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Nombre d’enfants avec un diabète de type 2 au Manitoba : plus de 50 % en 10 ans

Une personne mesure son taux de glucose dans le sang.

Les enfants autochtones sont plus concernés par le diabète que les enfants non autochtones au Manitoba.

Photo : iStock

Radio-Canada

Le nombre d’enfants qui ont reçu récemment un diagnostic de diabète de type 2 a bondi de plus de 50 % en 10 ans au Manitoba, selon une récente étude.

L'étude (Nouvelle fenêtre), menée par des chercheurs du Secrétariat de la santé et des affaires sociales des Premières Nations du Manitoba et du Manitoba Centre for Health Policy, révèle aussi que les enfants autochtones courent 25 fois plus de risques d’être atteints de ce type de diabète que les enfants non autochtones.

Elle a été réalisée à l'aide de multiples ensembles d'information issus du répertoire de données de recherche sur la population du Manitoba.

Le rapport indique que l’incidence annuelle, c’est-à-dire le taux de nouveaux diagnostics de diabète de type 2 parmi tous les enfants manitobains, est passée de 22,8 cas pour 100 000 enfants à 35,7 cas au cours de la dernière décennie.

Dans le détail, parmi les enfants autochtones, ce taux d’incidence est passé de 110,48 pour 100 000 enfants en 2009-2010 à 154,59 en 2017-2018, soit une augmentation de 40 %, écrivent les chercheurs.

Pour tous les autres enfants non autochtones, le taux est passé d’environ 5 pour 100 000 à 6,13, soit une augmentation d’environ 23 %.

Le diabète progresse plus vite chez les jeunes

Le rapport montre que les taux de diabète de type 2 chez les enfants et les jeunes de moins de 30 ans augmentent plus rapidement que dans tout autre groupe d'âge et que ces jeunes ont un grand nombre d'autres complications de santé, explique la Dre Elizabeth Sellers, qui fait partie des auteurs du rapport.

Si les gens reçoivent un diagnostic de diabète de type 2 de plus en plus jeune, cela crée toute une génération de personnes qui grandissent en étant malades, ajoute-t-elle.

Qui s'occupe maintenant des enfants? Qui s'occupe des aînés? Cette partie importante de la population va elle-même être malade, demande-t-elle.

Cela a un impact sur la manière dont fonctionnent une société et une structure. Je pense que celui-ci va être énorme si nous n'utilisons pas ces données comme impulsion pour le changement.

Les chercheurs ont également constaté que, bien que les membres des Premières Nations au Manitoba consultent leur médecin de famille autant que les non-Autochtones, ils ont moins accès à des spécialistes, ce qui entraîne de fortes complications.

Par exemple, dans toutes les régions du Manitoba, les membres des Premières Nations atteints de diabète de type 2 présentaient des taux constamment plus élevés d'amputation des membres inférieurs que toutes les autres personnes atteintes du même diabète, selon le rapport.

On croit généralement que les membres des Premières Nations ont plus de complications parce qu'ils n'ont pas accès aux soins de santé, explique la Dre Chelsea Ruth, l'une des codirectrices du rapport, dans un communiqué de presse.

Or ce rapport montre en fait qu'ils reçoivent des soins de santé dans les mêmes proportions, mais que les soins reçus ne sont pas adéquats pour répondre à leurs besoins.

Racisme systémique et pauvreté en partie en cause

Les auteurs de l'étude expliquent que le racisme systémique et les lois coloniales sont en partie responsables d'un nombre disproportionné d'enfants des Premières Nations atteints de diabète de type 2.

Ces taux élevés de diabète sont le résultat direct des mauvaises conditions de vie que connaissent de nombreux membres des Premières Nations, affirme Lorraine McLeod, du Diabetes Integration Project qui émane du Secrétariat à la santé et aux affaires sociales des Premières Nations du Manitoba.

Elle cite en exemple le fait que de nombreux enfants des Premières Nations n'ont pas accès aux mêmes possibilités de loisirs que les autres enfants et qui pourraient améliorer leur état de santé.

Si vous regardez une autre population et la placez dans les mêmes conditions que celles dans lesquelles les Premières Nations ont vécu et auxquelles elles font face aujourd'hui, vous verrez que ce sont des conditions qui toucheraient n'importe quelle population de la même manière, assure-t-elle.

L'étude révèle également qu'au fur et à mesure que de plus en plus de jeunes reçoivent un diagnostic de diabète de type 2, davantage de femmes sont enceintes alors qu'elles ont la maladie.

Entre 2011 et 2017, 2283 nourrissons sont nés de femmes atteintes de diabète de type 2 au Manitoba, dont environ la moitié sont nés de femmes autochtones, selon l'étude.

Le rapport recommande que le dépistage du diabète de type 2 se fasse à un plus jeune âge. Il recommande également que les jeunes adultes atteints de la maladie bénéficient d'un meilleur soutien et aient accès aux services de santé.

En outre, le rapport recommande l'expansion des soins néonataux et prénataux dans les hôpitaux proches des communautés rurales où vivent de nombreuses femmes atteintes de diabète de type 2, afin de permettre les hospitalisations prénatales et les soins des prématurés tardifs.

Selon des informations de Sarah Petz

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