•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Crise des opioïdes : le nombre de morts double en Alberta

Des comprimés d'Oxycodone de 5mg.

En moyenne, 2,5 Albertains meurent chaque jour d’une surdose d’opioïdes depuis le début de l’année 2020.

Photo : The Associated Press / Keith Srakocic

François Joly

La pandémie de COVID-19 a considérablement aggravé la crise des opioïdes en Alberta. Entre le premier et le deuxième trimestre 2020, le nombre de morts par surdose a doublé.

Du début du mois de janvier à la fin du mois de mars, 148 personnes sont mortes de surdose, alors que du début du mois d'avril à la fin du mois de juin, ce nombre s'élevait à 301, selon le deuxième rapport trimestriel de surveillance de la réponse à la crise des opioïdes du gouvernement de l’Alberta. C'est à Calgary et à Edmonton que l’on compte le plus de morts, mais Lethbridge compte plus de surdoses par habitant. 

La pandémie semble avoir temporairement effacé plusieurs des progrès effectués dans la province au cours des dernières années. L’année 2020 s’était pourtant bien amorcée, avec une diminution de 11,8 % du nombre de morts par surdose au premier trimestre, comparativement à la même période l’an dernier.

Des augmentations importantes ont aussi été enregistrées dans d’autres provinces. La Colombie-Britannique a vu 170 de ses résidents mourir en avril, en mai et en juin.

En moyenne en Alberta, 2,5 personnes meurent chaque jour d’une surdose d’opioïdes depuis le début de l’année 2020.

Les centres d’injection supervisée moins fréquentés

Le nombre de visites dans les centres d'injection supervisée a diminué de plus de la moitié, passant de 114 430 pour le premier trimestre à 40 755 pour le deuxième. 

Le rapport montre également que de nombreuses personnes dépendantes ont temporairement cessé de suivre leur traitement à la méthadone ou à la Buprénorphine. En mars, 86 % des patients traités pour une dépendance suivaient leur traitement. Cette proportion est passée à 54 % en avril avant de remonter à 84 % en juin.

Peu après son élection en 2019, le gouvernement du Parti conservateur uni avait annoncé un gel du financement des sites d’injection supervisée.

En juin, il avait retiré son financement au centre d'injection supervisée Arches de Lethbridge.  La firme d'experts-comptables Deloitte a découvert qu’une partie de l’argent avait servi à payer un voyage au Portugal, des heures supplémentaires non autorisées et des milliers de dollars en cartes-cadeaux.

La province a plutôt choisi d'investir 25 millions de dollars dans la construction de 5 centres de désintoxication. 

Le nombre de visites à l’urgence en raison de surdose est passé de 2472 durant les trois premiers mois de l’année à 3028 durant les trois mois suivants.

Une crise plus mortelle que la pandémie

La porte-parole de l’opposition officielle en matière de Santé mentale et de dépendance, Heather Sweet, souligne que davantage d’Albertains sont morts de surdoses d'opioïdes ce printemps que de la COVID-19 depuis le début de la pandémie.

Elle critique également le silence du ministre adjoint à la Santé mentale et aux dépendances de l’Alberta, Jason Luan. Celui-ci a refusé les demandes d’entrevue qui lui ont été soumises mercredi. 

C’est un signe que le gouvernement sait qu’il n’en fait pas assez.

Heather Sweet, porte-parole de l’opposition officielle en matière de Santé mentale et de dépendance

Une critique que partage la professeure adjointe à l’École de santé publique de l’Université de l’Alberta, Elaine Hyshka. Nous avons une mise à jour quotidienne sur la COVID-19, rappelle-t-elle. Mais ça fait des mois que nous n’avons pas eu de nouvelle donnée sur les surdoses et il n’y a même pas de conférence de presse pour les annoncer.

Elle croit que le gouvernement devrait miser davantage sur les sites d’injection supervisée plutôt que sur les centres de désintoxication. 

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !