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Les hôpitaux du Québec ne seront pas surchargés à court terme

Une civière vide dans un corridor d'hôpital.

Les autorités se préparent pour une augmentation du nombre d'hospitalisations.

Photo : Shutterstock

Selon de nouvelles projections de l’Institut national d’excellence en santé et en services sociaux (INESSS), le Québec ne manquera pas de lits d’hôpitaux dans les quatre prochaines semaines, malgré la hausse récente du nombre cas de COVID-19. Mais ces chiffres risquent d’évoluer si le taux de transmission continue d’augmenter dans la communauté. 

Les projections faites montrent qu’on a une tendance à une augmentation des hospitalisations. Mais elles demeurent globalement sous les capacités des services de santé, dit David Buckeridge, épidémiologiste à l'Université McGill, qui a participé au calcul de ces prédictions pour l'INESSS.

Au cours des quatre prochaines semaines, on estime qu’entre 250 et 750 lits pourraient être occupés par des Québécois infectés par la COVID-19 et qu’entre 25 et 60 personnes pourraient être admises aux soins intensifs. On estime qu’il y a environ 2000 lits d’hôpitaux, dont 350 aux soins intensifs, disponibles au Québec. 

En ce moment, il y a 178 personnes hospitalisées et 38 aux soins intensifs.

L’INESSS a utilisé les données historiques des hospitalisations cumulées depuis le début de la pandémie pour prédire le nombre de nouvelles hospitalisations anticipées au cours des quatre prochaines semaines.

Grâce aux données détaillées pour chaque cas (âge, sexe, comorbidité, etc.), ils ont développé un modèle de prédiction du risque d’hospitalisation. Par exemple, une personne de 80 ans avec des comorbidités est beaucoup plus à risque de développer des complications et d’être hospitalisée.

Pour les 1886 nouveaux cas recensés entre le 7 et le 13 septembre, 72 personnes présentent un risque élevé d’hospitalisation. Pour cette semaine, on estime que pour 243 personnes de 60 ans et plus, 52 d’entre elles risquent d’être hospitalisées. 

En plus des 72 hospitalisations anticipées parmi les cas du 7 au 13 septembre, l'INESSS estime que 36 personnes infectées au cours des semaines précédentes sont également à risque élevé d'être hospitalisées.

Une cohorte de patients qui change

Au début de la pandémie, environ 13 % des cas ont nécessité une hospitalisation. En ce moment, c’est un peu moins de 4 %. On constate que le profil des patients hospitalisés change. Les patients sont deux fois moins âgés et ils ont moins de comorbidités. Et il y a plus de personnes infectées qui viennent des régions autres que Montréal.

En début de pandémie, 25 % des cas avaient de fortes comorbidités; au cours des quatre dernières semaines, ce nombre est tombé à 17 %. Sur une semaine, les cas ont augmenté de 25 % à Montréal, mais ont augmenté de plus de 50 % ailleurs dans la province.

Si en ce moment, les cas sont majoritairement chez les jeunes, qui sont moins à risque d’être hospitalisés, les experts de l’INESSS craignent que les infections se propagent dans les semaines à venir parmi les autres groupes d’âge, comme c’est le cas en ce moment en Europe.

Ainsi, ces prédictions évolueront selon la progression du virus dans la communauté, tient à préciser le directeur général de l'institut, Luc Boileau. Avec l’évolution de la pandémie, si on n’est pas dans le même monde dans un mois, ça peut être un tout autre scénario. Actuellement, nous sommes dans une zone où s’il y a un changement de comportement dans la population, on pourrait éviter d’atteindre la capacité maximale.

De nouvelles prévisions seront d’ailleurs publiées tous les vendredis et prendront en compte les plus récentes hausses du nombre de cas et le nouveau taux de transmission du virus.

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