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Les émissions de gaz à effet de serre de GNL Québec scrutées à la loupe

Des experts attendent le début des audiences.

Les audiences du BAPE à Saguenay ont commencé lundi et se termineront vendredi. Elles se déroulent dans un hôtel de Chicoutimi.

Photo : Melyssa Gagnon

Flavie Villeneuve

L’usine d’Énergie Saguenay de GNL Québec émettrait 421 000 tonnes de gaz à effet de serre (GES) directs, selon une étude réalisée par l’entreprise. Toutes ces émissions découleraient des opérations de l’usine.

On a une partie des émissions qui se trouve au niveau des chaudières et des opérations, ainsi que des émissions plus diffuses au niveau des chargements des bateaux, a précisé le vice-président en développement et en finance de GNL Québec, Tony Le Verger, lors de la poursuite des séances du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) mercredi soir à Saguenay. 

La direction de GNL Québec a répété à plusieurs reprises qu’elle compte s’engager à faire fonctionner une usine carboneutre en compensant l’ensemble de ses émissions directes de gaz à effet de serre.

M. Le Verger a aussi indiqué que 111 000 tonnes supplémentaires de GES seraient dues au transport maritime du côté du Québec.

Par contre, l’entreprise ne serait pas responsable des émissions de gaz à effet de serre sur les eaux internationales, ce à quoi la directrice générale de Nature Québec, Alice-Anne Simard, a vivement réagi alors qu’elle était au micro. C’est drôle, quand on parle de bélugas, les bateaux appartiennent à GNL Québec, mais ces bateaux ne sont pas du ressort de GNL quand on parle de GES, a-t-elle noté.

D’ailleurs, Mme Simard a demandé une preuve des contrats obtenus d’autres pays pour du gaz naturel liquéfié. L’entreprise n’a pas présenté de liste de clients, mais Tony Le Verger a indiqué que [les] processus [étaient] longs pour signer ce genre de contrat.

Un plan sommaire de l'usine de liquéfaction de gaz naturel de GNL Québec a été rendu public.

Un plan de l'usine de liquéfaction de gaz naturel de GNL Québec

Photo : Radio-Canada / Mélissa Savoie-Souières

La place du ministère de l’Environnement

Il est à noter que le ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques ne tiendra pas compte dans son analyse des 111 000 tonnes de GES liées au transport maritime du gaz naturel qui serait produit par l’usine, ni des 212 000 tonnes émises lors de sa construction. 

Le ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques surveillerait par contre chaque année la déclaration des émissions de GES par l’usine.

À titre d’information, la cible de réduction des GES n’est pas attribuée directement à une usine. Par exemple, GNL Québec ne serait pas tenue de respecter un chiffre précis, car cette cible concerne toute la province.

Analyse du marché du gaz naturel liquéfié

On a fait valider des scénarios de vente par la firme externe Poten & Partners pour analyser la maturité des marchés, a indiqué la porte-parole de GNL Québec, Stéphanie Fortin.

L’analyse de Poten & Partners sur le marché de destination suppose que GNL Québec a une possibilité d’exportation de 37 % en Europe et de 54 % en Asie.

GNL Québec précise qu’elle ne changera pas sa stratégie de commerce en fonction de ces chiffres, mais que cette analyse de prévision permet d’avoir une idée du marché du gaz naturel liquéfié.

D’ailleurs, selon cette même analyse, 60 % du gaz produit à La Baie serait utilisé pour la production d’électricité. Cependant, les pays d’Asie sont encore très dépendants du pétrole pour ce qui est de la production d’électricité.

L’Europe fait partie des marchés visés par GNL Québec. Une citoyenne a questionné l’entreprise sur le pacte vert qui a été signé en mai par le parlement européen pour décarboniser le continent.

À cette question, Tony Le Verger a signalé que, une semaine auparavant, le parlement européen avait ajouté le gaz naturel à son plan de relance de la décarbonisation de certains pays membres.

Tony Le Verger a également insisté sur le fait que toutes les études de marché des experts confirment que l’Europe aura toujours besoin de gaz naturel même s’il y a de la décroissance à un moment.

Une quarantaine de personnes étaient dans la salle pour cette troisième soirée des audiences du BAPE dans l’arrondissement de Chicoutimi. L’exercice a commencé lundi.

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