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Desjardins prévoit une reprise économique plus longue pour certaines régions

Quatre camions à benne basculante stationnés à la mine du Lac Bloom, près de Fermont.

Des camions à benne basculante stationnés à la mine du Lac Bloom, près de Fermont (archives).

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Mageau

Le Mouvement Desjardins prévoit que la reprise économique post-confinement sera plus lente dans certaines régions de la province. En somme, les régions minières devraient mieux s'en sortir que les autres.

La Côte-Nord, l’Abitibi-Témiscamingue et le Nord-du-Québec devraient voir leur situation économique s'améliorer durant l’année 2021. On s’attend tout de même à une décroissance économique pour ces régions-là aussi, mais [...] un repli un peu moins important et un rebond un peu plus marqué l’année prochaine, explique l’économiste sénior de Desjardins Chantal Routhier.

Quant aux régions du Bas-Saint-Laurent, de la Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine et du Saguenay–Lac-Saint-Jean, la reprise devrait être plus lente.

Elles devraient retrouver leur vitesse de croisière à l’été 2022.

L'économiste explique que ces dernières régions dépendent de secteurs économiques qui demeureront sous pression longtemps, soit la forêt, la pêche, l’agriculture et l’aluminium, par exemple. Elle précise que ces secteurs sont aux prises avec des enjeux qui existaient bien avant la pandémie.

À l’opposé du spectre, on retrouve le Bas-Saint-Laurent, le Saguenay-Lac-Saint-Jean et la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine. En l’absence de grands chantiers d’envergure, il est difficile de voir des perspectives plus favorables.

Chantal Routhier, économiste sénior, Mouvement Desjardins
Un agriculteur fauche son champ de foin par une journée de chaleur.

Les régions qui dépendent plus de l'agriculture et de la forêt connaîtront une reprise économique plus lente, estime Chantal Routhier (archives).

Photo : Radio-Canada

Deuxième vague imprévisible

Le professeur en économie de l’Université du Québec à Rimouski (UQAR) Claude Rioux n’ose pas s'avancer aussi loin.

Il considère la pandémie comme trop imprévisible pour avancer quoi que ce soit.

Jusqu’à récemment, le Bas-Saint-Laurent était une région exemplaire en matière de précautions sanitaires et ça a changé en moins de 15 jours, donne-t-il en exemple.

M. Rioux ajoute qu'il ne faut pas sous-estimer la facilité et la rapidité d’adaptation des régions ressources.

La capacité d’adaptation régionale est dure à mesurer, est dure à évaluer, mais existe. Le secteur forestier s’adapte assez facilement merci aux sautes d’humeur de nos clients et de nos voisins américains.

Claude Rioux, professeur en économie, UQAR
L'hôtel de ville et la caserne des pompiers.

La Ville de Matane est déçue que ses projets d'infrastructures ne fassent pas partie du programme de relance économique de Québec.

Photo : Radio-Canada / Jean-François Deschênes

Mieux cibler les investissements

L’analyse de Desjardins souligne aussi que les régions risquent d’attendre longtemps avant que les investisseurs privés retrouvent la pleine confiance.

C’est pour cette raison que le gouvernement prend l’initiative de relancer de grands projets d’infrastructure dans le but de stimuler l’économie durement frappée par la pandémie.

Québec a d’ailleurs demandé aux municipalités leurs priorités et 181 projets ont été retenus pour le plan de relance économique du gouvernement annoncé récemment.

Matane avait soumis les siens, mais aucun n’a été retenu, au grand désarroi de son maire, Jérôme Landry, qui dénonce les choix du gouvernement. À quoi ça sert d’avoir des projets de relance dans des secteurs où l’économie est déjà florissante? se questionne-t-il.

Il y a des régions qui ont beaucoup plus de difficultés, des régions avec des municipalités dévitalisées, alors c’est là qu’il faut donner un soutien pour que l’économie puisse repartir d’une façon équitable un peu partout sur le territoire du Québec.

Jérôme Landry, maire de Matane
Une jeune serveuse portant un couvre-visage transporte un petit panier de pommes de terre frites qu'elle tient avec un bâtonnet.

Restaurants Canada évalue à 800 000 le nombre d'emplois perdus dans l'industrie de la restauration en raison de la pandémie et du confinement qu'elle a entraîné.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Jérôme Landry n’est pas le seul à penser qu’il faut mieux cibler les interventions financières du gouvernement. Le conseiller en placement de la Financière Banque Nationale, Louis Khalil, le croit aussi.

Il est d'avis que les programmes d'aide financière déployés pour la deuxième vague devront être mieux ciblés.

Il rappelle par exemple que des programmes créés pour les travailleurs ont rendu la vie difficile à certains entrepreneurs.

Des restaurants qui étaient fermés sur l’heure du dîner faute d’avoir de la main-d’œuvre. Et parmi les employés potentiels qui auraient pu combler ces postes-là, il y a des gens qui bénéficiaient de programmes gouvernementaux, je pense qu’il y a eu un certain gaspillage qui s’est fait.

Dans ses prévisions économiques, Desjardins considère que la reprise pourrait prendre davantage de temps si la seconde vague de la pandémie impose un reconfinement général de la population.

À ce moment, les perspectives seraient revues à baisse, précise Mme Routhier.

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