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Les Montréalais infectés devront appeler eux-mêmes certains contacts

Le nombre de cas et de contacts a bondi et les ressources manquent.

Une femme portant un masque est assise devant son poste d'ordinateur.

Le traçage de contacts est l'un des meilleurs moyens pour freiner la propagation d'un virus.

Photo : Radio-Canada

La Direction régionale de santé publique de Montréal a avisé lundi ses équipes épidémiologiques qu’en raison de la multiplication du nombre de nouveaux cas, elles doivent désormais seulement appeler les contacts à risque d’une personne infectée par la COVID-19. Les autres devront être joints par la personne infectée.

Ces équipes se concentreront sur les appels pour informer les personnes d’un résultat positif.

Nous allons continuer de contacter les personnes en contact étroit et ceux qui sont à risque élevé, affirme le porte-parole, Jean-Nicolas Aubé.

En temps normal, lorsqu’une personne reçoit un résultat positif, ces équipes épidémiologiques retracent l’origine des éclosions en appelant minutieusement tous les contacts de cette personne. Le but? Freiner rapidement la propagation du virus.

Mais depuis le déconfinement, le nombre de contacts s’est multiplié et il n’est pas rare de devoir appeler des dizaines de personnes par personne infectée.

Montréal a recensé près de 900 nouveaux cas dans les sept derniers jours. Ainsi, la DSP de Montréal devrait appeler au moins 10 000 personnes dans un délai très court. Un seul appel peut prendre deux heures.

Mais le manque de personnel rend la tâche presque impossible à effectuer.

À Montréal, 80 personnes, dont 20 provenant d’une firme externe, font ce travail de traçage. Au printemps, l'équipe comptait environ 150 enquêteurs, dont plusieurs étudiants, qui sont retournés aux études.

À travers la province, environ 750 personnes travaillent au sein des équipes épidémiologiques qui retracent les contacts d’une personne infectée par la COVID-19. Plusieurs régions ont des équipes d'au moins 50 personnes, mais Montréal est loin d’avoir le plus d’enquêteurs : Laval (172), Montréal (80), Montérégie (172), Laurentides (50), Bas-Saint-Laurent (50), Saguenay-Lac-Saint-Jean (87).

La DSP de Montréal affirme qu’elle veut ajouter une quarantaine de personnes à son équipe et que la firme devrait embaucher cinq autres enquêteurs pour faire face à cette situation unique et temporaire.

Entre-temps, la DSP de Montréal demandera aux Montréalais infectés d'appeler eux-mêmes certains de leurs contacts. Le feront-ils? Difficile à dire, mais déjà les enquêteurs voient que plus du quart des personnes ne répondent pas à leurs appels.

Pourquoi ne pas avoir embauché plus tôt? C’est une situation unique et on s’adapte, assure M. Aubé.

On faisait beaucoup plus de cas avec un nombre similaire d'enquêteurs au printemps. La nature des enquêtes a changé, ajoute-t-il.

Afin de contrôler l'épidémie, il est nécessaire de joindre au moins 80 % des gens qui ont été en contact avec une personne infectée en moins de trois jours, affirme le docteur en santé publique de l'Université de Montréal Carl-Étienne Juneau, en entrevue à ICI Première.

Au début de la pandémie, c’est tout le milieu de la santé qui a été mis à contribution pour faire du traçage de contacts : étudiants en médecine, infirmières à la retraite, kinésiologues, chirurgiens-plasticiens.

Mais plusieurs traceurs sont retournés à leurs occupations habituelles; et les étudiants, à leurs études.

À Montréal, comme ailleurs au pays, les régies de santé publique essaient de pourvoir des centaines de postes d'enquêteurs épidémiologiques pour faire face à la deuxième vague.

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