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Certaines cellules immunitaires permettent de prédire l’évolution de la COVID-19

Le SRAS-CoV-2, responsable de la COVID-19, vu dans un microscope électronique.

Le SRAS-CoV-2, responsable de la COVID-19, vu dans un microscope électronique.

Photo : Reuters / NIAID-RML

Radio-Canada

Les personnes qui souffrent de formes sévères de la COVID-19 présentent des changements dans une classe de cellules immunitaires appelées « lymphocytes T non conventionnels », affirment des scientifiques français.

Les travaux du chercheur Christophe Paget et de ses collègues du Centre d’études des pathologies respiratoires de l’Université de Tours laissent à penser que le fait de surveiller l’activité de ces cellules dans le sang des patients pourrait permettre de prédire la gravité et l’évolution de la maladie.

Dans la plupart des cas, les personnes infectées par le virus du SRAS-CoV-2 présentent des symptômes relativement bénins, allant de la toux à des douleurs musculaires.

Mais dans des cas plus rares, certaines d’entre elles peuvent avoir de la difficulté à respirer ou présenter une perte d’élocution ou de motricité.

Gros plan du coronavirus SRAS-CoV-2 observé à la surface d’une cellule épithéliale respiratoire humaine.

Gros plan du coronavirus SRAS-CoV-2 observé à la surface d’une cellule épithéliale respiratoire humaine.

Photo : M.Rosa-Calatrava/O.Terrier/A.Pizzorno/E.Errazuriz-Cerda

Les patients qui développent une réponse inflammatoire anormale associée à des lésions pulmonaires et à un syndrome de détresse respiratoire aiguë (SDRA) peuvent en mourir.

Les personnes les plus à risque sont :

  • Celles qui ont un système immunitaire affaibli;
  • Celles qui ont des maladies chroniques telles que le diabète, les maladies cardiaques, pulmonaires et rénales;
  • Celles qui ont 70 ans et plus.

Le rôle des cellules immunitaires et des molécules inflammatoires responsables du SDRA associées à la COVID-19 demeurait mal compris par les chercheurs.

Et c’était particulièrement le cas des lymphocytes T non conventionnels, une classe de cellules immunitaires qui participent au contrôle de la réponse à une infection virale et qui sont fréquemment retrouvées dans les poumons et dans d’autres tissus muqueux de l’organisme.

Le rôle des lymphocytes T non conventionnels dans le processus physiopathologique du SDRA causé par le SRAS-CoV-2 n’a pas encore été exploré.

Christophe Paget

Pour mieux décrire leur rôle, l’équipe de M. Paget a comparé la quantité et le type de cellules immunitaires présentes dans le sang et les voies respiratoires des personnes atteintes de la COVID-19 à celles retrouvées chez des volontaires sains ou des patients admis en réanimation pour des raisons autres que la COVID.

Leurs observations :

  • Deux populations de lymphocytes T non conventionnels, connus sous le nom de lymphocytes T invariants associés aux muqueuses (MAIT) et de lymphocytes T Natural Killer (iNKT), se retrouvent en quantité considérablement réduite dans le sang des patients atteints de la forme sévère de la maladie.
  • À l’inverse, la quantité des lymphocytes T invariants associés aux muqueuses dans les voies respiratoires de ces patients est plus grande, ce qui laisse entrevoir une migration de ces cellules vers les poumons afin de contrôler localement l’infection par le SRAS-CoV-2.
  • Ces deux populations semblent être fortement activées chez les personnes atteintes de la COVID-19, produisant de nombreuses molécules inflammatoires.

En outre, les chercheurs ont découvert que les personnes dont ces deux types de cellules étaient particulièrement présentes dans leur sang au moment de leur admission en réanimation présentaient une meilleure évolution de leur niveau d’hypoxémie (faible taux d’oxygène dans le sang).

De plus, elles sortaient également plus tôt des soins intensifs, ce qui suggérait une évolution plus rapide et plus favorable de leur maladie.

Nos conclusions devraient encourager d’autres études sur les cellules MAIT et iNKT dans les cas de syndrome de détresse respiratoire aiguë induits par le SRAS-CoV-2 afin d’évaluer leur potentiel en tant que biomarqueurs et/ou cibles pour les stratégies d’intervention immunitaire, explique Christophe Paget.

Cette piste est intéressante, car nous savons déjà manipuler les lymphocytes T non conventionnels dans des modèles expérimentaux. Toutefois, ces perspectives cliniques sont à envisager à plus long terme.

Christophe Paget

Rappelons que le Canada compte plus de 146 000 cas déclarés de la COVID-19, et que 9274 personnes en sont mortes au pays.

Le détail de ces travaux est publié dans le Journal of Experimental Medicine (Nouvelle fenêtre) (en anglais).

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