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« Notre réalité a changé; notre approche doit changer »

La deuxième session parlementaire de la 43e législature est officiellement lancée.

Julie Payette tient un cartable dans ses mains et parle assise dans un fauteuil.

C'est la gouverneure générale du Canada, Julie Payette, qui a lu le discours du Trône du gouvernement de Justin Trudeau dans la chambre du Sénat.

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Investissements en santé, aide aux entreprises, création d’un million d’emplois, soutien aux femmes : le gouvernement Trudeau ratisse large dans le discours du Trône censé lui donner une nouvelle impulsion, qu'a lu mercredi après-midi la gouverneure générale Julie Payette au Sénat.

Notre réalité a changé. Cela veut dire que notre approche doit changer, elle aussi. Cette pandémie constitue la plus grave crise de santé publique que le Canada ait connue, a-t-on pu entendre lors de ce discours, dont la lecture a duré environ une heure.

Le discours du Trône, présenté comme un plan ambitieux visant à protéger et soutenir les Canadiens et à bâtir un Canada plus fort et plus résilient, énumère de nombreux objectifs, nouveaux et anciens, mais offre peu de détails à propos de leur mise en œuvre. Il repose sur quatre piliers : la santé, l’économie, l’égalité et l’environnement.

L’engagement le plus concret consiste à lancer un programme visant à créer plus d’un million d’emplois afin de revenir aux mêmes niveaux qu’auparavant, qui passera notamment par la prolongation du programme de Subvention salariale d’urgence jusqu’à l’été prochain.

Le gouvernement annonce aussi qu’il veut étendre le Compte d’urgence pour les entreprises canadiennes, améliorer le Programme de crédit aux entreprises et mettre en place d’autres mesures d’aide pour, entre autres, l’industrie du voyage et du tourisme, l’industrie de l'hôtellerie et les industries culturelles, comme les arts de la scène.

L'heure n'est pas à l'austérité.

Extrait du discours du Trône

Les répercussions économiques de la COVID-19 sur les Canadiens sont déjà pires que celles de la crise financière de 2008. Et elles ne seront pas de courte durée, souligne le discours.

M. Trudeau, masqué, debout devant l'unifolié, fait face à des militaires.

Le premier ministre Trudeau écoutant l'hymne national canadien à l'extérieur du parlement juste avant la lecture du Trône.

Photo : Getty Images / DAVE CHAN

Les mesures en faveur du climat formeront la pierre angulaire de notre plan, précise le discours du Trône, qui avance quelques mesures à ce sujet : rénovation de maisons et d’immeubles, investissements dans la réduction des effets des catastrophes climatiques, etc.

En santé, le gouvernement n’annonce pas une augmentation des transferts, comme l’ont unanimement réclamé les partis d’opposition et les premiers ministres des provinces.

Il dit plutôt vouloir aider les provinces à accroître leur capacité de dépistage, en soulignant que les Canadiens ne devraient pas avoir à faire la queue pendant des heures pour se faire tester, et il affirme sa volonté de rendre disponibles des tests de dépistage plus rapides, dès qu’ils auront été approuvés.

Le gouvernement entend également collaborer avec les provinces et les territoires en vue d’établir de nouvelles normes nationales pour les soins de longue durée, risquant une collision politique avec Québec, et prendre des mesures supplémentaires pour aider les gens à vivre chez eux plus longtemps.

Julie Payette, Richard Wagner et Justin Trudeau.

La gouverneure générale Julie Payette et le juge en chef de la Cour suprême du Canada, Richard Wagner, se sont salués du coude, mercredi, juste avant la lecture du discours du Trône.

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Le discours indique par ailleurs que le gouvernement reste déterminé à augmenter la pension de la Sécurité de la vieillesse lorsqu’une personne âgée atteint 75 ans et à augmenter la prestation de survivant du Régime de pensions du Canada.

Soulignant que les femmes, en particulier celles avec des faibles revenus, ont été les plus touchées par la crise, le gouvernement annonce aussi un Plan d’action pour les femmes dans l’économie afin de les aider à retourner sur le marché du travail et de veiller à gérer la pandémie et la reprise d’un point de vue féministe et intersectionnel.

Conscient de l’urgence de cet enjeu, le gouvernement réalisera un investissement important, soutenu et à long terme dans la mise en place d’un système d’apprentissage et de garde des jeunes enfants à l’échelle du Canada, précise le discours.

Le gouvernement profite par ailleurs de l’occasion pour réitérer certains engagements électoraux, dont ceux de planter deux milliards d’arbres, de bannir le plastique à usage unique et de donner aux municipalités la capacité de restreindre davantage ou d’interdire les armes de poing.

Il s’engage également à renforcer la Loi sur les langues officielles, adoptée il y a 51 ans, en tenant compte de la réalité particulière du français. Ottawa a la responsabilité de protéger et de promouvoir le français non seulement à l’extérieur du Québec, mais également au Québec, affirme-t-il.

Le Sénat canadien.

Distanciation sociale oblige, un pupitre sur deux était occupé, mercredi, au Sénat, pour le discours du Trône du gouvernement Trudeau.

Photo : Reuters / PATRICK DOYLE

Le discours du Trône marquait le début de la deuxième session parlementaire de la 43e législature. Ce moment fort de la démocratie canadienne avait été rendu nécessaire par la prorogation du Parlement par le premier ministre, le 18 août dernier.

Le premier ministre Trudeau – qui, comme le veut l'usage, n'a pas pris la parole durant le discours du Trône – s'est adressé directement aux Canadiens, quelques heures plus tard, par le biais des grands réseaux télévisés canadiens pour leur rappeler de ne pas baisser la garde au moment où une deuxième vague de COVID-19 s'amène au Canada.

L'automne, a averti M. Trudeau, pourrait être « bien pire que le printemps ».

Les chefs conservateur, bloquiste et néo-démocrate ont pris la parole par la suite. On ne sait pas encore si le gouvernement minoritaire de Justin Trudeau survivra au vote sur le discours du Trône. Le PCC, cependant, a été clair : il se prononcera contre.

Cela étant dit, les libéraux se sont entendus avec les partis d'opposition pour un retour au Parlement qui se fera de manière hybride. Quelques députés pourront être présents en personne, tandis que les autres participeront aux débats par visioconférence.

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