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COVID-19 : 47 % plus d’heures supplémentaires au CISSS-AT lors de la première vague

Un stéthoscope.

Selon la FIQ, il y a toujours 180 postes d’infirmières et 50 postes d'infirmières auxiliaires qui ne sont pas pourvus, en raison de la pénurie de main-d’oeuvre qualifiée.

Photo : Radio-Canada / Guy Leblanc

Annie-Claude Luneau

Les heures supplémentaires ont bondi de 47 % au Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Abitibi-Témiscamingue (CISSS-AT) au plus fort de la crise de la COVID-19 au printemps.

Selon des chiffres obtenus par Radio-Canada en vertu de la Loi sur l’accès à l’information, l’ensemble des travailleurs du CISSS, tous titres d’emploi confondus, ont fait près de 87 000 heures supplémentaires entre le 1er mars et le 25 avril. Pour la même période l’année précédente, le total des heures supplémentaires était d’un peu plus de 59 000.

Les infirmières, infirmières auxiliaires et préposés aux bénéficiaires ont été particulièrement sollicités.

Les infirmières ont cumulé plus de 13 000 heures supplémentaires pendant ces 8 semaines, soit l’équivalent de 40 travailleurs à temps plein pendant 2 mois. Il s’agit d’une hausse de 21,6 % par rapport à la même période l’an dernier.

Les heures supplémentaires des infirmières auxiliaires ont quant à elle augmenté de 34 %. C’est sûr que pendant la première vague, il y a eu beaucoup de temps supplémentaire parce que, déjà en partant, il manquait du monde. Il y a eu le retrait des femmes enceintes, le retrait des professionnels immunosupprimés, en plus il y a eu la création des équipes désignées, explique Alexandre Vallières, secrétaire régional à la Fédération interprofessionnelle de la santé (FIQ/SISSAT).

Au début, les gens se disaient qu’ils voulaient faire leur part, les professionnels ont à coeur les soins, mais plus ça va, moins ils se sentent interpellés, moins ils veulent en faire, du temps supplémentaire, ajoute-t-il.

Deux femmes tiennent une affiche  indiquant « Abitibi-Témiscamingue. Travailler à se rendre malade, c'est terminé. 131 000 raisons d'unir nos forces ».

L'APTS et a FIQ-SISSAT ont tenu des actions de visibilité dans la région au début du mois pour information les membres des négociations pour le renouvellement des conventions collectives.

Photo : Radio-Canada / Tanya Neveu

Préposés aux bénéficiaires

Pour les préposés aux bénéficiaires, les heures supplémentaires se sont élevées à plus de 13 000, soit l’équivalent de 41 personnes à temps complet pendant 2 mois. Depuis la réforme, depuis la loi 10, les gens sont essoufflés, les gens ont quand même répondu à l’appel. Pendant la COVID, les effectifs ont été augmentés en CHSLD au moins de 30 %. Est-ce que la liste de rappel réussissait à combler le 30 % d’augmentation d’effectifs? La réponse est non, soutient Annick Trottier, vice-présidente régionale de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN).

Annick Trottier pose debout devant l'hôpital de Rouyn-Noranda.

Annick Trottier, vice-présidente régionale de la Fédération de la santé et services sociaux

Photo : Radio-Canada / Emily Blais

L’arrivée des quelque 90 préposés aux bénéficiaires formés en accéléré cet été est bien accueillie dans les CHSLD.

Mme Trottier craint quand même que ce ne soit pas suffisant en cas de deuxième vague, si les préposés commencent à être eux-mêmes malades ou isolés à la maison pour rester avec leurs proches. C’est là qu’on va venir engorger les listes de rappel. On va devenir encore plus épuisés, on va en demander encore plus aux travailleurs sur le plancher. Des fois, on voit les travailleurs se voir obligés de rester quand il y a un quart de travail qui ne rentre pas, c’est là que l’épuisement va aussi entrer en ligne de compte., explique-t-elle.

Les infirmières et infirmières auxiliaires ne pourront pas réellement compter sur du renfort cet automne.

Des postes à pourvoir

Selon la FIQ, il y a toujours 180 postes d’infirmières et 50 postes d'infirmières auxiliaires qui ne sont pas pourvus, en raison de la pénurie de main-d’oeuvre qualifiée.

Les retraités, il y en a beaucoup qui me disent qu'ils s’en vont à la retraite parce qu’ils ne sont plus capables du réseau. Tous les changements, l’augmentation des tâches des infirmières, infirmières auxiliaires, inhalothérapeutes, ils ne sont plus capables, ils sont fatigués, conclut Alexandre Vallière de la FIQ/SISSAT.

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