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Un enfant de plus par jour a été signalé à la DPJ en Outaouais cette année

Hausse de 5,3 % des signalements auprès de la DJP en Outaouais pour l'année 2019-2020

Un enfant maltraité assis, replié sur lui-même.

Hausse de 5,3% des signalements auprès de la DJP en Outaouais pour l'année 2019-2020.

Photo : iStock

Durant la dernière année, 19 situations impliquant des enfants ont été signalées en moyenne par jour en Outaouais, ce qui représente une hausse d’un signalement par jour par rapport à l’année dernière.

L’année 2019-2020 a été marquée par une hausse des signalements de 5,3 % en Outaouais. C’est ce que révèle le bilan annuel de la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) du Québec présenté mercredi.

Dans la région, la DPJ a traité 6896 signalements, dont 2639 ont été retenus.

Plus de 62,4 % des enfants pris en charge par la DPJ de l’Outaouais sont demeurés dans leur milieu familial ou ont été transférés chez un proche de la famille ou une personne significative.

Impacts de la pandémie

Si on remarque une hausse du nombre de signalements, celle-ci s'est toutefois déroulée avant la pandémie. 

Selon le bilan annuel, la pandémie qui a débuté à la fin mars a provoqué une baisse des signalements. 

Lors des mois d’avril, mai et juin 2019, 30 957 signalements ont été faits au Québec. Durant la même période cette année, on a compté 24 625.

En Outaouais, quand on compare avril, mai, juin, nous avons une baisse de 27,5 % des signalements.

Colette Nadeau, directrice de la Protection de la jeunesse du CISSS de l’Outaouais

C’est inquiétant. La protection des enfants est une responsabilité qui incombe à tout le monde, encore plus en contexte de pandémie.

Pendant la pandémie, la DPJ de l'Outaouais remarque que les signalements liés au mauvais traitement psychologique ont été plus nombreux comme, par exemple, des situations de conflits de séparation ou de violence conjugale. Les situations de négligence, quant à elles, ont été signalées moins fréquemment.

Affiche sur laquelle on peut lire «fermé, pour contribuer à freiner la propagation de la COVID-19».

La fermeture des écoles pourrait avoir augmenté les troubles de comportement des enfants.

Photo : Radio-Canada / Jonathan Dupaul

La fermeture des écoles

Les troubles de comportement des enfants ont aussi fait l’objet de plusieurs signalements pendant les premiers mois de la pandémie, plus qu’à l'habitude, remarque Colette Nadeau. La fermeture des écoles en serait en partie responsable.

Les écoles ont fermé. Depuis mars, les adolescents n’ont pas pu retourner à l’école au mois de mai. Il y a donc un important écart qui s’est créé [par rapport à l’année passée] en ce qui concerne les troubles de comportements, explique Colette Nadeau.

Assurer la protection d’enfants en situation précaire en temps de pandémie alors que les écoles et les garderies étaient fermées a été un réel défi, concède Colette Nadeau, directrice de la Protection de la jeunesse du CISSS de l’Outaouais.

La façade de l'École secondaire du Versant

Les troubles de comportement des enfants ont aussi fait l’objet de plusieurs signalements pendant les premiers mois de la pandémie.

Photo : Facebook/École secondaire du Versant

La grand-mère, la tante, ceux qui côtoient les enfants dans leur quotidien doivent, dans ces moments-là, être encore plus vigilants pour s’assurer d’une bonne réponse aux besoins des enfants. On l’a vu, quand le milieu scolaire n’est pas là, il y a une forte baisse des signalements.

Si la vigilance du cercle social ou de la bulle familiale a été sollicitée, la DPJ de l’Outaouais mise également sur un renforcement du travail d’équipe avec les centres de services scolaires de la région.

On fait des liens très serrés pour s’assurer que les enfants qui ne sont pas retournés à l’école en mai et pour lesquels il y avait des inquiétudes, qu’ils [les centres de services scolaires] nous en fassent part, et qu’on puisse aller sur le terrain vérifier comment allaient ces enfants et familles-là. Il y a des choses qui ont été mises en place, indique la directrice.

Tendance à la hausse

Dans son précédent bilan, la DPJ en Outaouais faisait état d’une augmentation de 7 %. Celle de cette année s’inscrit donc dans une tendance à la hausse remarquée depuis plusieurs années dans la région.

Le phénomène est aussi observé dans l’ensemble du Québec.

Avec les 118 319 signalements en 2019-2020 , on note uneaugmentation de 12 % par rapport à l’an dernier dans la province.

Plusieurs facteurs sont en cause. L’histoire du meurtre de la petite fille de Granby aurait sensibilisé la population québécoise à être plus prompte à signaler des situations qui attirent son attention.

La création d’une Commission spéciale sur les droits des enfants et la protection de la jeunesse qui s’est ensuivie aurait aussi sensibilisé les Québécois, d’après la direction provinciale.

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