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Un réseau de surveillance pour protéger les abeilles terre-neuviennes

Peter Armitage.

L'apiculteur Peter Armitage, propriétaire d'un rucher à Portland (T.-N.-L.), aide à mettre en place un réseau de bénévoles pour surveiller et signaler la présence de parasites.

Photo : Radio-Canada / Patrick Butler

Les apiculteurs à Terre-Neuve créent un réseau de surveillance pour protéger leurs ruches d’une menace minuscule, mais dévastatrice, un acarien qui a déjà décimé des populations d’abeilles ailleurs en Atlantique.

L’île de Terre-Neuve est un des seuls endroits sur la planète qui demeure à l’abri du varroa, un parasite de la taille d’un grain de sable qui est une des pires menaces au monde pour les abeilles, selon l’apiculteur Peter Armitage.

Presque la totalité des apiculteurs au Nouveau-Brunswick, en Nouvelle-Écosse, à l’Île-du-Prince-Édouard et ailleurs au Canada sont confrontés avec la présence du varroa, tous les jours, explique-t-il en soulignant l’importance du plan de prévention dévoilé cette semaine pour plus facilement détecter et gérer la présence des parasites à Terre-Neuve.

M. Armitage, un passionné d’abeilles qui habite à Portland, dans la péninsule de Bonavista, note qu’il faudrait agir très rapidement si jamais le varroa traverse le golfe du Saint-Laurent. Si le varroa arrive à Terre-Neuve sans être détecté, dans cinq ans, presque toutes les abeilles de la province pourraient avoir le parasite, dit-il.

Des abeilles à l'intérieur d'une ruche.

Des abeilles à l'intérieur d'une des ruches de Peter Armitage.

Photo : Radio-Canada / Patrick Butler

Une première ligne de défense

En créant un réseau de surveillance, l'association apicole forme une équipe de bénévoles chargés de dépister des ruches situées près des points d'entrée, comme l’aéroport de Saint-Jean, et des régions qui comptent un grand nombre de ruchers.

En effectuant régulièrement des dépistages, l’association sera capable de rapidement sonner l’alarme aussitôt que le varroa est recensé à Terre-Neuve. Peter Armitage rappelle qu’en Nouvelle-Zélande et en Nouvelle-Écosse, l’acarien s’est récemment propagé parce qu’il est passé inaperçu pendant plusieurs années.

M. Armitage explique que quand que le varroa est recensé sur le territoire, l’apicultrice en chef de la province doit être contactée immédiatement pour déclencher un processus qui ressemble un peu au traçage des contacts effectué quand un cas de COVID-19 est signalé.

Toutes les colonies du secteur doivent être dépistées et les ruches affectées doivent être isolées et détruites.

Former les nouveaux apiculteurs est primordial

L’apiculture devient de plus en plus populaire à Terre-Neuve, selon M. Armitage. En 2010, il n’y avait que 6 apiculteurs sur l'île. À l’heure actuelle, Terre-Neuve compte environ 130 apiculteurs, dont une dizaine d’apiculteurs commerciaux.

M. Armitage indique que le plan de l'association apicole priorise la surveillance passive par tous les apiculteurs et vise à former tous les membres de la communauté de passionnés d’abeilles pour qu'ils sachent comment dépister leur ruche et quoi faire s’ils trouvent un acarien.

On a une communauté d’apiculteurs très jeune qui n’a pas beaucoup de formation. [Ils ont] besoin d’apprendre le plus rapidement possible comment bien surveiller pour le varroa et si, finalement, cet acarien arrive et est ici pour le bon, pour toujours, comment gérer le varroa.

Peter Armitage

C’est une approche coopérative qui va prendre de la formation, mais aussi de la discipline, ajoute-t-il.

L’association organise des ateliers de formation à Saint-Jean, à Port Blandford, à Grand Falls-Windsor et à Cormack. Ces ateliers gratuits, subventionnés par le gouvernement provincial, auront lieu du 3 au 10 octobre.

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