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L’Université de l’Alberta publie trois scénarios de restructuration

L'affiche de l'Université de l'Alberta.

Le Campus Saint-Jean était menacé de disparaître dans la majorité des scénarios de restructuration envisagés à l'interne par l'Université.

Photo : Radio-Canada / Emilio Avalos

Audrey Neveu

En pleine réflexion sur son avenir, l’Université de l’Alberta a publié trois scénarios au sujet de la restructuration qui auraient des effets différents sur le Campus Saint-Jean (CSJ). La communauté franco-albertaine craint depuis des mois que ce dernier ne soit fusionné avec d’autres facultés ou déplacé de son site actuel.

L’Université de l’Alberta cherche à réorganiser ses 18 facultés afin de faire des économies d’échelle, en raison d'importantes compressions budgétaires imposées par le gouvernement de Jason Kenney.

Les trois scénarios

Scénario A : regroupement des sciences de la santé

Ce scénario laisserait leur autonomie à la majorité des facultés de l’Université de l’Alberta. Seules celles touchant aux sciences de la santé seraient regroupées en une seule faculté, tandis que le Campus Saint-Jean resterait autonome. On ne sait pas toutefois si les cours de sciences infirmières du CSJ seraient intégrés à la nouvelle faculté ou non.

Économies anticipées : 10,6 M$

Scénario B : consolidation majeure des facultés et indépendance du CSJ

Ce scénario est celui qui impliquerait le plus de changements pour l’Université en général : 13 des facultés existantes seraient regroupées en trois divisions. Les trois facultés à vocation communautaire, soit le Campus Saint-Jean, Augustana (Camrose) et Études autochtones, demeureraient indépendantes. C’est le scénario privilégié par le groupe de travail sur la restructuration qu’a mis sur pied l’Université de l’Alberta.

Économies anticipées : 43 M$

Scénario C : regroupement administratif des petites facultés, dont le CSJ

Le dernier scénario est un hybride des deux premiers : il propose une consolidation de plusieurs des facultés les plus importantes ainsi qu’un regroupement administratif des plus petites facultés, dont le Campus Saint-Jean ferait partie.

Économies anticipées : 35,1 M$

L’ACFA encouragée par les scénarios présentés

La présidente provinciale de l’Association canadienne-française de l’Alberta (ACFA), Sheila Risbud, a l’impression que l’Université de l’Alberta a entendu le message de la communauté franco-albertaine. Comme présidente, je me sens assez encouragée, car il y a quelques mois, on voyait les scénarios possibles pour le Campus Saint-Jean et la direction que prenait l’Université de l’Alberta et on n’était pas sûrs qu’on serait capables de retourner le bateau de bord, affirme-t-elle.

On voit que le fait d’avoir mobilisé la communauté, obtenu un peu d’attention médiatique et lancé la poursuite judiciaire a eu un impact. Maintenant, il faut voir ce qu’on peut négocier d’intéressant pour le Campus Saint-Jean.

Sheila Risbud, présidente provinciale, ACFA

Sheila Risbud croit que le scénario C, qui implique un regroupement administratif, serait un recul pour le CSJ. Est-ce que les gens auraient encore accès aux services administratifs en français? C’est le genre de questions qu’on se pose, affirme-t-elle. Elle préférerait le scénario B, qui laisserait toute son autonomie au Campus Saint-Jean.

Sheila Risbud dit avoir l’impression que l’idée d’un déménagement du campus a été écartée pour l’instant, mais les scénarios ne donnent aucun détail à ce sujet.

David contre Goliath

Le politologue de l’Université Simon Fraser Rémi Léger croit lui aussi que l’Université de l’Alberta a entendu le message de la communauté franco-albertaine. Dans les trois scénarios, on maintient l’autonomie académique du Campus Saint-Jean et, dans deux des trois scénarios, on maintient l’autonomie administrative également, explique-t-il.

Il croit, tout comme Sheila Risbud, que le scénario B est le plus avantageux pour le Campus Saint-Jean, mais il lance une mise en garde.

Dans ce scénario, on va créer trois énormes divisions qui vont s’opposer aux trois plus petites facultés. C’est David contre Goliath, ces monstres, ces grosses machines. Si on ne réfléchit pas au statut de ces petites facultés, qu’il soit fédéré ou autre, on risque de se retrouver dans un scénario où les petites facultés sont constamment perdantes face aux grandes divisions.

L’Université de l’Alberta consultera d'ailleurs la communauté lors d'une séance publique le 30 septembre, à laquelle l’ACFA entend participer. L'ACFA prévoit elle aussi consulter la communauté franco-albertaine pour savoir quel scénario privilégier.

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