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4 façons de freiner la propagation de la COVID-19 en Ontario

Un expert prédit que l'Ontario pourrait avoir 1000 nouveaux cas de COVID-19 par jour d'ici un mois, si rien n'est fait.

Une femme descend les marches d'un escalier où sont écrites des instructions de distanciation sociale.

L'Ontario doit agir immédiatement pour freiner la propagation de la COVID-19, selon plusieurs experts.

Photo : CBC/Evan Mitsui

Radio-Canada

L'Ontario doit agir immédiatement pour limiter la hausse du nombre de cas de coronavirus, affirment des experts, qui proposent une série de mesures, y compris un reconfinement partiel.

Le week-end dernier, le premier ministre Doug Ford a restreint la taille des rassemblements à l'intérieur (10 personnes) et à l'extérieur (25 personnes).

Mais selon plusieurs experts, la province doit faire beaucoup plus pour contenir la deuxième vague anticipée, alors que 300 nouveaux cas ou plus sont recensés chaque jour depuis une semaine.

La hausse des cas est exponentielle présentement, souligne l'épidémiologiste David Fisman, professeur à l'Université de Toronto.

David Fisman en entrevue dans sa maison.

L'épidémiologiste et professeur à l'Université de Toronto David Fisman

Photo : CBC

Selon lui, si rien n'est fait, l'Ontario pourrait avoir 1000 infections par jour d'ici 4 semaines.

Il faut être proactif, sinon il faudra reconfiner toute l'économie en octobre ou en novembre, parce qu'on aura une catastrophe sur les bras.

David Fisman, épidémiologiste

Fermer partiellement les bars et les restaurants

Des employés à l'oeuvre dans un restaurant.

(archives)

Photo : Radio-Canada / Priscilla Plamondon Lalancette

Le service à l'intérieur des bars et des restaurants est un facteur « très important » dans la transmission du coronavirus, selon le professeur Fisman.

Le Dr Irfan Dhalla, de l'organisation Unity Health, qui gère les hôpitaux St. Michael et St. Joseph, notamment, est d'accord.

Compte tenu de la vitesse à laquelle les infections augmentent actuellement, ça a du sens de suspendre le service à l'intérieur des bars et des restaurants, et peut-être de fermer les salles d'entraînement aussi.

Le Dr Irfan Dhalla, Unity Health
Le Dr Irfan Dhalla en entrevue dans un bureau.

Le Dr Irfan Dhalla, vice-président pour Unity Health, qui gère les hôpitaux St. Michael et St. Joseph, notamment.

Photo : CBC/Craig Chivers

L'épidémiologiste et professeur à l'Université d'Ottawa Raywat Deonandan pense que la province devrait carrément fermer les bars et permettre aux restaurants de servir les clients uniquement sur leur terrasse, en plus d'offrir des plats à emporter et des livraisons.

Selon lui, ça enverrait un signal à la population quant à l'urgence de la situation. On ne veut pas que les gens cessent de vivre leur vie pendant 6, 9, 12 ou même 24 mois, dit-il, mais il faut que les comportements soient restreints.

Aider à limiter les contacts

Le premier ministre a plusieurs outils à sa disposition pour réduire les contacts interpersonnels liés à la propagation du coronavirus, affirme le professeur Fisman.

Angie, une employée du Centre de santé communautaire Hamilton-Niagara, au téléphone.

Angie, une employée du Centre de santé communautaire Hamilton-Niagara, au téléphone

Photo : Avec l'autorisation du Centre de santé communautaire Hamilton/Niagara

Ça veut dire par exemple que tous ceux qui peuvent travailler de la maison devraient y rester et faire du télétravail, selon lui.

Il croit aussi que la province doit reconnaître que la pandémie touche particulièrement les individus de milieux défavorisés et des communautés culturelles. Nombre d'entre eux habitent dans des immeubles et doivent prendre le transport en commun pour aller au travail, multipliant leur risque d'entrer en contact avec une personne infectée.

Améliorer les communications

Le message de la santé publique jusqu'à maintenant a été d'implorer le public de respecter les consignes, alors que le premier ministre Ford s'attaquait aux jeunes et à leurs « grosses fêtes » et imposait des amendes, note le professeur Deonandan.

On sort le bâton, on réprimande, on évoque la loi et on impose des amendes. Mais on n'explique pas aux gens pourquoi ils devraient respecter les règles.

Raywat Deonandan, épidémiologiste

On doit trouver de meilleures façons de communiquer avec les Ontariens pour qu'ils comprennent les risques réels liés à la COVID, pas seulement pour leurs proches, mais pour eux-mêmes aussi, soutient le Dr Andrew Boozary, du Réseau de santé universitaire de Toronto.

Reconfiner partiellement

Le Dr Boozary pense que la province pourrait devoir revenir à l'étape 2 du déconfinement comme en juin-juillet, ce qui voudrait dire fermer les cinémas, les salles d'entraînement, les casinos et les palais des congrès, notamment.

Un cycliste devant des commerces dont la devanture est recouverte de panneaux de bois.

Des magasins barricadés le long de la rue Queen West dans le centre-ville de Toronto en mai 2020 en raison du confinement de la COVID-19.

Photo : CBC/Craig Chivers

Les bars et les restaurants pourraient seulement servir les consommateurs à l'extérieur ou offrir des commandes à emporter ou des livraisons.

Le signal qui est envoyé quand ces endroits sont ouverts, c'est que c'est permis de s'y rassembler. On veut tous que l'économie revienne à la normale, mais si on ne mate pas la résurgence du virus, l'économie va continuer à en souffrir.

Le Dr Andrew Boozary, Réseau de santé universitaire de Toronto

Le Dr Dhalla se réjouit de voir que le nombre de décès n'est pas aussi élevé pour l'instant qu'au printemps dernier, mais il souligne que des Canadiens meurent de la COVID chaque jour présentement.

Derrière les statistiques, il y a des gens, leurs proches, dit-il. Ceux qui travaillent comme moi dans le système de santé craignent de voir encore plus de personnes mourir au cours des semaines à venir.

Avec les informations de CBC News

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