•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Les employés de Grande Cache inquiets de la fermeture de la mine de charbon

Une pelle mécanique remplit un camion de charbon à la mine de Grande Cache.

Les employés de la mine de charbon déplorent le manque de communication de l’entreprise depuis la fermeture.

Photo : Grande Cache Coal

Radio-Canada

Quatre mois après la fermeture de la mine de charbon de Grande Cache, ses quelque 200 travailleurs se demandent toujours quand ils pourront retourner au travail.

La mine, située à 430 kilomètres au nord-ouest d'Edmonton, est fermée depuis mai en raison de la baisse de la demande mondiale de charbon causée par la pandémie.

La fermeture devait être temporaire, selon l’entreprise propriétaire, CST Group, mais plus les mois passent, plus l’anxiété monte chez les travailleurs, qui craignent un arrêt permanent.

De nombreux travailleurs sont déjà partis chercher du travail ailleurs et ceux qui sont restés survivent grâce à l'aide gouvernementale, tout en se demandant combien de temps tout cela va durer.

L’entreprise dit que cela va rouvrir, mais quand? Nous entendons des messages très contradictoires, certains disent cet automne, d’autres, dans cinq ans, explique le président de la section locale 2009 du syndicat des United Mine Workers of America, Bob Parker.

C’est la frustration. La frustration absolue.

Bob Parker, président de la section syndicale 2009 des United Mine Workers of America

Il ajoute que la direction lui aurait laissé entendre que la mine avait d’abord été fermée pour des raisons de santé publique avec la pandémie et non pour des raisons économiques.

Constatant que de nombreuses entreprises reprennent leurs activités, il espérait qu'il en soit de même pour la mine.

CST Group n'a pas répondu aux demandes d’entrevues et n’a pas voulu s'avancer quant à une date de réouverture.

Comme la mine est fermée depuis plus de 90 jours, les travailleurs ont perdu leur ancienneté, leurs droits de rappel et leurs cotisations au REER par l'employeur.

Bob Parker déplore le manque de communication de l’entreprise envers ses employés, qui n’ont reçu aucune information depuis la fermeture.

Nous voulons des informations claires, même si nos craintes s’avèrent, ce sera mieux de le savoir.

Bob Parker, président du syndicat

Un autre travailleur, Greg Didow, a réussi à joindre les deux bouts pendant les mois d'été en travaillant à son compte.

Il se trouve quand même chanceux, puisque des collègues ont dû vendre leur véhicule ou leur maison pour payer les factures.

Beaucoup de gens ont fait leurs valises et sont partis, dit-il. Ils ne vivaient pas ici. Quand le travail est parti, eux aussi sont repartis.

Il ne s'attend pas à ce que la mine rouvre jusqu'à ce que le prix du charbon remonte et se stabilise.

Vue aérienne de Grande Cache, petite municipalité entourée de forêt.

La municipalité de Grande Cache, en Alberta.

Photo : Municipalité de Grande Cache

Il reste cependant optimiste, car, contrairement, à une fermeture précédente, en 2015, les travaux de maintenance se poursuivent.

La dernière fois que cela s'est arrêté, tout avait été laissé tel quel, dit-il.

La fermeture définitive de la mine aurait des conséquences désastreuses sur la communauté, même si les travailleurs et le petit village connaissent bien les hauts et les bas du prix du charbon, qui fluctue au rythme des marchés internationaux.

Le charbon métallurgique des mines de Grande Cache est expédié principalement à des clients en Asie, au Brésil, en Europe et d'autres régions du Canada.

Le type de charbon extrait à Grande Cache n’est pas utilisé pour du chauffage ou de la production d’électricité, mais pour fabriquer de l'acier.

Tony Knutson, un analyste principal et spécialiste du charbon métallurgique à la firme Wood Mackenzie, s’attendait à une bonne croissance cette année jusqu'à ce que la pandémie frappe.

Je pense que la fermeture de Grande Cache était vraiment liée à la baisse de la demande avec la pandémie de la COVID-19, parce que c’est une des mines avec des coûts de production importants, explique Tony Knutson.

Il ne s’attend pas à ce que le marché revienne à ce qu’il était avant 2023.

Duane Didow, un conseiller du district municipal de Greenview, avoue que la fermeture est un nouveau coup pour la petite municipalité.

C'est difficile.

Duane Didow, conseiller, district municipal Greenview

Il précise tout de même que la communauté est plus diversifiée économiquement qu'elle ne l'a jamais été. Il y a des travaux forestiers, et la prison voisine fournit des emplois stables.

Le prix du charbon métallurgique est dans la cuve. Je crois qu'une fois qu'il remontera la mine redémarrera. Vous savez que tout est basé sur le profit de nos jours, dit-il.

La population monte et descend, les gens vont et viennent. Ce n’est pas toujours facile, mais nous nous en sortons.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !