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La Colombie-Britannique franchit le cap des 1000 morts par surdoses en 2020

Une note accrochée à une paire de souliers féminins indique : « Amy Hierbert, la fille de quelqu'un ».

À l'occasion de la Journée internationale de sensibilisation aux surdoses, le 31 août dernier, des proches de personnes mortes après avoir consommé des drogues illicites ont accroché des souliers sur le pont Burrard, à Vancouver.

Photo : ben nelms/cbc / Ben Nelms

Avec 147 décès suivant une intoxication à des drogues illicites recensés en août, le nombre de morts par surdoses en Colombie-Britannique atteint 1068.

Les données, colligées par le bureau de la coroner en chef, Lisa Lapointe, ont été rendues publiques mercredi. Il s'agit d'une augmentation de 71 % des cas de surdoses mortelles par rapport au même mois l'an dernier, note-t-elle dans un communiqué.

En juin, la Colombie-Britannique a perdu 181 personnes des suites d'une surdose, un triste record pour une province qui, quatre ans après avoir déclaré l’état d’urgence sanitaire, peine à contenir cette autre épidémie qui crée des ravages dans de nombreuses communautés.

Pour un cinquième mois consécutif, les morts par surdoses dans la province dépassent la centaine.

Considérant que le taux de mortalité des surdoses plus élevé que celui lié à la COVID-19, des personnes réclament par ailleurs que les efforts du gouvernement pour lutter contre la crise des opioïdes soient aussi importants que ceux déployés pour freiner la propagation de la COVID-19.

Un enjeu électoral de taille

La crise des surdoses semble ainsi se tailler une place de choix dans la présente campagne électorale provinciale.

Un sondage mené à la veille du déclenchement des élections indique qu'une majorité d'électeurs ne sont pas satisfaits de la gestion du gouvernement dans ce dossier.

Pas moins de 71 % des répondants sont d’avis que le premier ministre, John Horgan, n’a pas fait un bon travail pour endiguer la crise des opioïdes.

Ce dernier a récemment exhorté Ottawa à élaborer un plan national de décriminalisation de la possession simple de drogues.

Un homme fume de la drogue dans le quartier Downtown Eastside de Vancouver.

Les régions qui connaissent le plus grand nombre de décès liés à la consommation de drogues illicites en 2020 sont Vancouver, Surrey et Victoria, indique le Bureau des coroners.

Photo : Radio-Canada / Ben Nelms

D’une pandémie à l’autre

La tendance encourageante à la baisse annoncée au début de l'année a rapidement été freinée par les mesures restrictives imposées par la pandémie, admettent les autorités provinciales.

Reconnaissant que les mesures de distanciation sociale implantées au début de la pandémie jouent un rôle dans l’exacerbation de la crise des surdoses, la médecin hygiéniste en chef de la province, Bonnie Henry, implore les utilisateurs de ne pas consommer seuls et invite leurs proches à rester en contact avec ces derniers.

Les autorités signalent par ailleurs qu'aucun décès n'est survenu dans les locaux de centres d'injection supervisée durant le mois d'août.

Notre dossier COVID-19 : ce qu'il faut savoir

Des mesures récentes pour tenter de freiner le fléau

La semaine dernière, la médecin hygiéniste en chef de la province, Bonnie Henry, a autorisé certaines infirmières et infirmières psychiatriques à prescrire des solutions pharmaceutiques de remplacement aux personnes qui souffrent de dépendance aux drogues illicites.

La Colombie-Britannique a également annoncé l'investissement de 36 millions de dollars pour doubler le nombre de lits réservés aux soins des moins de 25 ans.

Parmi les victimes des surdoses survenues depuis le début de l'année dans la province, 60 étaient âgées de moins de 25 ans.

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