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Le Dr Rosenberg « dévasté » que ses propos aient pu servir à minimiser la COVID-19

Le médecin juge que ses propos ont été mal interprétés.

Nous voyons la journaliste et le médecin en entrevue.

Le Dr Lawrence Rosenberg en entrevue avec la chef d'antenne de CTV, Mutsumi Takahashi, le 14 septembre.

Photo : Capture d'écran - CTV

Le PDG du CIUSSS du Centre-Ouest-de-l’Île-de-Montréal, le Dr Lawrence Rosenberg, affirme qu’il est « choqué et dévasté » que des internautes aient utilisé une portion d’une entrevue qu’il a accordée au réseau CTV pour affirmer qu’il minimise le danger de la COVID-19 en la comparant à la grippe.

Dans une entrevue diffusée le 14 septembre (Nouvelle fenêtre), la chef d’antenne de CTV, Mutsumi Takahashi, demandait au Dr Rosenberg ce que la communauté scientifique avait appris sur le coronavirus depuis le début de la pandémie.

Le Dr Rosenberg a répondu que [la COVID-19] n’est pas beaucoup plus dangereuse que la grippe saisonnière. Elle est probablement aussi transmissible que la grippe saisonnière, et, contrairement à celle-ci, qui tend à affecter les gens très vieux et très jeunes, [la COVID-19] semble affecter les gens très vieux et ceux qui ont des problèmes de santé préexistants.

Cette portion de l’entrevue s’est rapidement propagée sur YouTube. Sur Facebook et Twitter, des publications encensaient le Dr Rosenberg, le qualifiant de héros national pour avoir enfin dit la vérité.

La vérité est sortie maintenant… Vous n'avez plus aucune raison pour maintenir les mesures sanitaires!, a écrit une internaute.

Lors d'un point de presse, mercredi, le ministre de la Santé, Christian Dubé, avait qualifié de complètement inappropriés les propos du Dr Rosenberg. Avec plus de 5000 morts dans la première vague, de comparer ça à une vilaine grippe, j’ai un très gros problème avec ça, avait-il déclaré.

En entrevue à Radio-Canada, le microbiologiste et infectiologue Karl Weiss, de l’Hôpital général juif de Montréal, avait lui aussi cherché à rejeter cette comparaison.

C’est une maladie nouvelle qui a des caractéristiques particulières. Par exemple, le virus provoque des caillots dans le sang, et c’est aussi un virus qui est très inflammatoire, ce que l’influenza n’est pas. Ce n’est pas du tout les mêmes défis que l’influenza, c’est clair, a-t-il affirmé.

Dépassé par les réseaux sociaux

Le Dr Rosenberg s’est étonné de l’émoi qu’ont suscité ses propos sur les réseaux sociaux.

Je suis complètement choqué et dévasté. Je ne suis pas sur les réseaux sociaux, donc je n’ai pas idée de ce qui se passe là-dedans, a-t-il avancé en entrevue à Radio-Canada. D’entendre qu’une portion d’une entrevue que j’ai accordée de bonne foi a été décortiquée et mal interprétée et qu’elle est maintenant utilisée de façon abusive, c’est choquant, il va sans dire. Je me sens personnellement trahi.

Il maintient qu’il n’a d’aucune façon cherché à minimiser le danger de la COVID-19.

Je suis complètement abasourdi d’entendre que des gens brandissent quelque chose que j’ai dit comme une excuse, une explication ou une justification pour minimiser la gravité de la COVID-19.

Le Dr Lawrence Rosenberg, PDG du CIUSSS du Centre-Ouest-de-l’Île-de-Montréal

Le Dr Rosenberg maintient ses propos, mais admet que le mot qu’il a utilisé lors de l’entrevue en anglais, flu, ou grippe, peut porter à confusion. Quand on parle à la plupart des gens dans la rue et qu’on mentionne la grippe ["flu"], ils disent "ouais, c’est un rhume banal, j’ai des symptômes pendant quelques jours et je me sens mieux". Mais ce n’est pas ça, la grippe.

Le médecin illustre que la pandémie de grippe espagnole de 1918 (20 à 50 millions de morts à l'échelle planétaire) et celle de la grippe de Hong Kong de 1968 (1 million de morts) ont toutes deux été causées par le même virus qui cause la grippe saisonnière.

Quand je compare la COVID-19 à la grippe, c’est de ça que je parle, je ne parle pas du rhume. Là est la confusion, juge-t-il. [La COVID-19] est une maladie très sérieuse. À certains égards, c’est aussi sérieux que ce que nous avons vu en 1918 avec la grippe espagnole.

La grippe, une maladie banalisée, selon le médecin

Le Dr Rosenberg explique que les populations modernes tendent à banaliser la grippe saisonnière, puisque l’existence de vaccins et de traitements permet de mieux la contrôler.

Attraper la grippe aujourd’hui sans avoir été vacciné, c’est quelque chose de très sérieux. L’incidence de maladies cardiaques, de crises cardiaques, d’accidents vasculaires cérébraux et de décès est beaucoup, beaucoup plus importante chez les populations à risque qui ne sont pas vaccinées, assure-t-il.

Contrairement à l’influenza, il n’y a présentement pas de vaccin contre la COVID-19. C’est un nouveau virus qu’on ne connaît toujours pas parfaitement, ajoute-t-il.

La pandémie n’est clairement pas exagérée. Je suis dévasté d’entendre que des gens affirment cela. La souffrance qu’a vécue la province et tous les décès que nous avons eus, c’est quelque chose de très, très terrible. Nous ne voulons vraiment pas répéter ça avec une deuxième vague, laisse-t-il tomber.

D’ailleurs, dans le reste de l’entrevue accordée à CTV, qui ne figure pas dans de nombreuses vidéos circulant sur les réseaux sociaux, le Dr Rosenberg rappelait l’importance des mesures sanitaires, telles que le port du masque et la distanciation sociale, pour faire face à la pandémie.

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