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Des Congolais de Toronto sont favorables à Donald Trump

Plus de la moitié des Africains supportent le leadership américain

Donald Trump lève le poing sur une scène, entouré de partisans et du drapeau américain.

Le 3 novembre les Américains devront choisir entre Donald trump et le Démocrate Joe Biden.

Photo : Reuters / Kevin Lamarque

S’il avait le droit d'élire le président américain, c’est Donald Trump que Pierre Kasonga, Torontois d’origine congolaise, choisirait. Il est convaincu que le retour des démocrates au pouvoir déstabilisera davantage la République démocratique du Congo (RDC).

M. Kasonga craint même que la défaite de Donald Trump puisse ouvrir la porte au morcellement de la RDC en plusieurs États. [Le leadership des démocrates] a conduit à ce que nous connaissons aujourd’hui : des milliers de morts congolais, et notre souveraineté a été malmenée. Si nous tenons encore en tant que nation c’est parce que la majorité des Congolais ne veulent pas que leur pays soit balkanisé, dit-il.

Pierre Kasongo regardant la caméra devant une carte de la RDC et un portrait de l'ancien premier ministre congolais Patrice Émery Lumumba.

L'entrepreneur torontois d'origine congolaise, Pierre Kasonga

Photo : Collection privée de Monsieur Kasonga

Depuis plus de 20 ans, la RDC connaît plusieurs conflits armés. Des pays voisins dont le Rwanda et l’Ouganda sont souvent accusés de soutenir certains groupes armés opérationnels dans ce pays très riche en minerai.

D’autres Canadiens originaires de la RDC battent même campagne en faveur du Parti républicain depuis le Canada. Ils appellent leurs compatriotes vivant aux États-Unis à voter pour les républicains. Samuel Kalonji de Hamilton est parmi ceux-là.

Je ne pourrai jamais recommander aux Congolais qui vivent aux États-Unis de voter pour les démocrates. Je mobilise ceux que je connais afin qu’eux-mêmes ainsi que leurs proches votent pour Donald Trump.

Samuel Kalonji
Samuel Kalonji regarde la camera devant une peinture.

L'Ontarien Samuel Kalonji est membre du parti présidentiel en RDC, Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS).

Photo : Collection privée de Monsieur Kalonji

Comme Pierre Kasonga et Samuel Kalonji le font en Ontario, 51 % des personnes sur le continent africain approuvent le leadership américain. C’est le seul continent qui affiche une cote positive. D’après le sondage d’opinion publié par Gallup, ce pourcentage dépasse la cote d'approbation globale de la politique étrangère américaine qui se situe à moins de 32 %.

Le sondage a été mené par Gallup entre mars 2019 et février 2020 sur un échantillon d’environ 1000 adultes âgés de 15 ans et plus dans 135 pays ou zones. Il s’agissait d’évaluer le leadership américain, allemand et russe. La marge d'erreur d'échantillonnage varie de ±1,5 points de pourcentage à ±5,4 points de pourcentage au niveau de confiance de 95 % pour les résultats basés sur le total des échantillons.

La présence d’un républicain à la tête de la première puissance mondiale rassure M. Kalonji pour la stabilité dans la région des Grands Lacs africains en général et dans son pays d’origine, la RDC, en particulier.

Barack Obama a dit que l’Afrique n’a pas besoin des hommes forts, mais plutôt des institutions fortes. Il a fait deux mandats et nous n'avons pas vu des institutions fortes, mais des hommes forts et au profit des démocrates

Samuel Kalonji
Théophile Rwigimba regardant la camera devant un mur.

L'enseignant Ontarien d'origine rwandaise, Théophile Rwigimba

Photo : Collection privée de Monsieur Rwigimba

Originaire du Rwanda, Théophile Rwigimba, qui habite à Burlington en Ontario, n'est pas favorable à Donald Trump mais plutôt au candidat qui adopterait notamment la fraternité mondiale. Il ne pense pas que la simple présence d’un républicain à la tête des États-Unis d'Amérique stabilisera la région des Grands Lacs africains. Moi je préfère quelqu'un qui travaille avec les pays des Grands lacs pour augmenter le niveau de vie des peuples pour qu’ils puissent manger à leur faim, déclare-t-il.

M. Rwigimba voudrait que le prochain président américain coopère davantage avec l'Afrique, car selon lui, Trump n’a pas manifesté d’intérêt pour ce continent.

Pendant les 4 dernières années, l'Afrique a été délaissée par l’administration américaine. Barack Obama a visité l'Afrique plus d’une fois, George Walker Bush a visité aussi l'Afrique, mais l’actuel président n’a jamais visité l'Afrique.

Théophile Rwigimba
Entouré de Kamala Harris et de Gretchen Whitmer, Joe Biden lève les bras devant une foule de partisans, dont certains tiennent des affiches invitant à voter pour le candidat démocrate.

La sénatrice de la Californie Kamala Harris, la gouverneure du Michigan, Gretchen Whitmer et le candidat démocrate Joe Biden lors d'un rassemblement de campagne, tenu en mars dernier.

Photo : Getty Images / Scott Olson

Le groupe des ambassadeurs africains à l’ONU avait exigé en janvier 2018 des excuses du président Donald Trump pour des propos jugés racistes qu’il aurait tenus sur des groupes d'immigrants lors d'une réunion à la Maison-Blanche.

Pour Miloud Chennoufi, professeur de relations internationales au Collège des Forces canadiennes, que ce soit sous le règne des démocrates ou des républicains, l’Afrique n'a jamais représenté une priorité pour les Américains, même pas sous Barack Obama, ajoute-t-il. Les gens avaient espéré que le fait que son père soit originaire d’un pays africain allait le pousser à avoir plus d'intérêt mais les intérêts américains sont beaucoup plus grands que le président lui-même, fait observer le professeur.

L'Amérique d’abord, le peuple d'abord

Des partisans attendent leur candidat. Un homme porte le drapeau de la République démocratique du Congo devant.

Les partisans de l'UDPS à leur siège à Kinshasa

Photo : La Presse canadienne / Jerome Delay

L'Amérique d’abord, ce slogan de Donald Trump, trouve écho favorable chez ses supporters sur le sol américain et ailleurs. M. Kalonji y voit une bonne façon de proclamer la souveraineté de son pays. Les gens disent qu’il [Donald Trump] est nationaliste, méchant, alors que non. Le peuple d’abord c’est un slogan que nous avons toujours utilisé au Congo.

L’expression le peuple d’abord a été popularisée en RDC par Étienne Tshisekedi, le père de Felix Tshisekedi, l’actuel président de ce pays. Elle résume la vision de l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS).

Miloud Chennoufi

Miloud Chennoufi, professeur de relations internationales au Collège des Forces Canadiennes

Photo : Radio-Canada

M. Chennoufi estime que le slogan l’Amérique d’abord n’est pas destiné à la consommation internationale. C’est un discours destiné d’abord et avant tout à une opinion républicaine américaine qui est très américanocentrique, explique-t-il.

Le professeur qualifie ce slogan d’égoïste et trouve que cela participe à nourrir une réputation plutôt négative de l'administration américaine dans certaines régions du monde.

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