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Éclosion au CHSLD de Maria : des enfants de résidents témoignent

« C'est ça le plus difficile […] d'être déstabilisée », raconte Sonia Laviolette. Sa mère, atteinte de la COVID-19, réside au CHSLD de Maria.

Un fils serre sa mère âgée dans ses bras.

«Quand j’ai eu l’appel vendredi passé pour me dire qu’il y avait une deuxième vague à la résidence, ça a fait drôle», raconte Gaétan Plourde, proche aidant pour sa mère Jeanna Cyr, résidente du CHSLD de Maria heureusement épargnée par le virus. La photographie de l'étreinte mère-fils a été prise avant la pandémie.

Photo : Gracieuseté Gaétan Plourde

Radio-Canada

La mère de Sonia Laviolette fait partie des sept résidents ayant reçu un diagnostic positif de COVID-19 au Centre d'hébergement de soins de longue durée (CHSLD) de Maria. Cette dernière a accepté de témoigner de l’expérience vécue par sa mère de 85 ans souffrant également de démence.

Sonia Laviolette a reçu un appel du Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de la Gaspésie samedi. Au bout du fil, un employé lui annonce ce que tant de familles ayant un proche en CHSLD redoutent : sa mère a reçu un diagnostic positif à la COVID-19.

C'est désolant que ma mère ait attrapé ça, mais qui suis-je pour jeter le blâme sur qui que ce soit?, questionne Sonia Laviolette.

J'ai fait ma petite crisette samedi, on a tenté de se réconforter entre sœurs. On est inquiets, mais on sait qu'elle est bien traitée, ajoute Mme Laviolette qui a elle-même dû subir un test de dépistage qui s'est avéré négatif. Deux jours avant d'apprendre que sa mère avait contracté la COVID-19, Mme Laviolette l'avait aidée à prendre un bain.

Sonia Laviolette souriant avec sa mère Régina Dubé.

Sonia Laviolette et sa mère, Régina Dubé, avant la pandémie de COVID-19

Photo : Gracieuseté de Sonia Laviolette

Sa mère, Régina Dubé, 85 ans, a été transférée dans une chambre en zone rouge. Un déménagement difficile, car Mme Dubé souffre de démence.

C'est ça le plus difficile pour ma mère, d'être déstabilisée, explique Sonia Laviolette. La COVID-19 lui cause pour l'instant seulement des maux de gorge, ce n'est pas ça qui la dérange le plus. Juste de voir que son téléphone ou que sa chaise a changé de place, c'est ça qui la déstabilise vraiment.

Depuis samedi, Mme Laviolette reçoit un appel du CISSS tous les jours. Un employé s'assure de transmettre les dernières informations à jour sur l'état de Mme Dubé.

On peut lui parler au téléphone tous les jours si on le désire, précise Mme Laviolette qui est très satisfaite du travail des employés du CISSS.

Mme Laviolette et certaines de ses sœurs désignées comme proches aidantes conservent la permission d'aller visiter leur mère. La décision de se rendre en zone rouge est difficile à prendre, car les risques de s'exposer à la maladie et de contaminer d'autres personnes sont réels.

On est encore en train de réfléchir à tout ça, précise Mme Laviolette.

On savait que ça allait débouler dans le coin

Gaétan Plourde, de Carleton-sur-Mer, est aussi en réflexion quant à savoir s’il ira visiter sa mère de 94 ans qui réside également au CHSLD de Maria.

Elle n’a pas contracté la COVID-19, mais a 94 ans et souffre de troubles cognitifs et de pertes de facultés après un accident vasculaire cérébral.

On y songe, mais on est un peu craintifs, explique M. Plourde. Pas craintifs pour nous, mais pour les risques pour les gens autour de nous.

Gaétan Plourde, le visage collé sur celui de sa mère.

Gaétan Plourde avec sa mère Jeanna Cyr avant la pandémie de COVID-19

Photo : Gracieuseté de Gaétan Plourde

Il ajoute qu’il a appris la nouvelle concernant l’éclosion au CHSLD vendredi dernier. Cette deuxième vague l'a moins surpris que la première du printemps dernier.

Quand j’ai eu l’appel vendredi passé pour me dire qu’il y avait une deuxième vague à la résidence, ça a fait drôle […] car on s’y attendait, raconte M. Plourde. On savait que ça allait débouler dans le coin.

On se sent un peu impuissants là-dedans, de ne pas pouvoir aller voir notre mère.

Gaétan Plourde

Malgré tout, Sonia Laviolette et Gaétan Plourde saluent le travail fait par les employés du CHSLD.

Ils font des tests tous les matins et vérifient sa température, explique Gaétan Plourde. Ils sont très gentils et très vaillants, mais il y a toujours un petit plus qui peut venir de la famille et des amis.

Avec les informations d'Isabelle Larose

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