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Ce que l'on sait sur Pascale Ferrier, accusée d'avoir menacé Donald Trump

Des agents en tenue de camouflage transportent de l'équipement.

Les policiers effectuent une perquisition dans un immeuble du boulevard Vauquelin dans l'arrondissement de Saint-Hubert, à Longueuil , le 21 septembre 2020.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

La Presse canadienne

Une femme « agréable », « polie », « très très gentille », « dévouée », « tout ce qu'il y a de plus normale ». C'est ainsi que des gens qui ont croisé le chemin de Pascale Ferrier décrivent la femme soupçonnée d'être l'auteure de lettres empoisonnées envoyées aux forces de l'ordre américaines ainsi qu'à la Maison-Blanche.

Développeuse de logiciels de formation et originaire de France, Pascale Ferrier est devenue citoyenne canadienne en février 2015, selon sa page Facebook.

La mère de famille a travaillé comme responsable de la configuration de logiciels par l'entremise d'une agence de placement.

Dernièrement, elle avait confié à une connaissance qu'elle était devenue salariée.

Rien ne me laissait croire qu'elle pouvait pratiquer des actions illégales, avoir des antécédents ou quoi que ce soit d'autre. Je suis honnêtement surprise et choquée par ces révélations, a indiqué à La Presse canadienne cette personne qui préfère garder l'anonymat.

La Pascale Ferrier que j'ai connue était tout ce qu'il y a de plus normale, a-t-elle ajouté.

Pascale Ferrier avait récemment emménagé au sud de Montréal, mais des documents publics montrent qu'elle a également vécu à Laval dans les dernières années. Ces documents indiquent qu'en 2018, elle avait accumulé un passif de 248 642 $ contre des actifs de 222 441 $, selon des montants autodéclarés.

Après un séjour de quelques mois aux États-Unis en 2019, elle a travaillé plusieurs mois dans une petite épicerie au sud de Montréal. Luc Gagnon, le propriétaire du magasin, a dit qu'elle n'avait jamais discuté de politique ni de son séjour aux États-Unis.

C'était une employée dévouée, une travailleuse acharnée, a ajouté Luc Gagnon mardi.

Même si elle avait cessé de travailler pour lui en février dernier, Luc Gagnon la voyait de deux à trois fois par semaine à son magasin dans un quartier ouvrier de Longueuil.

Il a précisé qu'il avait vu Pascale Ferrier pour la dernière fois samedi, une journée avant son arrestation, et qu'elle était comme d'habitude, c'est-à-dire bavarde. Tout semblait normal, comme d'habitude, a mentionné l'épicier.

Samedi, elle a dit qu'elle allait faire des courses, sa routine quotidienne.

L'homme s'est dit choqué et surpris d'apprendre qu'elle avait été arrêtée.

Photo de police de Pascale Ferrier.

Pascale Ferrier

Photo : Bureau du shérif du comté d'Hidalgo au Texas

Un voyage aux États-Unis qui tourne mal

Selon des publications sur Facebook, Pascale Ferrier a quitté le Canada pour le Texas en octobre 2018 à bord d'une autocaravane avec l'intention d'aller vivre plusieurs mois dans cet État, où selon une connaissance, elle avait de la famille. En juin 2019, elle a écrit qu'elle rentrait au Canada, traversant la frontière du Manitoba sans problème.

Toutefois, elle a passé du temps en prison à Mission, au Texas, en mars 2019, pour un chef d'accusation de falsification de documents gouvernementaux et deux chefs d'accusation de possession illégale d'une arme.

La police de Mission avait arrêté Pascale Ferrier après l'avoir trouvée dans un parc, après les heures d'ouverture, dans son autocaravane. Selon son avocat commis d'office, Alberto Osorio, elle avait d'abord refusé de s'identifier.

La police avait ensuite effectué une fouille et avait trouvé un faux permis de conduire du Texas et deux armes à feu, selon la police et le procureur.

Le procureur du district Ricardo Rodriguez fils a déclaré que son bureau ne l'avait pas officiellement accusée de port illégal d'arme, car il ne pensait pas qu'il serait possible d'obtenir une condamnation.

L'accusation de falsification de documents gouvernementaux a été rejetée en mai 2019, en partie parce que Pascale Ferrier faisait face à l'expulsion par les services d'immigration et de douane des États-Unis, a ajouté M. Rodriguez.

Selon lui, il n'y avait aucun signe que la femme de 53 ans posait un danger à l'époque. Elle a coopéré avec la police lorsqu'elle a été arrêtée, et il n'y avait rien de suspect sur le fait qu'elle avait des armes à feu, a-t-il dit. Les armes n'avaient pas été pointées sur la police lors de l'arrestation.

J'aurais aimé que nous ayons une boule de cristal pour savoir ce qui se passerait, a-t-il dit.

Lundi, le shérif Eddie Guerra du comté d'Hidalgo, dans le sud du Texas, a confirmé que des lettres contenant de la ricine lui avaient été envoyées ainsi qu'à trois membres de son personnel de détention.

Une lettre, qui aurait contenu de la ricine, a également été reçue au siège de la police de Mission la semaine dernière, a affirmé l'enquêteur Art Flores, porte-parole du département. La police de Mission avait été avertie de la lettre et l'avait remise au FBI avant son ouverture, a-t-il indiqué.

L'avocat Alberto Osorio a déclaré qu'il était surpris d'entendre le nom de Pascale Ferrier mentionné dans le cadre de l'envoi postal contenant de la ricine.

Mme Ferrier a toujours été très, très gentille, très agréable, très respectueuse envers moi et tout le monde autour de nous, a-t-il dit.

Des policiers parlent entre eux.

Une opération policière majeure a été menée dans la rue Vauquelin, dans l'arrondissement de Saint-Hubert, à Longueuil, le 21 septembre 2020.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Accusations formelles

Lors de sa première comparution devant la Cour fédérale du Western District de New York, mardi après-midi, Pascale Ferrier portait une combinaison de prison beige, elle avait les mains liées à une chaîne autour de sa taille et portait un masque bleu qui couvrait une grande partie de son visage

L'agent spécial Jonathan Preston de la police fédérale américaine (FBI) a signé une déclaration sous serment dans laquelle il dit croire que la Québécoise de 53 ans a sciemment et délibérément menacé de tuer le président des États-Unis et de lui infliger des blessures.

Le FBI croit notamment que Pascale Ferrier a envoyé une lettre par la poste destinée à Donald Trump et contenant de la ricine.

La lettre aurait été interceptée le 18 septembre avant d'atteindre la Maison-Blanche.

Le FBI a indiqué que six lettres supplémentaires avaient été envoyées au Texas contenant des substances similaires à ce qui se trouvait dans l'enveloppe destinée à Donald Trump.

Pascale Ferrier a été arrêtée dimanche lorsqu'elle tentait d'entrer aux États-Unis au poste frontalier de Peace Bridge à Buffalo. Le FBI allègue qu'elle a déclaré aux douaniers être recherchée en rapport avec les lettres contenant de la ricine.

Selon les autorités, elle était en possession d'une arme à feu chargée dans sa ceinture, ainsi que d'un couteau.

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