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Mobilité du personnel : « le 100 % hermétique, ça n'existe pas »

Une femme de dos en tenue de travail devant l'entrée du CHSLD.

Le syndicat des Teamsters s'inquiète du mouvement de personnel, en raison du manque de main-d'oeuvre.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Le gouvernement du Québec veut « éliminer » la mobilité du personnel dans les milieux de vie d’ici la fin du mois. Mais le défi demeurera important tout au long de la deuxième vague de COVID-19, en particulier pour les CHSLD privés, les résidences pour aînés (RPA) et les ressources intermédiaires (RI).

Le ministre de la Santé, Christian Dubé, aime bien mentionner ces jours-ci que son sujet préféré est le dépistage de la COVID-19.

Mais lors de la présentation, le 18 août, d’un plan d’action pour contrer une potentielle deuxième vague d’infections, il avait affirmé que le plus important, c’est qu’on va interdire la mobilité de la main-d'œuvre dans les milieux de vie.

Son objectif était de le faire d’ici au 30 septembre.

Il faut dire que des employés contaminés avaient propagé le virus dans plusieurs milieux de vie lors des premiers mois de la pandémie. Plus de 80 % des 5800 décès ont été enregistrés dans les CHSLD, RPA et RI.

Or, à une semaine de l’échéance, Radio-Canada a appris que le défi demeure entier.

Pour Stéphane Lacroix, directeur des communications et relations publiques de la section québécoise du syndicat des Teamsters, qui représente 1500 employés dans les milieux de vie, la demande du gouvernement est totalement irréaliste.

On a des gens qui viennent des agences qui viennent prêter main-forte parce qu'il y a un manque de personnel, explique M. Lacroix. Il y a beaucoup d'inquiétude en ce qui a trait au mouvement de personnel.

Stéphane Lacroix dans un bureau, en entrevue.

Stéphane Lacroix, directeur des communications et des relations publiques, Teamsters Canada (Québec)

Photo : Radio-Canada

Au Groupe Santé Arbec, le président et chef de la direction, Paul Arbec, reconnaît lui aussi les défis d’éliminer la mobilité. C'est certain qu'on peut faire des efforts, mais le 100 % hermétique, ça n’existe pas, constate M. Arbec.

On a des employés qui travaillent dans plusieurs établissements pour arrondir leurs fins de mois [...] souvent, ils vont même travailler en hôtellerie ou en restauration parce que les salaires sont souvent plus élevés que dans les centres d'hébergement privés.

Paul Arbec, président et chef de la direction du Groupe Santé Arbec
Paul Arbec en entrevue à l'extérieur.

Paul Arbec, président et chef de la direction du Groupe Santé Arbec

Photo : Radio-Canada

Ce dernier précise que 15 % à 30 % de l’effectif infirmier dans ses établissements proviennent des agences de placement. Des effectifs sur les étages ne connaissent pas nos résidents, les protocoles et procédures de l'organisation. C'est un défi majeur.

Le Groupe Santé Arbec regroupe près d’une quinzaine d’établissements, que ce soient des résidences pour aînés, des RI ou des CHSLD privés non conventionnés.

Paul Arbec tient à préciser que la prime de 4 $ l’heure du gouvernement pour les préposés a contribué à retenir les employés. Ça nous aide beaucoup, autant dans les ressources intermédiaires que dans les CHSLD privés non conventionnés.

Selon lui, la solution passe par le financement des CHSLD privés et des RI.

Au Regroupement québécois des résidences pour aînés (RQRA), la porte-parole Marie-Claude Dion rappelle par écrit que la pénurie de main-d’œuvre force certaines RPA, pour ne pas dire plusieurs, à recourir aux employés des agences. Le risque, il est là.

Selon elle, c’est peut-être cela qu’il faudrait vérifier, le recours aux agences; et cela, le gouvernement ne peut l’interdire, sinon, il y aura des bris de services auprès des résidents. Ce sera un enjeu majeur au cours des prochaines semaines.

Les CHSLD publics

Du côté des établissements publics, on cherche à encadrer le recours aux agences.

Au CIUSSS de l’Est-de-l'Île-de-Montréal, par exemple, on précise par courriel que nous exigeons à toutes les agences de nous assurer que la main-d’œuvre qui est dirigée vers nos installations ne soit pas dirigée vers d’autres installations du réseau (public ou privé). Dans plusieurs cas, nous avons même proposé d’offrir des affectations temporaires à temps complet au personnel d’agence afin d’éviter la mobilité.

Au CIUSSS du Nord-de-l’Île-de-Montréal, on nous précise ne plus avoir recours à la main-d'œuvre indépendante provenant des agences de placement pour pourvoir des postes de préposés aux bénéficiaires en CHSLD. Dans les Laurentides, certains quarts de travail sont comblés par du personnel d’agences.

Au ministère, une porte-parole rappelle que le plan d’action 2e vague est clair sur la volonté d’éliminer la mobilité de main-d’œuvre. La directive donnée aux RPA, RI et autres milieux d’hébergement est qu’il ne doit pas y avoir de mobilité de personnel.

Elle ajoute toutefois que certaines situations exceptionnelles (ex. : risque de rupture de service) peuvent faire en sorte que des employés soient appelés à travailler dans plus d’un milieu.

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