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La hausse des signalements à la DPJ est « préoccupante » selon l'APTS

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Le service de la Direction de la protection de la jeunesse en Estrie.

Il y a eu une hausse de signalements de 28% à la DPJ Estrie pour l'année 2019-2020.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Les Directeurs de la Protection de la Jeunesse (DPJ) du Québec ont publié leur bilan annuel mercredi. En Estrie, ce sont 7 744 signalements qui ont été traités pour l’année 2019-2020. Une hausse de 28% par rapport à l'année précédente que l'Alliance du personnel professionnel et technique (APTS) trouve « préoccupante ».

La liste d’attente est toujours là. C’est ce qui est préoccupant. [...] Les conditions de travail ne sont pas faciles pour les intervenants. On craint que des gens décident de quitter la protection de la jeunesse, fait savoir Marc Richard, représentant national de l’APTS en Estrie.

Ce qu’on entend lorsque [les employés] viennent cogner à la porte, c’est qu’il y a encore beaucoup de situations difficiles.

Marc Richard, représentant national de l’APTS en Estrie

Pour Marc Richard, le recrutement à la DPJ serait le nerf de la guerre. C’est difficile d’attirer et de garder des employés à la DPJ, regrette-t-il.

Ce dernier pense par ailleurs que l'Estrie ne serait pas à l'abri d'un autre drame. On a fait un bilan un an après le drame [de Granby], en avril dernier, et le constat qu’on a fait est que nous ne sommes pas à l’abri d’un autre drame. Un drame est un drame de trop, indique-t-il.

Hausse de 28% des signalements

Pour l'année précédente, c'est-à-dire celle de 2018-2019, l'Estrie comptait 6040 signalements. Il s’agit donc d’une augmentation de 28,2%.

On sait que l’année dernière, c’était l’année suivant le décès de la petite fille de Granby, donc on sait qu’il y a eu une augmentation de signalements qui peuvent être attribués à cet événement, a expliqué Johanne Fleurant, directrice de la DPJ Estrie.

L'origine de la provenance des signalements est, dans l’ordre, des organismes qui travaillent auprès des familles, des milieux scolaires, des milieux familiaux, des policiers, puis de la communauté.

Mme Fleurant précise toutefois que le nombre de signalements retenus a diminué légèrement. En tout, 32,3% des signalements ont été retenus, contre 37,4% l’an passé.

On voit que la population était plus inquiète.

Johanne Fleurant, directrice de la DPJ Estrie

La négligence demeure le motif le plus important donné lors d’un signalement.

Pour l’an dernier, près de 39% des signalements étaient pour négligence ou risque de négligence.

Ce que l’on voit apparaître de plus en plus, c’est le mauvais traitement psychologique, en lien avec tous les conflits de séparation qui ont tendance à augmenter et à se complexifier, suivi de près par l’abus physique et l’abus sexuel, ajoute Johanne Fleurant.

En Estrie, 56,1% des enfants, dont la situation a été prise en charge par les DPJ, ont pu rester dans leur milieu familial ou chez des tiers significatifs. De ce nombre, 48,2% ont pu demeurer à la maison.

Les listes d'attente s'améliorent

En date du 31 mars 2019, 685 enfants se trouvaient sur la liste d'attente pour le traitement du signalement. Un an plus tard, il n'y avait plus d'attente. Encore aujourd'hui, en date du 21 septembre 2020, il n'y a toujours aucun enfant en attente sur cette liste.

Quant à la liste d'attente pour l'évaluation et l'orientation du signalement, 151 enfants s'y trouvent en date du 21 septembre, alors qu'il y en avait 612 à la fin du mois de mars dernier.

La DPJ Estrie en chiffres pour l'année 2019-2020

  • 7 744 signalements, une hausse de 28,2%
  • 32,3% des signalements ont été retenus
  • Près de 39% des signalements étaient pour négligences ou risque de négligence
  • 48,2% des enfants accompagnés par la DPJ Estrie ont pu demeurer à la maison

Situation au Québec

Les Directeurs de la Protection de la Jeunesse du Québec ont reçu quotidiennement 324 signalements dans la dernière année.

C'est 35 de plus par jour que l'année précédente, soit une hausse de 12%.

Un peu plus du tiers de ces signalements ont été retenus.

Les DPJ estiment que l'année 2019-2020 a apporté son lot de défis.

En raison de la pandémie, notamment, ils ont dû adapter leur offre de services et leurs pratiques pour continuer de répondre aux besoins des enfants et leur famille.

Du 1er avril au 30 juin, soit pendant la pandémie, l'Estrie a noté une diminution de 5,7% des signalements alors que le Québec a connu une baisse de 20,2%.

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