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Les signalements à la DPJ en hausse depuis la rentrée scolaire en Abitibi-Témiscamingue

Des sacs à dos sont déposés sur le sol d'une cour d'école.

Des sacs d'école (archives)

Photo : Radio-Canada / Daniel Fontaine

À l’occasion de son bilan annuel, la Direction de la protection de la jeunesse de l’Abitibi-Témiscamingue a annoncé que le nombre de signalement était en hausse depuis le début de l'année scolaire.

Lors des premières semaines de la pandémie, s’étalant de mars jusqu’à la fin avril, une baisse de 15% des signalements a pu être observée en Abitibi-Témiscamingue. Cette diminution s'est poursuivie jusqu'en été, atteignant près de 30% en juillet.

Le directeur de la protection de la jeunesse de l'Abitibi-Témiscamingue, Donald Vallières, souligne l'importance des milieux scolaires et de garde pour la protection des enfants.

Les milieux scolaires et les milieux de garde, c’est évident que ce sont des milieux qui servent à protéger les enfants, parce qu’à tous les jours, 5 jours sur 7 en fait, on voit les enfants, on peut leur donner un coup de main et on voit dans quel état ils sont. Donc ça nous confirme l’importance des milieux scolaires pour protéger les enfants qui vivent dans des milieux difficiles, soutient-il.

Dans la région, 3600 signalements ont été traités cette année, en hausse de 3,3 % par rapport à l'an dernier.

Au Québec, cette hausse atteint 12 %, ce qui fait dire à M. Vallières que la situation dans la région est sur la bonne voie.

Compte tenu qu’en région, on a déjà un taux de signalement très élevé par 1000 habitants, je pense que c’est normal qu’on stabilise, parce qu’on est déjà plus élevé que le reste de la province, et que le reste de la province augmente. Donc l’écart, en Abitibi-Témiscamingue, au niveau des signalements et des enfants suivis diminue, donc je pense que c’est positif, rapporte M. Vallières.

Les difficultés de la pandémie

La pandémie de COVID-19 a posé d’importants défis à la Direction de la protection de la jeunesse. Parmi celles-ci, l’impossibilité pour les enfants confiés à un centre ou une famille d’accueil d’être physiquement en présence de leur famille naturelle, en raison des restrictions de déplacements. Afin de pallier ce manque, M. Vallières indique que des investissements gouvernementaux ont permis de fournir aux intervenants des moyens technologiques permettant aux jeunes de garder le contact avec leur famille naturelle, via la visioconférence.

Selon M. Vallières, malgré la mise en place de ces moyens, les risques de fugues étaient élevés chez les adolescents, en raison de l’impossibilité pour ceux-ci de voir leur famille en personne.

Le Centre jeunesse de l'Abitibi-Témiscamingue à Val-d'Or.

Le Centre jeunesse de l'Abitibi-Témiscamingue à Val-d'Or

Photo : Radio-Canada / Marc-André Landry

Au Centre de réadaptation de Val-d’Or, des mesures ont été mises en place afin d’aider les jeunes à traverser cette période difficile.

Du côté autochtone, entre autres, une visioconférence a été organisée avec une personne importante et influente de la communauté. Cette personne-là a parlé aux adolescents, et leur a expliqué les raisons de la coupure de contacts et de sorties. Elle leur a aussi expliqué les risques pour leur communauté, et les aînés de la communauté. Cela a eu un impact immédiat et très fort sur les jeunes, qui ont compris le sens de l’empêchement de sorties et de contacts. Ça a eu un effet très positif sur eux, explique le directeur de la protection de la jeunesse.

Une autre manifestation de soutien aux jeunes traversant cette difficile période s’est déroulée au Témiscamingue.

Le personnel de l’équipe a eu l’idée, et a accepté d’aller vivre dans la communauté de Winneway pendant des périodes de plusieurs jours, afin d’éviter des allées et venues qui augmentaient le risque de contamination pour la communauté, témoigne M. Vallières.

Ils ont posé un geste concret d’un grand altruisme, qui protégeait autant les enfants concernés que les membres de la communauté.

Donald Vallières, directeur de la protection de la jeunesse

Alors que le Québec entre dans la deuxième vague de la pandémie, la principale crainte du directeur de la protection de la jeunesse et de voir les écoles et les milieux de garde être fermés à nouveau.

Oui j’ai des inquiétudes, parce qu’on va se retrouver encore avec une situation où on n’aura pas une action aussi directe auprès des enfants et des familles. L’impact le plus important [d’une deuxième vague], c’est celui-là.

Une pénurie de personnel persistante

Selon l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS), le bilan effectué aujourd’hui confirme l’existence d’une pénurie de personnel dans les services jeunesse. Par voie de communiqué, l’APTS interpelle le gouvernement afin qu’il s’attaque à la surcharge de travail des intervenants et à l’accueil des nouveaux salariés dans le domaine. Enfin, toujours selon l’Alliance, de nombreux drames pourraient être évités en rendant la profession plus attrayante et en accordant davantage de ressources du côté de la prévention.

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