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L'Institut de cardiologie de Montréal poursuivi par la famille d'un patient décédé

La poursuite allègue qu'une mauvaise communication a mené à une erreur médicale fatale.

Panneau de l'Institut de cardiologie de Montréal.

Yvan Gagnon est décédé en septembre 2018 à l'Institut de cardiologie de Montréal.

Photo : Ivanoh Demers

La famille d'Yvan Gagnon, décédé le 20 septembre 2018, réclame 615 000 $ à l'Institut de cardiologie de Montréal. Dans une poursuite civile déposée en Cour supérieure du Québec, elle allègue qu'une mauvaise communication entre les membres du personnel soignant a mené à une erreur médicale fatale.

Yvan Gagnon avait 59 ans lorsqu'il est mort à la suite d'un remplacement de la valve aortique par une prothèse mécanique.

Hospitalisé pendant plusieurs jours à l'Hôpital Pierre-Boucher, à Longueuil, à l'été 2018, il a été transféré à l'Institut de cardiologie de Montréal. Opéré à cœur ouvert le 27 août 2018, M. Gagnon a aussi subi un pontage mammoro-coronarien.

Dans la poursuite, il est allégué qu'une « mauvaise communication entre les intervenants » de l'Institut, dès la sortie de M. Gagnon du bloc opératoire, aurait privé celui-ci du traitement nécessaire aux anticoagulants et au Coumadin qu'il aurait dû recevoir de la deuxième à la cinquième journée suivant l'opération.

Yvan Gagnon.

Yvan Gagnon est décédé le 20 septembre 2018.

Photo : Radio-Canada

C'est une infirmière aux soins intensifs, avance-t-on, qui aurait rédigé une note médicale erronée en confondant un remplacement de valve mécanique avec une procédure biologique. Le protocole de rémission est différent, selon le cas.

C'est une erreur majeure dans un processus où, d'habitude, ces choses-là n'arrivent pas. […] Lors du transfert du patient du bloc opératoire vers les soins intensifs, personne aux soins intensifs n'a vérifié quelle sorte de prothèse [cardiaque] le patient avait eue, explique Me Jean-Pierre Ménard, qui a déposé la poursuite au nom de la famille du défunt.

Cette omission d'administrer immédiatement les médicaments appropriés aurait provoqué un dysfonctionnement de la valve mécanique d'Yvan Gagnon qui, de retour à l'Hôpital Pierre-Boucher, a subi une batterie d'examens parce que son état de santé se détériorait.

Les examens ont révélé la présence d'un thrombus dans le cœur du patient, pour expliquer le dysfonctionnement de la valve mécanique, affirme Me Ménard.

Un contenu vidéo est disponible pour cet article

Le 10 septembre, M. Gagnon a été renvoyé à l'Institut de cardiologie pour qu'y soit remplacée la valve aortique mécanique, devenue défectueuse.

On a tenté de lui installer une autre valve mécanique, mais le patient ne s'est jamais réveillé [après cette deuxième chirurgie à cœur ouvert], précise l'avocat de la poursuite.

Le 20 septembre 2018, Yvan Gagnon, inconscient, est finalement décédé dans son lit de l'Institut de cardiologie.

Des filles endeuillées

On a reçu le téléphone [pour apprendre sa mort]… Les jambes m'ont coupé, se rappelle Marie-Pier, la fille d'Yvan Gagnon, qui était retournée chez elle en vitesse pour prendre une douche et changer de vêtements.

Elle et sa sœur Renée affirment que leur père avait fait carrière dans le réseau de la santé. Il était pleinement conscient des conséquences de ne pas avoir reçu rapidement des anticoagulants et du Coumadin.

Papa, avant sa deuxième opération, était fâché de la situation. Il savait exactement vers quoi il s'enlignait avec les risques d'une deuxième opération. Ça l'inquiétait. Ça le fâchait aussi. Lui voulait vraiment savoir ce qui s'était passé, affirme Marie-Pier.

C'est la raison pour laquelle une poursuite au civil a été déposée après la réception du rapport du commissaire local aux plaintes de l'Institut de cardiologie de Montréal.

Le document remis à la famille le 29 janvier 2019 détaille les faits allégués et les mesures correctives mises en place.

Yvan Gagnon en compagnie de ses deux filles, Marie-Pier (à gauche) et Renée (au centre).

Yvan Gagnon en compagnie de ses deux filles, Marie-Pier (à gauche) et Renée (au centre).

Photo : Radio-Canada

Ce qui est arrivé n'aurait jamais dû arriver. Ça a coûté la vie à mon père. Renée a trois enfants qui vont grandir sans leur grand-père. Puis moi, mon père ne viendra jamais à mon mariage. Il ne verra jamais ma première maison. Ça a coûté cher [à notre famille], affirme Marie-Pier, lorsqu'elle revient sur ce qu'elle considère comme une erreur médicale fatale.

Contacté par Radio-Canada, l'Institut de cardiologie s'en tient à son obligation de confidentialité. Nous ne pouvons commenter le cas spécifique d’un patient, puisque nous traitons de façon confidentielle tout renseignement sur nos patients, répond-il par courriel.

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