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Des psychologues et des sexologues pour vous vacciner

Un contenu vidéo est disponible pour cet article
Une fiole libellée « vaccin ».

Le reportage de Marie-Pier Bouchard

Photo : Reuters / Dado Ruvic

Psychologues, sexologues, travailleurs sociaux, psychoéducateurs : le gouvernement du Québec ratisse large dans son recrutement en vue d’une campagne de vaccination contre l'influenza et, éventuellement, contre la COVID-19. Surprise et prudence chez les professionnels concernés.

Des professionnels du domaine de la santé mentale et des relations humaines sont invités à « agir à titre de vaccinateurs en ces circonstances particulières », lit-on dans un document obtenu par Radio-Canada.

Le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) cherche à constituer un nouveau bassin de professionnels de la santé pour administrer le vaccin contre l’influenza et éventuellement contre la COVID-19, écrit-on dans une lettre signée par la sous-ministre adjointe et envoyée à différents ordres professionnels .

De manière exceptionnelle en raison de la pandémie et sous réserve d’avoir suivi une formation selon les conditions requises par le MSSS, précise-t-on.

Dans une réponse par courriel, le ministère confirme avoir sollicité 21 ordres professionnels dont les membres ne sont pas en ce moment pas autorisé à vacciner. Il s'agit d'un acte réservé aux médecins, aux pharmaciens, aux infirmières et aux sages-femmes.

« Pas notre champ d'expertise »

Plusieurs ont été surpris de recevoir cette lettre du MSSS, le 10 septembre, leur demandant de fournir une estimation du nombre des membres prêts à participer à l'exercice. On leur donnait trois jours à peine pour y répondre, soit jusqu'au lundi.

On a été pris par surprise parce qu’on convient que ce n’est pas notre champ d’expertise.

Denis Leclerc, président de l’Ordre des psychoéducateurs et psychoéducatrices du Québec (OPPQ)
Un homme parle au micro.

Denis Leclerc, psychoéducateur et président de l’Ordre des psychoéducateurs et psychoéducatrices du Québec.

Photo : Radio-Canada / Tifa Bourjouane

Les ordres professionnels des psychoéducateurs, des sexologues et des travailleurs sociaux admettent qu'ils n'ont pas consulté leurs membres. Ils réclament des précisions au ministère concernant la formation et l’encadrement qui seront offerts pour assurer la sécurité du public.

On risque de le faire davantage [consulter les membres] lorsqu’on aura une meilleure précision sur la manière dont tout ça va s’organiser, précise Denis Leclerc, président de l’Ordre des psychoéducateurs et psychoéducatrices du Québec (OPPQ).

De son côté, l’Ordre professionnel des sexologues du Québec (OPSQ) assure qu’il va collaborer avec le ministère de la Santé et interpeller ses membres si leur contribution est requise.

Le symbole "homme" (Mars) et "femme" (Venus) sont dessinés dans les marques de craie sur un tableau noir.

L'Ordre professionnel des sexologues du Québec (OPSQ) estime que cette activité de vaccination « devrait aussi s’inscrire dans un cadre organisé et multidisciplinaire avec la présence d'autres professionnels habilités et compétents ».

Photo : iStock / seraficus

Que ce soit pour le dépistage ou pour la vaccination, la position est la même.

Ordre des travailleurs sociaux et des thérapeutes conjugaux et familiaux du Québec (OTSTCFQ)

Dans une vidéo publiée plus tôt cette semaine, la présidente de l’Ordre des travailleurs sociaux et des thérapeutes conjugaux et familiaux du Québec (OTSTCFQ) s’adresse directement à ses membres.

Soyez assurés que nous avons mis en garde le gouvernement d’éviter tout délestage possible spécialement de nos professions, lance Guylaine Ouimette.

Invité à commenter, l’Ordre des psychologues du Québec (OPQ) nous réfère à un article du Devoir dans lequel il dit mener un sondage auprès de ses membres afin de mesurer leur intérêt et leur disponibilité pour vacciner les Québécois.

Mais l’Ordre affirme avoir aussi fait part de ses réserves en réitérant le rôle crucial des psychologues dans l’offre de soins en santé mentale.

Nous, à l'Ordre des infirmières, on ne savait pas

Considérant qu’il s’agit d’un acte principalement réservé aux infirmières, l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ) s’explique mal de ne pas avoir été informé de cette approche du MSSS alors qu'on a un rôle à jouer important en vaccination, fait valoir le président.

Conscient que le recrutement est important en cette période exceptionnelle de pandémie et de pénurie de main-d'oeuvre, Luc Mathieu tient cependant à rappeler que vacciner des gens c'est une injection intramusculaire et les gens du domaine de la santé mentale n'ont pas nécessairement la formation requise pour faire ça, ajoute-t-il.

Ça va prendre une bonne formation. C'est sûr que ce n’est pas une formation de 20 minutes, une demi-heure, une heure.

Luc Mathieu, président de l'Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ)
Un homme portant des lunettes devant un écran.

Luc Mathieu, président de l'Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ)

Photo : Radio-Canada

Se disant d'accord que ça se fasse, M. Mathieu insiste sur la nécessité d’un encadrement sécuritaire. Il y a peut-être une cascade d'intervenants qu'on devrait interpeller en séquences. Infirmières auxiliaires, inhalothérapeutes, sages-femmes. Puis après ça, si on a épuisé ce bassin-là dans le cadre d'un blitz de vaccination, on peut interpeller d'autres professionnels pour les former, propose-t-il.

Prêts à revenir

Sollicités plus tôt dans la pandémie pour effectuer des tests de dépistage de la COVID-19, les physiothérapeutes et les diététistes ont aussi été interpellés pour la vaccination.

Nous accueillons favorablement cette demande du MSSS et nous collaborerons avec le gouvernement au moment venu, répond par courriel l’Ordre des professionnels de la physiothérapie du Québec (OPPQ).

En attente des indications du ministère concernant ce projet, notamment en ce qui concerne les modalités dans lesquelles cette activité se déroulera, l’Ordre estime qu’entre 500 et 1000 professionnels pourraient être intéressés à contribuer à la campagne de vaccination.

La présidente de l'Ordre professionnel des diététistes du Québec (OPDQ) dit avoir répondu à l'appel du ministère de la Santé en le dirigeant vers des membres qui sont en pratique privée et les retraités qui ont moins de 70 ans.

Paule Bernier, présidente de l’Ordre professionnel des diététistes du Québec.

Paule Bernier, présidente de l’Ordre professionnel des diététistes du Québec.

Photo : Radio-Canada

Ça fait à peu près un réservoir d'une possibilité de 700 personnes qui pourraient être contactées. Mais je n'ai aucune idée du nombre de personnes qui pourraient être intéressées à faire de la vaccination, précise Paule Bernier.

Étant habituée de faire des évaluations de l'état nutritionnel, donc toucher les patients, Mme Bernier explique que les diététistes cliniques connaissent bien l'anatomie. Évidemment c'est nécessaire d'avoir un accompagnement et une formation pour la vaccination, mais je pense que c'est possible, poursuit-elle.

Également invité à collaborer, l'Ordre professionnel des acupuncteurs du Québec (OPPQ) indique qu'à la suite d'un sondage, près de 200 acupuncteurs se sont dits intéressés à devenir vaccinateurs temporaires.

La présidente, Annie Dubois, ajoute que l'Ordre a accueilli favorablement cette demande de collaboration provenant du MSSS.

D'autres ordres professionnels ont aussi été sollicités par le gouvernement pour la vaccination tout comme pour contribuer au dépistage et aux enquêtes épidémiologiques.

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