•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Un discours du Trône teinté par la COVID-19

Julie Payette et Justin Trudeau sont assis dans des fauteuils près les uns des autres.

La gouverneure générale du Canada, Julie Payette (droite), procède à la lecture du discours trône du gouvernement de Justin Trudeau (gauche) dans la chambre du Sénat.

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Radio-Canada

Le discours du Trône a été teinté de mesures nécessaires afin de limiter les impacts de la COVID-19, notamment en matière de santé et de soutien aux entreprises.

Si les partis d’opposition et les premiers ministres des provinces réclamaient unanimement des transferts en matière de santé, le gouvernement fédéral a plutôt l’intention d’aider les provinces à accroître leur capacité de dépistage.

On ajoute au passage que les Canadiens ne devraient pas avoir attendre pendant des heures pour se faire tester.

Selon Denis Marcheterre, le président d'Action Santé Outaouais, offrir l'aide au dépistage plutôt qu'un plus grand transfert aux provinces risque d'alimenter le jeu de pouvoir entre les différents paliers gouvernementaux au détriment des Canadiens.

Denis Marcheterre, président d'Action Santé Outaouais.

Denis Marcheterre, président d'Action Santé Outaouais. (Archives)

Photo : Radio-Canada / Simon Lasalle

Les provinces disent : on veut de l’argent pour la santé, mais on ne veut pas de conditions, explique-t-il en entrevue. Ça risque de moins bien marcher.

J’ai l’impression que dans la population, les gens vont dire aux politiciens que ce n’est plus le temps de faire la fine bouche, fait-il valoir, soulignant l'importance d'arriver à une entente.

C’est le temps de s'asseoir pis de parler entre adultes raisonnables.

Denis Marcheterre, le président d'Action Santé Outaouais

Par ailleurs, le gouvernement veut collaborer avec les provinces et les territoires pour établir de nouvelles normes nationales pour les soins de longue durée.

L'initiative risque à nouveau une collision politique avec le Québec, mais selon M. Marcheterre, une révision des normes est nécessaire, qu'elle provienne d'Ottawa ou de Québec

Si Québec n’est pas prêt à accepter les normes nationales, qu’on fasse des normes de qualité au niveau provincial, mais qu’on le fasse, soutient-il. Comme on l’a dit pendant le discours du trône, si on veut changer notre approche, c’est le temps de la changer là.

De l’aide pour les entreprises

Plusieurs mesures ont été reconduites pour soutenir les entreprises canadiennes. L’amélioration du Programme de crédit aux entreprises et la prolongation du programme de Subvention salariale d’urgence jusqu’à l’été 2021 ont également été annoncées.

La directrice du Regroupement des gens d’affaires de la capitale nationale, Lise Sarazin est heureuse de voir que les entreprises n’ont pas été oubliées.

Lisa Sarazin en entrevue.

Lise Sarazin est directrice générale du regroupement des gens d'affaires. (Archives)

Photo : Radio-Canada

Elle soutient que les mesures permettront de limiter les fermetures définitives en cas de deuxième vague.

C’est positif, on n’oublie pas les entreprises.

Lise Sarazin, directrice du Regroupement des gens d’affaires de la capitale nationale

Malgré tout, il reste encore des questions concernant le soutien au loyer si le pays devait se confiner, comme au printemps dernier. Mme Sarazin assure qu’elle prendra les prochains jours pour étudier le discours et déterminer sur quelles mesures concrètes les entrepreneurs pourront compter.

Protéger le fait français

Dans son discours, la gouverneure générale Julie Payette a souligné qu’il y avait près de 8 millions de francophones au Canada dans un océan de plus de 360 millions d’habitants principalement anglophones et qu’il fallait protéger cette minorité.

Cette dernière a avancé que le gouvernement devait tenir compte de la réalité particulière du français et renforcer la Loi sur les langues officielles du Canada.

Le professeur de droit à l'Université d'Ottawa, Benoit Pelletier, souligne qu’Ottawa fait un pas qu’il a rarement voulu franchir dans le passé.

Peut-être qu’il y aura un effort singulier pour assurer l’épanouissement de la langue française, concède-t-il. C’est bien évident que, jusqu’à présent, ce qu’on a vu, c’est un désir d’équilibre de la part du gouvernement du Canada entre ce qui était fait en faveur de la langue anglaise et ce qui était fait en faveur de la langue française.

Ne reste qu'à voir comment le gouvernement de Justin Trudeau arrivera à honorer le constat de la gouverneure générale.

Avec les informations d'Antoine Trépanier et Patricia Sauzede

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !