais uniquement.

Des gens se sont fait refouler à la frontière parce qu’ils ne pouvaient pas fournir une permission [de la Santé publique] et la documentation nécessaire. Ce processus de vérification nous aide à garantir l’intégrité du système de contrôle aux points d’entrée, ajoute-t-elle.

Mme Dicks-Peyton a aussi indiqué à Radio-Canada qu’un processus existe pour donner à un voyageur une permission d’entrée lorsqu’il arrive à l’aéroport. Mais cette option n’a pas été offerte à M. Godin.

Radio-Canada a contacté GardaWorld, la compagnie de sécurité qui exploite les contrôles frontaliers à l’aéroport, mais a été redirigée vers le gouvernement provincial.

Si j’étais un anglophone, j’aurais eu plus de chance

M. Godin suggère aux autorités d’être plus collaboratifs, d’avoir une plus grande ouverture, d’être plus indulgents envers des gens qui parlent français.

Je pense personnellement et honnêtement que si j’étais un anglophone j’aurais eu plus de chance de passer à Terre-Neuve, ajoute-t-il, en notant qu’il ne posait aucun risque à la population quand il est arrivé à l’aéroport de Saint-Jean.

M. Godin ajoute que quand il est retourné à Halifax, il n’avait pas besoin de présenter une carte d’identité pour quitter l'aéroport. Un agent de sécurité lui a simplement demandé s’il arrivait d’une autre province atlantique.

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