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Iran : fracture sans précédent entre les États-Unis et l’Europe à l’ONU

L’Iran croit que le vainqueur de l'élection américaine n'aura pas d'« autres choix que de céder ».

Le président Emmanuel Macron lors de son discours à la 75e Assemblée générale de l'ONU, à New York, le 22 septembre 2020.

Le président Emmanuel Macron lors de son discours à la 75e Assemblée générale de l'ONU.

Photo : Reuters

Radio-Canada

La 75e Assemblée générale de l’ONU survient à un moment où de vives tensions ont lieu entre les États-Unis et leurs alliés européens au sujet de l’accord nucléaire iranien, remettant en cause l’esprit du multilatéralisme censé guider les membres des Nations unies.

La volonté de Donald Trump de détruire l'accord nucléaire iranien de 2015 a fini par dresser les principaux alliés européens contre les projets de résolution américains au Conseil de sécurité.

L'annonce américaine d'un retour des sanctions de l'ONU contre l'Iran a été jugée inopérante et sans valeur légale dimanche par les Européens, soutenus par Pékin, Moscou et Téhéran.

En 2003, lors de l'invasion de l'Irak, la France s'y était opposée, mais le Royaume-Uni avait suivi. Cependant, cette fois, Londres s’est opposé au retour des sanctions de l’ONU contre l’Iran.

C'est la première fois que les Britanniques s'opposent aussi frontalement aux États-Unis sur un sujet jugé essentiel par la diplomatie américaine, relève Pascal Boniface, directeur de l'Institut de relations internationales et stratégiques.

Dans une prise de position inédite envers Washington, le président français Emmanuel Macron a annoncé clairement le refus par les Européens du retour des sanctions.

Nous ne transigerons pas, a-t-il martelé lors d'un discours en visioconférence devant l'Assemblée générale des Nations unies.

Tout en dénonçant les violations de l'accord de 2015 commises par l'Iran, M. Macron a estimé que la manœuvre unilatérale et contestée de Washington menaçait l'unité du Conseil de sécurité et lui ferait prendre le risque d'aggraver encore les tensions dans la région.

De leur côté, les États-Unis affirment n'avoir pas peur d'être seuls, et leur chef de la diplomatie Mike Pompeo a enchaîné des déclarations peu diplomatiques envers les Européens, les accusant de ne pas lever le petit doigt contre l'Iran et d'avoir choisi de s'aligner sur les ayatollahs.

D’autres lignes de fracture ont également opposé Washington et l’Europe depuis l’élection de Donald Trump : le climat, la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d'Israël, et l'OTAN.

Washington a même menacé d'utiliser son droit de veto ou de proposer des contre-projets de résolution pour imposer sa vision aux alliés européens.

L'absence d'unité stratégique entre les Occidentaux au Conseil de sécurité offre un boulevard diplomatique à la Russie et à la Chine pour faire avancer leurs intérêts à New York, relevait l'an dernier l'expert du centre de réflexion Crisis group, Richard Gowan.

De nombreux pays européens espèrent qu'une victoire du candidat démocrate Joe Biden fera revenir les Américains dans les enceintes multinationales dont ils se sont écartés et renouera les liens entre Occidentaux.

L’Iran réclame la levée des sanctions

Le président iranien Hassan Rohani a affirmé mardi à l'ONU que le vainqueur de l'élection présidentielle aux États-Unis n'aurait pas d'autre choix que de céder aux demandes de l'Iran, qui réclame la levée des sanctions américaines.

Nous ne sommes pas une monnaie d'échange liée aux élections américaines et à la politique intérieure des États-Unis, a-t-il déclaré dans son discours diffusé lors de l'Assemblée générale de l’ONU.

Les États-Unis ne peuvent nous imposer ni des négociations ni la guerre, a insisté Hassan Rohani.

La vie est dure sous le poids des sanctions. Mais la vie sans indépendance serait encore plus dure.

Le président iranien Hassan Rohani

Selon lui, la position du Conseil de sécurité de l'ONU, qui a rejeté à la quasi-unanimité la demande américaine de rétablissement des sanctions internationales, était une victoire.

Dans son discours, le président Trump a fait une brève allusion à l'Iran, se félicitant d'avoir retiré son pays de l'accord sur le nucléaire et d'avoir imposé des sanctions écrasantes au principal pays soutenant le terrorisme au monde.

Avec les informations de Agence France-Presse

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