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Interdiction de visites : contradiction dans les résidences de Chaudière-Appalaches

Les mains d'un homme âgé assis sur son lit.

Les visites dans les milieux de vie de Chaudière-Appalaches sont restreints aux proches aidants ou pour des raisons humanitaires et essentielles.

Photo : iStock

L’interdiction des visites dans les résidences pour aînées de Chaudière-Appalaches est «  très contradictoire  », jugent des propriétaires. La mesure n’est pas un réel frein à la propagation de la COVID-19, si on permet aux personnes âgées de sortir pour visiter leurs proches.

C’est vraiment très contradictoire. On ne peut pas visiter les aînées, mais les personnes âgées peuvent sortir pour aller dans le milieu de vie de quelqu’un d’autre. On a absolument aucun contrôle, soulève la directrice générale du Manoir de l’Arbre argenté à Lévis, Amélie Lemieux.

Contrairement aux autres régions en zone orange, où les visites sont seulement interdites dans les CHSLD sauf pour les proches aidants ou pour des raisons essentielles et humanitaires, Chaudière-Appalaches a décidé d’être plus stricte.

Les restrictions de visites ont été élargies à tous les milieux de vie et hôpitaux du territoire, alors qu’il est normalement permis d’accueillir jusqu’à six personnes par unité dans les résidences privées pour aînées (RPA).

Tout ou rien

Amélie Lemieux a vu la COVID-19 frapper dans sa résidence lors de la première vague. Elle comprend qu’il faut prendre des mesures difficiles pour éviter que cette situation ne se reproduise.

Comme gestionnaire, c’est une très bonne décision d’interdire les visites. Pour les résidents, c’est extrêmement difficile à vivre, déplore Mme Lemieux.

Le Manoir de l’Arbre argenté, à Lévis.

Le Manoir de l’Arbre argenté, à Lévis

Photo : Radio-Canada / Raymond Routhier

Elle se demande cependant pourquoi priver tous ces résidents de visites si certains peuvent encore sortir et rapporter le virus à l’intérieur des résidences.

Quand les proches viennent visiter à la résidence, la personne porte un masque et elle lave ses mains. Le risque de contagion est grandement diminué. Mais de prendre une personne âgée et de l’amener dans un milieu où une autre personne vit, tout devient un objet de contagion, soulève-t-elle.

Déchiré entre santé mentale et santé physique

Le propriétaire de la résidence le Conf’or à Lévis estime également qu’il y a un danger à laisser sortir ces résidents.

Luc Lévesque croit que le risque de contagion est plus contrôlé à l’intérieur qu’à l’extérieur de son établissement. Il se dit toutefois déchiré entre la santé mentale et la santé physique de ses résident.

Selon lui, les empêcher de sortir équivaut à les emprisonner. J’ai une résidente qui va manger une pizza avec sa fille tous les vendredis soir. Est-ce que je lui enlève ça? Qu’est-ce qui est le mieux pour sa santé? On a deux santés à protéger : la mentale et la physique.

Il faut expliquer aux familles que si elles sortent le résident, il faut prendre toutes les précautions du monde pour ne pas qu’ils fassent entrer le virus.

Luc Lévesque, propriétaire de la résidence le Conf'Or

Éviter le confinement

La Direction de santé publique (DSP) de Chaudière-Appalaches répond que son but est de limiter les allées et venues dans les résidences, déjà trop nombreuses à être victime d’une éclosion.

La résidence Le Crystal est située sur le boulevard Ouellet, à Thetford Mines.

La résidence Le Crystal, située à Thetford Mines, est l'une des résidences victimes d'une éclosion de COVID-19 en Chaudière-Appalaches.

Photo : Google map

Même si les bénéficiaires peuvent encore sortir, la DSP estime que cette mesure permet de diminuer le risque de propagation, sans isoler les aînés.

On essaie de limiter les entrées. On ne veut pas confiner les gens. On fait confiance aux gens qu’ils respecteront les consignes à l’extérieur, explique Caroline Boutin, directrice adjointe à la direction de la qualité, évaluation, performance et éthique au CISSS de Chaudière-Appalaches, Caroline Boutin.

Les restrictions sur les visites seront réévaluées le 5 octobre.

Si jamais la situation devenait pire, le positionnement quant aux sorties pourrait être revu, précise la porte-parole Mireille Gaudreault.

Pour qu’on évite un renforcement supplémentaire des mesures, la collaboration de tout le monde, tant les résidents, les responsables des milieux de vie que des familles, est indispensable, conclut-elle.

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