•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

C'est le 10e anniversaire du Jour des Franco-Ontariens

Une ombre plane en ce jour historique : le gouvernement Ford ne s'engage plus à réformer la Loi sur les services en français d’ici la fin de son mandat.

Une foule lors d'un concert sur fond de drapeau franco-ontarien.

Le Jour des Franco-Ontariens et des Franco-Ontariennes

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

La fête des Franco-Ontariens sera célébrée partout en Ontario le 25 septembre, mais des reculs importants et la refonte de la Loi sur les services en français qui se fait attendre laissent un goût amer chez les partis d’opposition.

Cette année marque le 10e anniversaire du Jour des Franco-Ontariens et des Franco-Ontariennes. Je me souviens encore des émotions de cette journée-là, lorsque ça a été adopté à l’unanimité par les membres de l’Assemblée législative, se rappelle la ministre libérale des Affaires francophones de l’époque, Madeleine Meilleur.

C’est aussi à cette date, le 25 septembre 1975, que fut hissé le drapeau franco-ontarien pour la première fois, devant l’Université de Sudbury.

Depuis 10 ans, toutefois, plusieurs grandes revendications des francophones sont restées lettre morte en Ontario. Sous Doug Ford, argue l’opposition, ces droits ont connu des reculs, notamment en raison de l’abolition du Commissariat aux services en français.

Plus récemment, son gouvernement a restreint l'accès à la justice en français, selon des experts, en retirant le droit à l'éducation du mandat de l'aide juridique. Mais ce qui fait surtout bouillir l’opposition, c’est la refonte de la Loi sur les services en français, adoptée il y a 30 ans, qui semble encore une fois reléguée au second plan.

En effet, la ministre Caroline Mulroney ne peut plus garantir qu’elle sera terminée avant la fin du premier mandat du gouvernement Ford, comme initialement indiqué.

Avec le calendrier législatif qui a été changé, bousculé par la pandémie, je ne peux pas dire exactement quand ça va se passer, explique en entrevue avec Radio-Canada la ministre des Affaires francophones de l'Ontario, qui promet de continuer d’y travailler.

On a besoin de certaines informations des ministères, notamment du ministère de la Santé, qui depuis le mois de mars se concentre sur la réponse à la pandémie, ajoute la ministre, qui rappelle que son gouvernement mène finalement à terme le projet de l’Université de l’Ontario français, après l’avoir aboli.

Selon l'une de ses prédécesseures, Madeleine Meilleur, qui avait bonifié la Loi sur les services en français en 2013 pour garantir l’indépendance du Commissariat aux services en français, le temps est venu de procéder à la refonte.

Kathleen Wynne et Madeleine Meilleur.

Madeleine Meilleur (à droite) en compagnie de l'ex-première ministre de l'Ontario, Kathleen Wynne, en juin 2015

Photo : La Presse canadienne / Frank Gunn

Quand j’ai quitté mon poste, en 2016, c’était déjà sur la table de travail. C’est le temps de lui donner plus de mordant. J’encourage la ministre Mulroney d’aller de l’avant. Je pourrais lui apporter tout mon appui si elle a besoin de moi pour aider à la refonte, lance l’ex-ministre libérale avec un sourire.

Une demande récurrente

La communauté francophone demande depuis longtemps que des services en français soient offerts dans l’ensemble de la province, tant en santé que dans le système judiciaire. En 2019, le NPD et les libéraux avaient déposé des projets de loi privés en ce sens, sans succès.

Les consultations sur la refonte de la loi sont faites. Qu’elle [la ministre Mulroney] fasse la bonne chose! lance le porte-parole de l'opposition officielle en matière de francophonie, Guy Bourgouin. On entend très peu parler des services en français en Chambre. Durant la COVID-19, on a eu de la misère à obtenir les points de presse en français, dit-il.

Amanda Simard répond aux questions d'une journaliste au milieu d'une foule.

La députée Amanda Simard lors d'une manifestation contre les compressions aux services en français du gouvernement Ford

Photo : Radio-Canada

Même son de cloche du côté de la députée libérale d'Ottawa-Vanier, Lucille Collard. La reconnaissance des Franco-Ontariens n’est pas encore là où elle devrait l’être. Les régions désignées, c’est un concept qui devrait plus exister.

Sa collègue Amanda Simard, figure de proue de la résistance, souligne que les Franco-Ontariens ont passé des années assez mouvementées les deux dernières années. Je veux vraiment remercier les gens pour leur appui et leur solidarité. L'avenir est à ceux qui luttent.

La députée Simard estime que le gouvernement Ford a été inactif dans les dossiers importants de la francophonie, sauf dans le dossier de l'Université de l'Ontario français, et puis ça, ça a été forcé par le fédéral.

Les célébrations du Jour des Franco-Ontariens sont différentes cette année en raison de la pandémie. Une petite cérémonie de lever du drapeau est prévue devant l’hôtel de ville de Mississauga avec la ministre Mulroney.

Des étudiants habillés en vert et en blanc scandent un slogan et tapent des mains.

Des étudiants francophones célébraient le premier Jour des Franco-Ontariens, en 2010, à Windsor.

Photo : Radio-Canada

Plus tôt cette semaine, le drapeau franco-ontarien est devenu un emblème officiel à la suite d’un vote unanime à Queen’s Park.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !